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Sommaire
- En bref
- Héritage : combien prend l’État selon le lien de parenté ?
- Pourquoi un neveu paie-t-il près de six fois plus qu’un enfant ?
- Quand ne paie-t-on rien du tout ?
- Héritage quand on est marié : que reçoit le conjoint survivant ?
- Assurance-vie : combien prend l’État ?
- Héritage ou donation : faut-il donner de son vivant ?
- Comment fait l’Allemagne voisine ?
- Questions courantes
Décryptage
18 194 euros de droits de succession : c’est ce que paie en France en 2026 un enfant qui hérite de 200 000 euros d’un parent. Sur la même somme, le conjoint marié ou pacsé ne paie rien, un neveu verse 105 618 euros au fisc et un concubin 119 044 euros.
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En bref
- Sur 200 000 euros hérités, l’État prélève 9,1 % de la part d’un enfant, 52,8 % de celle d’un neveu et 59,5 % de celle d’un concubin.
- Le conjoint marié et le partenaire de pacs sont totalement exonérés de droits de succession.
- Frères et sœurs paient 35 % puis 45 %, neveux et cousins germains 55 %, concubins et amis 60 %.
- Une donation faite plus de quinze ans avant le décès laisse l’abattement intact pour la succession.
Héritage : combien prend l’État selon le lien de parenté ?
L’État prend de 0 à 60 % de la part de chaque héritier, selon son lien avec le défunt. Le fisc ne taxe pas la succession en bloc : il taxe la part de chacun, après un abattement. Le barème de Service-public.fr fixe cet abattement à 100 000 euros pour un enfant ou un parent, et à 1 594 euros quand aucun autre ne s’applique.
Les taux sont inscrits à l’article 777 du Code général des impôts, les abattements aux articles 779 et 788 du même code. Appliqués à trois montants hérités, ils creusent des écarts considérables.
| Lien avec le défunt | Abattement | 50 000 € hérités | 200 000 € hérités | 500 000 € hérités | Part prélevée sur 200 000 € |
|---|---|---|---|---|---|
| Conjoint marié ou partenaire de pacs | exonéré | 0 € | 0 € | 0 € | 0 % |
| Enfant (ou père, mère) | 100 000 € | 0 € | 18 194 € | 78 194 € | 9,1 % |
| Enfant handicapé | 259 325 € | 0 € | 0 € | 46 329 € | 0 % |
| Frère ou sœur | 15 932 € | 12 888 € | 80 388 € | 215 388 € | 40,2 % |
| Frère ou sœur remplissant les trois conditions | exonéré | 0 € | 0 € | 0 € | 0 % |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | 23 118 € | 105 618 € | 270 618 € | 52,8 % |
| Oncle, tante, cousin germain | 1 594 € | 26 623 € | 109 123 € | 274 123 € | 54,6 % |
| Concubin, ami, parent éloigné | 1 594 € | 29 044 € | 119 044 € | 299 044 € | 59,5 % |
La part prélevée grimpe dès qu’on quitte la ligne directe. Un frère ou une sœur laisse 40,2 % de la même somme au fisc, un neveu 52,8 %. Le concubin est taxé comme un tiers : 60 % sur presque tout ce qu’il reçoit.
- Enfant 9,1 %
- Frère ou sœur 40,2 %
- Neveu ou nièce 52,8 %
- Concubin 59,5 %
Pourquoi un neveu paie-t-il près de six fois plus qu’un enfant ?
Parce que deux leviers jouent contre lui, à commencer par l’abattement. Sur la même somme, le neveu est taxé sur 192 033 euros, l’enfant sur la moitié de la somme.
Le second levier est le barème : en ligne directe, il progresse par tranches : 5 % jusqu’à 8 072 euros taxables, 10 % jusqu’à 12 109 euros, 15 % jusqu’à 15 932 euros, puis 20 % jusqu’à 552 324 euros. Les taux de 30 %, 40 % et 45 % ne jouent qu’au-delà, la dernière tranche démarrant à 1 805 677 euros. Un enfant n’atteint la tranche à 30 % qu’au-delà de 652 324 euros hérités d’un même parent. Le neveu, lui, paie 55 % dès le premier euro taxable.
Le calcul se fait parent par parent : un enfant qui perd son père puis sa mère a droit à un abattement sur chaque succession. Et un neveu qui hérite à la place de son père ou de sa mère déjà décédé, frère ou sœur du défunt, paie le tarif des frères et sœurs, d’après la doctrine fiscale publiée au Bofip.
Quand ne paie-t-on rien du tout ?
Trois situations effacent l’impôt. La plus courante : la part reçue ne dépasse pas l’abattement, ce qui permet à un enfant d’hériter jusqu’à 100 000 euros de chaque parent sans rien payer. Pour un enfant handicapé, un abattement de 159 325 euros s’ajoute et porte le seuil à 259 325 euros.
