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Sommaire
Récit
7 570 mètres, et pas une semelle humaine là-haut. Au nord du Bhoutan, sur la frontière tibétaine, le Gangkhar Puensum n’a jamais été gravi. Après quatre échecs en 1985 et 1986, le royaume himalayen a fermé ses montagnes aux alpinistes. D’abord au-dessus de 6 000 mètres en 1994 puis entièrement en 2003. C’est par respect pour les divinités que les villageois y logent.
Le Gangkhar Puensum, 7 570 mètres, reste en octobre 2026 la plus haute montagne encore vierge du monde : le Bhoutan y interdit l’alpinisme depuis 2003, quand le mont Blanc attire 15 000 à 20 000 ascensionnistes par an.
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En bref
- Le sommet, 7 570 mètres, se dresse à la frontière du Bhoutan et du Tibet, et aucune cordée n’a jamais atteint son point le plus haut.
- Le Bhoutan a ouvert ses montagnes aux expéditions en 1983, fermé les sommets de plus de 6 000 mètres en 1994, puis interdit tout alpinisme en 2003.
- Quatre expéditions ont échoué en 1985 et 1986 ; la première n’est même pas parvenue à localiser la bonne montagne, faute de cartes justes.
- En 1999, une équipe japonaise a gravi depuis le Tibet un sommet voisin, le Liankang Kangri, sans jamais toucher au Gangkhar Puensum.
Quatre cordées reparties bredouilles
Le royaume n’a pas toujours été fermé. En 1983, le Bhoutan ouvre ses sommets aux expéditions étrangères, et un ministre présente alors le pays, dans la presse bhoutanaise, comme une terre de trekkeurs et d’alpinistes nés.
Quatre expéditions se succèdent en 1985 et 1986 et aucune n’atteint le sommet. La première équipe ne parvient même pas à identifier la bonne montagne. Les cartes de la région sont fausses et la position exacte du Gangkhar Puensum a longtemps été discutée. Les suivantes butent sur les avalanches, la neige instable et des vents que rien n’annonce, détaille Outlook Traveller.
En 1998, une équipe japonaise tente le contournement : la montagne étant à cheval sur la frontière, elle demande un permis côté chinois. Pékin le délivre, puis l’annule sur fond de tensions politiques avec le Bhoutan. L’année suivante, la même équipe gravit le Liankang Kangri, 7 534 mètres, un sommet secondaire relié au Gangkhar Puensum par une arête. Quelques dizaines de mètres plus bas, et de l’autre côté d’une ligne que personne ne franchit.
Ce que « montagne sacrée » veut dire ici
L’interdiction tombe en deux temps. En 1994, le Bhoutan ferme tous les sommets de plus de 6 000 mètres. En 2003, il interdit l’alpinisme tout court. Le motif, selon le média bhoutanais Daily Bhutan : le respect de la forte valeur spirituelle que les communautés locales attachent aux montagnes.
| Année | Décision ou tentative |
|---|---|
| 1983 | Ouverture des sommets aux expéditions étrangères |
| 1985-1986 | Quatre expéditions, aucune au sommet |
| 1994 | Fermeture des sommets de plus de 6 000 mètres |
| 1999 | Liankang Kangri (7 534 mètres) gravi depuis le Tibet |
| 2003 | Interdiction de tout alpinisme |
Le mot « sacré » n’a rien d’une formule administrative. Dans ces vallées, les hauts sommets logent des divinités et des esprits protecteurs qui veillent sur les troupeaux, les récoltes et le temps qu’il fait. La revue bhoutanaise The Druk Journal rapporte un témoignage recueilli en 1984 auprès d’un habitant, à propos du Chomolhari. La montagne y est la résidence de Chomo, la divinité qui garde les troupeaux, et le village lui consacre une cérémonie chaque année. Personne, dans ce paysage-là, ne regarde un sommet comme un terrain de jeu.
Le test du mont Blanc
Pour mesurer ce que le Bhoutan refuse, il suffit de regarder ce que la France autorise. La préfecture de Haute-Savoie l’écrit noir sur blanc : le toit des Alpes attire 15 000 à 20 000 ascensionnistes par an. Le Gangkhar Puensum, lui, en est toujours à zéro.
Imaginez le sommet du mont Blanc fermé par décision publique, sans date de réouverture, parce que les communes de la vallée y logent une divinité et refusent qu’on la dérange. Le Bhoutan a fait précisément cela, sur une montagne beaucoup plus haute.
Le royaume a l’habitude des décisions tranchées et des délais longs. AAP racontait le 15 septembre 2026 que la rage humaine y est tombée à zéro après des campagnes de vaccination des chiens menées vallée par vallée. Sur ses sommets, la règle tient depuis 2003. Reste le trek : plusieurs semaines de marche depuis Gasa, par la région reculée de Lunana, jusqu’au camp de base, vers 4 970 mètres.
Questions courantes
Que veut dire « Gangkhar Puensum » ?
Le nom se traduit du dzongkha par « sommet blanc des trois frères spirituels ».
L’interdiction peut-elle être levée un jour ?
Rien ne l’indique. La revue bhoutanaise The Druk Journal reprend un article d’Inside Himalayas de 2015 : l’interdiction n’y montre aucun signe d’être levée, et la montagne devrait rester invaincue pour de nombreuses années.
Le Bhoutan interdit-il ses autres montagnes ?
Oui. Depuis 2003, l’interdiction couvre tout l’alpinisme dans le pays, et pas seulement les sommets de plus de 6 000 mètres visés en 1994. Le Chomolhari avait déjà été fermé temporairement aux grimpeurs en 1984, après consultation des communautés locales.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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