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Sous le chantier d’un terminal ferroviaire brésilien, à huit mètres de profondeur, un sauropode de 20 mètres attendait depuis 120 millions d’années. Les archéologues chargés de surveiller les terrassements de Davinópolis, dans l’État du Maranhão, ont mis au jour une espèce que personne n’avait décrite, baptisée depuis Dasosaurus tocantinensis.
Sur place, l’équipe n’était pas là pour les dinosaures : la licence environnementale du chantier impose de surveiller les terrassements, et des archéologues cherchent d’abord des traces humaines. Les premiers os remontés ont donc été pris pour ceux d’un mammifère de la mégafaune, de ces bêtes qui ont côtoyé les premiers Américains. « Vu sa profondeur d’environ huit mètres, j’ai compris que c’était bien plus ancien », raconte Elver Luiz Mayer, de l’Université fédérale de la vallée du São Francisco, premier auteur de la description parue dans le Journal of Systematic Palaeontology.
L’agence de presse scientifique de la fondation de recherche de São Paulo l’avait annoncée au printemps ; les reprises internationales, elles, datent de cette semaine.
Un fémur d’1,50 mètre et un squelette « relativement complet »
« Parce qu’il comprend des vertèbres caudales, un fémur d’1,5 mètre, des côtes, des os de pied et des os de bras et de jambe, ce spécimen est considéré comme relativement complet », détaille Max Langer, de l’université de São Paulo, qui signe l’étude avec Tito Aureliano et Aline Ghilardi, de l’université fédérale du Rio Grande do Norte. Pour Elver Luiz Mayer, cité par l’agence de la FAPESP, c’est le plus grand dinosaure connu du Maranhão : l’État en livrait d’autres espèces, mais aucun sauropode de ce calibre.
L’animal appartient aux titanosauriformes. Au microscope, son tissu osseux mélange des traits de sauropodes anciens et d’autres associés aux titanosaures, ce qui fait remonter plus loin dans le temps l’apparition de certains schémas de croissance et de remodelage de l’os. De quoi comprendre un peu mieux par quels chemins ces animaux ont atteint des tailles pareilles.
La chaîne philippine ANC a consacré un sujet aux ossements sortis de la tranchée et à l’équipe qui les décrit.
Sur le registre des fossiles que personne n’allait chercher, AAP racontait le 7 juillet 2026 le premier os d’Antarctique, oublié dans un tiroir de musée depuis 1985, puis suivait en août un sauropode du Colorado. Le géant de Davinópolis, lui, a tenu sous huit mètres de sédiment jusqu’à ce qu’une pelle ouvre la tranchée.
Son plus proche parent connu vivait en Espagne
C’est la deuxième trouvaille du papier : dans l’arbre généalogique, l’espèce la plus proche de Dasosaurus tocantinensis vivait sur ce qui est aujourd’hui l’Espagne. Il y a 120 millions d’années, à la charnière du Crétacé inférieur et du Crétacé supérieur, l’Atlantique n’avait pas encore coupé la route des grands herbivores entre les deux masses continentales, et ce cousinage documente cette connexion ancienne. Le nom d’espèce, lui, salue le fleuve qui coule à côté du chantier : le site occupe la rive est du Tocantins.
À Angeac-Charente, c’est une carrière qui a tout déclenché
« Le Brésil est un pays tropical à la végétation dense. Géologues et paléontologues dépendent beaucoup de l’activité humaine pour creuser, exposer les roches et révéler les fossiles », résume Max Langer. La phrase vaut de ce côté-ci de l’Atlantique. Le gisement d’Angeac-Charente, entre Cognac et Angoulême, l’un des plus grands d’Europe, est sorti d’une ancienne carrière de granulats : les fouilles y ont commencé en 2010, dans un marécage tropical fossilisé vieux de 140 millions d’années.

Depuis, plus de 100 000 fossiles y ont été récoltés, dont 10 000 inventoriés et identifiés, pour plus de 40 taxons de vertébrés, sous la direction scientifique du paléontologue Ronan Allain (Muséum national d’Histoire naturelle). L’os qui a lancé la réputation du site, en 2010, était un fémur de Turiasaurus de 2,4 mètres.
Mis côte à côte, les deux fémurs donnent l’échelle. Le fémur de 1,50 m de Dasosaurus tocantinensis, sorti de 8 mètres de terre sous un chantier brésilien, est 1,6 fois plus court que celui de 2,4 mètres exhumé en 2010 dans la carrière d’Angeac-Charente.
La carrière charentaise n’a pas dit son dernier mot : sous le Camarasaurus dégagé à l’été 2025, l’équipe voit déjà affleurer un squelette de Turiasaurus.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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