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Beaucoup de gens se trompent sur l’impact vert de leur assiette, et pas au bon endroit

Une étude récente montre que beaucoup de consommateurs jugent mal l'impact environnemental des aliments. Le bon repère n'est pas toujours celui qu'ils imaginent.

Au supermarché, beaucoup de gens essaient déjà de mieux faire. Ils regardent l’origine, se méfient du trop transformé, se disent qu’un aliment végétal part avec un avantage et qu’un produit brut sera forcément plus vertueux. Le problème, c’est que l’intuition déraille souvent. C’est ce que raconte une étude remise en avant par ScienceDaily à partir d’un travail mené à l’université de Nottingham. — à lire aussi : Le vrai gain des bus gratuits n'est pas toujours le ticket : c'est la marge d'err….

Les chercheurs ont demandé à 168 participants de trier des produits de courses selon leur impact environnemental. Le papier scientifique, publié dans le Journal of Cleaner Production, montre que les erreurs reviennent toujours aux mêmes endroits : on raisonne avec de grandes catégories rassurantes au lieu de comparer des impacts réels.

L’erreur ne vient pas d’un manque d’effort, mais de raccourcis trop simples

Le premier raccourci consiste à opposer animal contre végétal, puis transformé contre brut. Dans bien des cas, cette boussole aide un peu. Mais elle brouille aussi des comparaisons essentielles. L’étude dit par exemple que beaucoup de participants surestiment l’empreinte environnementale des aliments transformés tout en sous-estimant celle du bœuf. — à lire aussi : Quelques minutes d’effort très soutenu par jour : le vrai détail n’est pas la per….

Autre surprise : certains produits perçus comme sains ou vaguement verts ne sont pas toujours si légers à l’échelle environnementale. L’équipe de Nottingham cite notamment les aliments gourmands en eau, comme certaines noix. Les bases visuelles proposées par Our World in Data et par son exploration sur les émissions alimentaires montrent d’ailleurs à quel point les écarts entre catégories peuvent rester contre-intuitifs pour un panier ordinaire.

Un rayon de supermarché met côte à côte des produits très différents à comparer.
Dans le rayon, les choix ne se comparent pas toujours avec les bons repères en tête.

La vraie découverte utile n’est donc pas que tout le monde mange mal pour la planète. C’est que beaucoup de gens comparent de travers. Ils pensent parfois qu’un produit très transformé sera automatiquement pire qu’un produit animal plus simple, alors que la hiérarchie réelle ne suit pas toujours cette logique mentale.

L’étiquette pourrait surtout servir à corriger nos mauvaises intuitions

Les auteurs avancent qu’un affichage environnemental simple, du type A à E, aiderait à rendre ces comparaisons plus justes. Une grande revue de littérature sur l’éco-étiquetage alimentaire montre elle aussi que l’idée est prometteuse, même si son efficacité dépend du format et de la clarté du signal.

La reprise par CORDIS résume bien ce déplacement : le sujet n’est pas de transformer chaque achat en examen moral, mais d’aider les consommateurs à ne plus se fier seulement à ce qui a l’air naturel, brut ou vaguement sain. Pour un article Aurore, c’est le cœur du service rendu : on ne corrige pas d’abord la conscience, on corrige le critère.

Un emballage alimentaire avec un repère environnemental flou est tenu au-dessus d'une table de courses.
Au moment de choisir, un signal simple peut corriger des intuitions qui partent pourtant d’une bonne volonté réelle.

Au moment des courses, cela peut changer plus qu’on ne croit. Au lieu de se demander seulement si un produit est végétal, local ou peu transformé, il faudrait aussi regarder s’il existe enfin un repère lisible sur son impact global. Tant qu’il n’y en a pas, beaucoup continueront à faire des efforts sincères avec une carte mentale partiellement fausse.

Article créé en collaboration avec l’IA.

Aurore santini
Aurore Santini

Rédactrice économie, conso, emploi, innovation sociale & marchés.
Je rends intelligibles les dynamiques économiques qui touchent le quotidien : prix, tendances, politiques publiques, entreprises.

« Mettre les chiffres en perspective humaine. »

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