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Dans une IRM de Mannheim, des pratiquants aguerris du breathwork ont respiré vite et fort jusqu’à basculer dans un état qu’ils disent « océanique ». Une étude allemande publiée en août 2026 a mesuré une baisse de 45,5 % du débit sanguin de la matière grise chez 30 pratiquants de breathwork intensif. Leurs récits rappellent une dose modérée à forte de LSD ou de psilocybine, avec des effets visuels moins marqués, selon l’équipe de l’Institut central de santé mentale (ZI) de Mannheim. Parue dans la revue Progress in Neuro-Psychopharmacology & Biological Psychiatry, l’étude a été présentée au congrès européen de neuropsychopharmacologie (ECNP), à Munich du 10 au 13 octobre 2026.
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Une IRM de perfusion, qui suit le sang arrivant dans le cerveau, a comparé le repos au moment des effets les plus forts. Le débit tombe alors de 29,8 à 16,2 millilitres de sang par 100 grammes de tissu et par minute.
Pourquoi le cerveau reçoit-il moins de sang quand on respire plus ?
Respirer vite chasse le gaz carbonique du sang. Or les petites artères du cerveau se règlent sur ce gaz : quand il manque, elles se resserrent. Une revue de Frontiers in Neurology (2021) chiffre ce réflexe. Chaque millimètre de mercure de CO2 perdu dans le sang artériel retire environ 3 % de débit cérébral (le millimètre de mercure est aussi l’unité de la tension artérielle).
Une chute de 45,5 % suppose donc environ 15 millimètres de mercure de CO2 en moins. La normale se situe entre 35 et 44, et la même revue associe la zone de 20 à 25 à une baisse de débit de 40 à 50 %. Le taux de CO2 des volontaires n’est pas publié : ce calcul donne un ordre de grandeur. Chez les traumatisés crâniens graves, la Brain Trauma Foundation déconseille de descendre sous 25, rappelle la revue.
La chute de débit explique-t-elle la transe ?
Pas à elle seule : dans la publication, la baisse de débit n’est pas liée à l’intensité de l’état ressenti. Le communiqué de presse de l’ECNP met plutôt en avant le réseau du mode par défaut, lié à la réflexion sur soi : les participants aux états les plus intenses y montreraient de plus grands changements. La publication est plus prudente. Ce réseau ne change pas en moyenne sur le groupe, et le lien entre les états les plus intenses et une communication affaiblie en son sein, issu d’une analyse exploratoire, disparaît avec une autre méthode de calcul.
« Beaucoup de personnes qui pratiquent le breathwork intensif rapportent des changements profonds de perception et de rapport à soi, mais les mécanismes cérébraux restent mal compris », souligne Christian Schmitz, chercheur principal, dans le communiqué du 10 octobre. Hana Adolphi, co-coordinatrice de l’étude, y voit un outil de recherche : la technique est « légale, peu coûteuse et non pharmacologique ».
Est-ce dangereux, et pour qui ?
À l’hôpital, respirer vite est un test : pendant l’électroencéphalogramme, il sert à révéler des anomalies, voire une crise d’épilepsie. Les recommandations des neurophysiologistes britanniques (ANS/BSCN) le limitent à 3 à 5 minutes, à 20 à 30 respirations par minute, sous électrocardiogramme, et l’arrêtent en cas de douleur thoracique.
L’audit national britannique de 2012, sur lequel elles s’appuient, donne la mesure du risque. Sur 3 170 patients suspects d’épilepsie, 69 ont fait une crise provoquée, soit 2,2 %, dont 56 absences. Vertiges, confusion, fourmillements et contractures figurent aussi parmi les effets possibles. Aucune complication cardiaque, respiratoire ou cérébrovasculaire notable n’a été signalée.
Les mêmes recommandations écartent d’office certaines personnes : AVC ou infarctus de moins de douze mois, angine de poitrine instable ou mal contrôlée, maladie pulmonaire qui essouffle au repos, drépanocytose (même le simple trait) et maladie de moyamoya. Asthme et maladie coronarienne ou cérébrovasculaire stable se discutent avec le médecin.
Ces critères ANS/BSCN visent un test de quelques minutes sous surveillance : avant une séance de breathwork intensif, mieux vaut les montrer à son médecin.
Vrai ou faux ?
Les volontaires décrivaient surtout des visions plus fortes qu’avec le LSD.
Faux. Ils rapportaient un état surtout « océanique », avec des effets visuels moins marqués qu’avec le LSD.
Des hôpitaux font respirer vite des patients pour provoquer une crise d’épilepsie.
Vrai. C’est un test courant de l’électroencéphalogramme : il a déclenché une crise chez 2,2 % des patients suspects d’épilepsie en 2012.
Plus le cerveau perd de sang, plus la transe est intense.
Faux. Dans l’étude de Mannheim, l’ampleur de la baisse du débit n’est pas liée à l’intensité de l’état ressenti.
Que peut-on en conclure aujourd’hui ?
Peu de choses sur la santé : Hana Adolphi qualifie l’étude de « relativement petite » et ses résultats de « préliminaires ». Guy Fincham, de la Brighton and Sussex Medical School, la juge « intrigante », mais rappelle qu’elle n’a ni groupe témoin ni débutants.
En 2023, il a cosigné dans Scientific Reports une méta-analyse de 12 essais portant sur 785 adultes. Le breathwork y réduisait le stress de façon petite à moyenne, mais la plupart des études présentaient un risque de biais modéré. Les auteurs appelaient à des essais plus rigoureux pour que l’engouement ne dépasse pas les preuves.
David Nutt, de l’Imperial College London, voit dans la pratique un « pont non pharmacologique » vers la recherche sur les psychédéliques. Guy Fincham fixe l’étape suivante : un essai randomisé chez des personnes qui n’ont jamais pratiqué le breathwork.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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