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Sommaire
Décryptage
Plus de mille mathématiciens promettent de ne jamais travailler pour une entreprise d’IA ni publier un texte rédigé par un modèle. C’est l’engagement de l’Association for Human Mathematics (AHM), née en septembre face aux entreprises d’IA et en conflit ouvert avec OpenAI depuis octobre. Le 21 octobre 2026, l’Association for Human Mathematics comptait 1 008 membres, dont 654 (65 %, selon notre calcul) engagés à n’utiliser aucune IA dans le cœur de leur travail.
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Son texte fondateur paraît le 12 septembre, au lendemain d’une déclaration de vingt-cinq médaillés Fields contre la place prise par l’IA dans leur discipline. Le 7 octobre, l’AHM est allée plus loin en appelant les mathématiciens à cesser de travailler avec OpenAI.
Le fait
Annoncée le 12 septembre 2026 par un collectif de mathématiciens de tous niveaux de carrière, l’AHM est gratuite et ouverte à tous.
Notre lecture
La cible, ce sont les entreprises d’IA, OpenAI en tête. Tout membre s’interdit de travailler pour elles et de signer un texte écrit par un modèle. Renoncer à l’IA jusque dans la recherche reste un choix individuel.
La nuance
Une adhésion est une signature publique, pas une règle de revue ni d’université. En face, OpenAI mise sur l’argent et finance un programme de la fondation Simons.
À surveiller
Les propositions des groupes de travail de l’AHM sur l’enseignement, le recrutement et la politique des revues. Et le nombre de chercheurs qui rejoindront le programme de la fondation Simons.
Que promettent les membres de l’AHM ?
Deux engagements publics, selon le texte fondateur publié le 12 septembre sur le blog Proofs and Prompts : « ne pas travailler pour des entreprises d’IA » et « ne pas publier de textes générés par des modèles d’IA ». Un troisième est facultatif : « s’abstenir de l’IA dans les activités mathématiques essentielles ». Ceux qui le prennent forment le « caucus sans IA ».
L’annonce précise qu’il n’y a « ni cotisation ni frais » et que la participation aux groupes de travail est volontaire. L’association dit vouloir protéger les mathématiques et ceux qui les pratiquent des « mâchoires des entreprises d’IA ». Leur action serait, selon elle, destructrice pour la discipline, l’environnement et la société.
« Le sentiment grandit depuis un moment que la relation actuelle entre les maths et les entreprises d’IA est à la fois nuisible et à courte vue », explique Naomi Sweeting à Scientific American. Cette professeure adjointe au MIT figure parmi les premiers noms de la liste.
Tous les membres de l’AHM renoncent-ils à l’IA ?
Non. D’après la liste officielle des membres, les 354 autres (35 %) peuvent encore utiliser l’IA dans leur recherche, à condition de ne pas publier ce qu’elle rédige et de ne pas travailler pour ses fabricants.
Les adhésions arrivent vite : plus de mille en trente-neuf jours, sur une liste publique qu’elle met à jour environ une fois par semaine.
Pourquoi les mathématiciens s’opposent-ils à OpenAI ?
Parce qu’OpenAI multiplie les annonces de résultats obtenus par ses modèles, hors des circuits habituels de la recherche. En septembre, l’entreprise a affirmé qu’un modèle non publié avait obtenu un résultat majeur sur les équations de Navier-Stokes, qui décrivent le mouvement des fluides, rapporte Euronews.
Le 11 septembre, vingt-cinq médaillés Fields ont rendu publique une déclaration commune intitulée « A Severe Misalignment of AI in Mathematics » (un grave désalignement de l’IA en mathématiques). Le site Next en résume les griefs : des questions d’attribution et de plagiat, et des annonces faites « sans laisser le temps de rédiger un article en bonne et due forme ». Pour les signataires, « la résolution de problèmes n’est qu’un outil » au service de la compréhension.
Le 6 octobre, OpenAI a publié d’un coup plus de 700 manuscrits présentés comme des solutions. L’AHM a répliqué le lendemain dans un texte relayé sur le blog de Terence Tao : « Publier plus de 700 fichiers d’un coup n’est pas une démonstration d’érudition, mais une démonstration de pouvoir. » Elle y dénonce un « mépris total des normes de la recherche scientifique ».
Que répond OpenAI ?
Par un chèque de 5 millions de dollars. Le 15 octobre, OpenAI a annoncé sur X ce don à la fondation Simons, qui finance la recherche en mathématiques. L’argent doit aider les mathématiciens à examiner, comprendre et prolonger les résultats produits par l’IA, au moyen d’ateliers, de conférences et de programmes spéciaux. Les chercheurs soutenus par la fondation auront aussi accès aux modèles et à la puissance de calcul d’OpenAI.
L’initiative atteint 15 millions de dollars en additionnant les apports de la fondation Simons, d’Anthropic et d’OpenAI. L’entreprise dit vouloir aider à transformer les progrès de l’IA « en compréhension humaine plus profonde et en nouvelles découvertes ». Ces mêmes chercheurs, l’AHM leur demande depuis le 7 octobre de ne plus travailler avec elle.
Vrai ou faux ?
Tout membre de l’AHM s’interdit d’utiliser l’IA.
Faux. Seuls les 654 membres du caucus sans IA y renoncent dans leur recherche ; les autres s’engagent à ne pas publier de texte généré et à ne pas travailler pour une entreprise d’IA.
Adhérer à l’AHM ne coûte pas un centime.
Vrai. L’annonce du 12 septembre précise qu’il n’y a ni cotisation ni frais.
OpenAI a promis 15 millions de dollars aux mathématiciens.
Faux. OpenAI donne 5 millions de dollars à la fondation Simons ; les 15 millions additionnent les apports de la fondation, d’Anthropic et d’OpenAI.
Et chez nous ?
Les mathématiciens français refusent-ils aussi l’IA ?
Cinq des vingt-cinq médaillés Fields signataires du 11 septembre sont français : Artur Avila, Hugo Duminil-Copin, Pierre-Louis Lions, Cédric Villani et Wendelin Werner, d’après Next. Le bureau de la Société mathématique de France (SMF) dénonce de son côté le « pillage bibliographique » et le « coût énergétique et écologique » de l’IA. Il juge qu’il reste « fort à faire, collectivement, pour contrer la menace ».
Hugo Duminil-Copin, médaillé Fields en 2022, répond à la question « L’IA va-t-elle tuer les maths ? » dans un entretien à la chaîne de vulgarisation ScienceEtonnante.
Le refus collectif a aussi un précédent français, lancé en décembre 2025 : le manifeste « Face à l’IA générative, l’objection de conscience » réunissait 3 200 signataires de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’Éducation nationale en juin 2026, selon Reporterre. Le mathématicien Matthieu Romagny, de l’Institut montpelliérain Alexander Grothendieck, en fait partie.
Ses signataires renoncent à l’IA générative, sauf obligation expresse, « dans nos cours, dans nos communications, dans nos recherches, dans nos activités administratives ». Les deux engagements obligatoires de l’AHM ne visent que le travail pour les fabricants d’IA et la publication de textes générés.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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