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93 dômes couvrent la mosquée Shah Jahan de Thatta, dans le Sind, à une centaine de kilomètres à l’est de Karachi. Aucun autre édifice du Pakistan n’en compte autant (fiche de la mosquée). L’empereur moghol Shah Jahan, celui du Taj Mahal, l’a fait bâtir entre 1644 et 1647. Sa particularité est consignée dans le dossier déposé à l’Unesco : la prière dite devant le mihrab, la niche tournée vers La Mecque, s’entend dans tout le bâtiment.
Le seuil le plus souvent cité appelle une précision. Dans la mosquée Shah Jahan de Thatta, achevée en 1647, une voix doit dépasser 100 décibels pour traverser un dôme : 50 décibels de plus qu’une conversation habituelle, que l’INRS situe à 50 dB(A). Le même organisme place le seuil de nocivité à 80 dB(A) pour huit heures d’exposition par jour (échelle de l’INRS). La voix qui porte d’un bout à l’autre ne chuchote donc pas. Elle déclame, comme un prêcheur habitué à remplir une salle.
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| Niveau sonore | Décibels | Source |
|---|---|---|
| Conversation habituelle | 50 dB(A) | INRS |
| Seuil de nocivité, 8 heures par jour | 80 dB(A) | INRS |
| Voix qui traverse un dôme de la mosquée | plus de 100 dB | Fiche de la mosquée |
Pourquoi 93 dômes au-dessus d’une salle de prière ?
La fiche de la liste indicative, déposée par le Pakistan le 14 décembre 1993, attribue l’effet, « probablement », à la multiplication des coupoles. Leur enchaînement permettrait à la prière prononcée devant le mihrab d’être entendue partout. Le principe rejoint celui des galeries des murmures. Les ondes sonores y courent le long des parois courbes au lieu de se disperser dans le volume. Lord Rayleigh a décrit le phénomène vers 1878, sous la coupole de la cathédrale Saint-Paul de Londres.
Le cas le plus proche est indien, et presque contemporain. Le Gol Gumbaz de Bijapur, mausolée dont le chantier s’arrête en 1656, coiffe une salle d’environ 38 mètres de diamètre intérieur. Le 24 octobre 1945, des essais y ont rendu audibles une pièce qui tombe ou une allumette qu’on frotte à environ 38 mètres, à l’autre bout de la galerie. Un claquement de mains y renvoie jusqu’à 14 échos. À Thatta, l’effet passe par une forêt de petites coupoles plutôt que par une seule calotte géante.
La chaîne d’information pakistanaise SAMAA TV a filmé la salle et ses enfilades de dômes en janvier 2022.
Un cadeau d’empereur à la ville qui l’avait caché
Avant de régner, Shah Jahan s’était révolté contre son père, l’empereur Jahangir. Le Sind l’avait abrité pendant sa fuite. La mosquée est présentée comme son remerciement aux habitants, offert en 1647 à une ville que la tempête de 1637 avait dévastée. L’aile orientale est achevée en 1659, sous son fils Aurangzeb, qui fait aussi restaurer l’édifice en 1692. Un autre chantier suit en 1812, sous Murad Ali Khan Talpur.
Le décor vient d’Asie centrale. Sur la brique rouge, des carreaux bleus et blancs dessinent des rosaces au creux des coupoles, avec des motifs floraux proches de la céramique iranienne du XVIIe siècle. La fiche Unesco y voit le décor de carreaux le plus élaboré du sous-continent indo-pakistanais. Ce style timouride renvoie à la campagne d’Asie centrale que Shah Jahan menait peu avant le chantier. La cour centrale mesure 52 mètres sur 30, bordée de 33 arcades.
La mosquée se trouve à l’est de la ville, au pied de la colline où s’étend la nécropole de Makli.
Thatta, sa mosquée et sa nécropole
- Mosquée Shah Jahan 93 dômes, achevée en 1647, en attente à l’Unesco depuis 1993
- Nécropole de Makli inscrite au patrimoine mondial en 1981
- Karachi grande ville du Sind, à 96 km à l’ouest selon la fiche Unesco
Makli inscrite en 1981, la mosquée toujours sur la liste d’attente
À environ 6 kilomètres de Thatta, la nécropole de Makli figure au patrimoine mondial depuis 1981. Ses tombes, entre 500 000 et un million selon les estimations, s’étendent sur une dizaine de kilomètres carrés. Elles couvrent quatre siècles de civilisation sindhie, du XIVe au XVIIIe. La mosquée n’a rejoint la liste indicative que douze ans plus tard, le 14 décembre 1993. Cette liste recense les biens qu’un État envisage de présenter, sans rien garantir.
Ce jour-là, le Pakistan y a inscrit huit biens d’un coup, dont la mosquée Badshahi de Lahore et les tombes de Chaukhandi. Aucun des huit n’est inscrit. Le dernier site pakistanais entré au patrimoine mondial reste le fort de Rohtas, en 1997, selon la liste des sites du Pakistan : le pays n’a plus fait inscrire de bien depuis 29 ans. Pendant ce temps, la nécropole voisine affronte l’envasement, les empiètements et les dégâts des crues de 2010.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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