Deux locomotives à vapeur se percutent dans une vallée, dans un nuage de vapeur, devant une foule lointaine

Au Texas en 1896, une compagnie fait se percuter deux trains devant plus de 40 000 spectateurs

Une ville bâtie pour un jour, un cavalier au chapeau blanc, deux locomotives lancées face à face : le récit du spectacle ferroviaire qui a viré au drame au Texas.

Sommaire
  1. Pourquoi une compagnie ferroviaire a-t-elle détruit ses propres trains ?
  2. Comment le spectacle a-t-il tourné au drame ?
  3. Pourquoi tant de monde pour voir deux trains se détruire ?
  4. Qu’est-il arrivé à William George Crush après le drame ?

Récit

À cinq heures de l’après-midi, le 15 septembre 1896, au nord de Waco, au Texas, William George Crush lève son chapeau blanc du haut d’un cheval blanc, puis l’abaisse d’un coup sec. Deux locomotives s’élancent l’une vers l’autre devant la foule.

Le 15 septembre 1896, près de Waco, la compagnie Missouri, Kansas and Texas a fait se percuter deux locomotives devant plus de 40 000 spectateurs, et l’explosion des chaudières a tué trois personnes.

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Pourquoi une compagnie ferroviaire a-t-elle détruit ses propres trains ?

La compagnie voulait vendre des billets de train, et l’idée vient de William George Crush, agent chargé des voyageurs de la Missouri, Kansas and Texas, surnommée la Katy. En 1895, raconte le Handbook of Texas, il propose à la direction de mettre en scène un accident, et elle accepte.

Tout l’été 1896, bulletins et circulaires vantent le « Monster Crash » dans tout le Texas. Les deux machines, la n° 999 peinte en vert vif et la n° 1001 en rouge éclatant, sont exposées de ville en ville.

Début septembre, 500 ouvriers posent 6,4 kilomètres de voie près de la ligne Waco-Dallas de la Katy. Autour sortent de terre une tribune d’honneur et un kiosque à musique. Un restaurant s’installe sous une tente empruntée au cirque Ringling Brothers. Une gare surgit, avec un quai de 640 mètres et un panneau qui annonce aux voyageurs leur arrivée à Crush, Texas.

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Crush annonce à un journaliste environ 20 000 visiteurs. Trente-trois trains spéciaux bondés arrivent dès l’aube ; à 15 heures, plus de 40 000 personnes sont sur place, le double de sa prévision. L’aller-retour coûte deux dollars depuis tout le Texas. Faute de place, des passagers voyagent sur le toit des wagons.

Comment le spectacle a-t-il tourné au drame ?

Les locomotives partent des deux bouts de la voie. Waco History estime leur vitesse au choc à environ 80 km/h chacune, la bibliothèque de l’université Baylor à 72 km/h. Presque au même instant, les deux chaudières explosent, malgré les assurances données avant l’épreuve par les ingénieurs de la compagnie, rappelle Ripley’s.

Des éclats de métal volent dans la foule : le Handbook of Texas compte trois morts, deux jeunes hommes et une femme, et au moins six blessés graves ; Waco History ne retient que deux morts. Ernest Darnall, assis dans un mesquite, est tué net par un débris. Le photographe de Waco Jarvis Deane perd un œil.

Vidéo : KVUE, « The Crash at Crush » (YouTube)

Pourquoi tant de monde pour voir deux trains se détruire ?

La mode venait de l’Ohio, où A.L. Streeter avait organisé plus tôt la même année le premier crash de trains en public, selon Ripley’s. Six autres suivirent, dont celui du Texas.

Le Handbook of Texas avance aussi, avec prudence, que la foule est venue en partie parce que l’événement tombait en pleine crise économique. Pour beaucoup, les compagnies ferroviaires incarnaient alors le grand capital, la « pieuvre » que visaient les politiciens populistes.

Qu’est-il arrivé à William George Crush après le drame ?

William George Crush est licencié le soir du 15 septembre, puis réembauché le lendemain. Il travaille pour la Katy jusqu’à sa retraite : 57 ans de service, selon Waco History.

Sa ville ne passe pas la nuit : les trains de dépannage de la Katy enlèvent les grosses pièces, les chasseurs de souvenirs emportent le reste. La compagnie règle vite les demandes d’indemnisation, en argent et en abonnements de train à vie.

Scott Joplin, compositeur né au Texas, signe la Great Crush Collision March, enregistrée au copyright trente jours après le choc et dédiée à la compagnie. On ignore s’il était dans la foule. Sa partition évoque des trains lancés à soixante miles par heure, soit 97 km/h, plus vite que les estimations des historiens. Trois ans plus tard, son Maple Leaf Rag lui vaudra le titre de roi du ragtime, rappelle la Bibliothèque du Congrès.

Une plaque, à 24 kilomètres au nord de Waco, dans le comté de McLennan, marque aujourd’hui l’endroit où Crush, Texas, a existé une seule journée.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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