Le conjoint marié et le partenaire de pacs sont exonérés, quel que soit le montant. Reste le frère ou la sœur qui remplit trois conditions à la fois. Il doit être célibataire, veuf, divorcé ou séparé, avoir plus de 50 ans ou être infirme, et avoir vécu avec le défunt pendant les cinq ans précédant le décès.
Héritage quand on est marié : que reçoit le conjoint survivant ?
Le conjoint marié reçoit une part fixée par la loi, sans payer de droits. Sans testament et avec uniquement des enfants communs, il choisit entre l’usufruit de toute la succession et le quart en pleine propriété. Si le défunt avait des enfants d’une autre union, il n’a que le quart en pleine propriété, selon les règles de partage avec enfants. Les enfants paient leurs droits sur leur seule part.
Le partenaire de pacs est exonéré lui aussi, mais il n’est pas héritier. Sans testament, il ne reçoit rien de la succession et peut seulement rester gratuitement un an dans la résidence principale, d’après la fiche consacrée au pacs. Avec un testament, il peut recevoir la part que la loi ne réserve pas aux enfants : la moitié avec un enfant, le tiers avec deux, le quart avec trois ou plus.
Le concubin cumule les deux handicaps : aucun droit sans testament, le tarif des tiers avec.
Assurance-vie : combien prend l’État ?
Rien jusqu’à 152 500 euros par bénéficiaire, pour les sommes versées sur le contrat avant les 70 ans de l’assuré. Au-delà, l’article 990 I du Code général des impôts prélève 20 % sur les 700 000 premiers euros taxables, puis 31,25 %. Le conjoint et le partenaire de pacs en sont exonérés.
Les primes versées après 70 ans suivent une autre règle, rappelée par la doctrine fiscale sur l’assurance-vie : au-delà de 30 500 euros, elles retombent dans les droits de succession. Pour un neveu, l’écart est net : désigné bénéficiaire de 150 000 euros versés avant 70 ans, il ne paie rien. La même somme reçue par succession lui coûterait 78 118 euros.
Héritage ou donation : faut-il donner de son vivant ?
Donner tôt peut effacer l’impôt, à condition de respecter un délai de quinze ans. Une donation bénéficie des mêmes abattements qu’une succession, et ils se rechargent tous les quinze ans, selon la fiche sur les droits de donation. Un don familial de somme d’argent, jusqu’à 31 865 euros, s’y ajoute quand le donateur a moins de 80 ans et que le bénéficiaire est majeur.
Prenons un couple avec un enfant unique et 400 000 euros de patrimoine, la moitié à chacun. Si rien n’est donné, l’enfant paie 18 194 euros à chaque décès, plus de 36 000 euros au total. Si chaque parent lui donne la moitié de sa part plus de quinze ans avant de mourir, l’abattement s’est rechargé et le reste passe sans impôt.
Le délai fait tout : une donation faite moins de quinze ans avant le décès consomme l’abattement de la succession.
Comment fait l’Allemagne voisine ?
Outre-Rhin, chaque enfant hérite de 400 000 euros sans impôt de chacun de ses parents, et le conjoint de 500 000 euros, d’après le paragraphe 16 de la loi allemande sur les successions. Au-delà, un enfant paie 7 % jusqu’à 75 000 euros taxables et 11 % jusqu’à 300 000 euros, selon le barème du paragraphe 19.
Sur 500 000 euros hérités d’un parent, un enfant allemand paie 11 000 euros, contre 78 194 en France. Pour un neveu, l’Allemagne accorde 20 000 euros d’abattement et applique 20 % à toute la part taxable quand elle se situe entre 75 000 et 300 000 euros. Sur 200 000 euros hérités, un neveu allemand garde 164 000 euros. En France, il en garde 94 382.
Questions courantes
Combien prend l’État sur un héritage de 100 000 euros ?
Rien pour un enfant, qui reste dans son abattement, ni pour le conjoint. Un frère ou une sœur paie 35 388 euros, un neveu 50 618 euros et un concubin 59 044 euros.
Les dettes du défunt réduisent-elles les droits de succession ?
Oui. Les dettes sont retirées de l’actif avant le calcul : emprunts, impôts dus, frais de santé, frais d’hébergement en maison de retraite. Les frais d’obsèques sont déductibles dans la limite de 1 500 euros.
Héritage d’une maison : est-elle taxée sur toute sa valeur ?
Pas toujours. La résidence principale du défunt peut voir sa valeur réduite de 20 % si elle est occupée, au jour du décès, par le conjoint, le partenaire de pacs ou un enfant mineur ou protégé.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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