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Dans un jardin de Rayleigh, dans l’Essex, deux cents bananiers dressent leurs feuilles larges comme des rames. Emma et Steve Stav les soignent depuis quinze ans, et cette année, pour la première fois, de vrais régimes de bananes s’y forment. L’image prête à sourire, mais elle dit tout bas la même chose qu’un thermomètre: en France, Météo-France a compté environ douze jours de canicule par an sur 2013-2022, contre trois dans les années 1980.
Le couple, dont l’histoire a été racontée par la BBC, ne doit pas ces fruits au hasard. Il faut de la chaleur, beaucoup d’eau et des hivers assez doux pour que la plante ne gèle pas. Un jardin anglais qui y parvient, c’est un petit signe de climat qui glisse vers le nord.

Cultiver le bananier sous nos latitudes reste un pari exigeant. La Royal Horticultural Society le range parmi les plantes possibles mais capricieuses en pleine terre: sans une saison chaude et longue, le bananier végète et ne fructifie jamais. D’où l’exploit modeste de ces régimes qui, enfin, arrivent à maturité.
En France, le bananier n’a rien d’inconnu. Le Musa basjoo, ou bananier du Japon, orne déjà des jardins de l’Ouest et du Sud, où il tient bon l’hiver. Il donne rarement des fruits comestibles, mais sa présence, comme celle des palmiers qui gagnent du terrain, accompagne des étés qui s’allongent et se réchauffent.

Reste une question que ce jardin de l’Essex pose sans la formuler: si la banane finit par mûrir à Rayleigh, quel fruit inattendu récolterons-nous, demain, chez nous?
À retenir
- Emma et Steve Stav cultivent 200 bananiers à Rayleigh, dans l’Essex, et voient, après quinze ans, de vrais régimes se former.
- La Royal Horticultural Society classe le bananier parmi les plantes cultivables au Royaume-Uni, mais très exigeantes en chaleur.
- En France, Météo-France a relevé environ 12 jours de canicule par an sur 2013-2022, contre 3 dans les années 1980.
- Le bananier d’ornement Musa basjoo pousse déjà dans des jardins français, sans donner de fruits comestibles.
Pourquoi ça compte
Une anecdote de jardin ne fait pas une preuve climatique à elle seule, mais elle rejoint une tendance mesurée: nos jardins tempérés se réchauffent, année après année. Ce qui poussait hier sous serre s’installe dehors, et le paysage ordinaire, celui de nos massifs et de nos potagers, change plus vite qu’on ne le remarque.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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