Un petit chèque ancien encadré au mur d'un bureau, au-dessus d'un manuel de typographie ouvert.

Le chèque de Donald Knuth valait 2,56 dollars, et presque personne ne l’a encaissé

Donald Knuth paie 2,56 dollars à qui trouve une erreur dans ses livres. Seuls 9 de ses 275 chèques envoyés entre 2006 et 2008 ont été encaissés. Chez Google, un chercheur récompensé a touché en moyenne 22 900 dollars en 2025.

Sommaire
  1. En bref
  2. Une coquille lue par tous, vue par un seul
  3. Pourquoi 2,56 dollars, et pourquoi personne ne les encaisse ?
  4. Une banque imaginaire depuis 2008
  5. Ce que vaut une erreur trouvée, du chèque au million
  6. Questions courantes

Récit

Le mot fautif ouvrait le livre.

Thomas Hühn l’a repéré vers 2006 dans Computer Modern Typefaces, le volume E de la série Computers & Typesetting de Donald Knuth : c’est le mot qui ouvre la page 1. L’informaticien de Stanford a confirmé l’erreur et lui a envoyé son chèque. Hühn raconte l’épisode dans un billet du 12 avril 2026. Le tarif n’a pas changé : « au moins 0x$1.00 », soit 2,56 dollars, pour la première personne qui signale une erreur avérée absente des errata publiés.

Presque personne n’encaisse. Seuls 9 des 275 chèques envoyés par Donald Knuth entre début 2006 et 2008 ont été encaissés, soit 3,3 %. Le compte vient de Knuth lui-même, sur sa page d’actualités de 2008.

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En bref

  • Une erreur trouvée chez Knuth rapporte 2,28 euros ; chez Google, un chercheur récompensé a touché en moyenne 20 400 euros en 2025.
  • La somme est fixée en dollars hexadécimaux, une blague de programmeur.
  • Depuis 2008, une banque imaginaire remplace les vrais chèques.
  • Chez Google ou Apple, une faille se paie en dizaines de milliers, voire en millions de dollars.

Une coquille lue par tous, vue par un seul

Hühn n’a pas écrit tout de suite. « J’ai attendu et revérifié pendant des mois, pour ne pas me ridiculiser », raconte-t-il. Il en a parlé au « génie local » de son université, qui a balayé l’affaire. Le doute se comprend : les livres de Knuth ont été « passés au peigne fin par des milliers et des milliers de personnes », écrit-il.

Le volume E est moins lu que le TeXbook ou The Art of Computer Programming. Il décrit les caractères Computer Modern. Ici, tout lecteur du livre a lu le mot fautif, et aucun ne l’avait signalé.

Un second envoi a valu à Hühn 0x$0.20, soit 0,32 dollar. C’est le huitième d’une erreur, le barème que Knuth applique aux suggestions utiles. Son total atteint 0x$1.20 : 2,88 dollars.

Pourquoi 2,56 dollars, et pourquoi personne ne les encaisse ?

Le montant vient de l’hexadécimal. Le préfixe 0x signale la base 16. Écrit en cents, 0x$1.00 donne 0x100 cents, et 0x100 vaut 16 × 16 = 256 en base 10. Un « dollar hexadécimal » pèse donc 256 cents, ce que la Bank of San Serriffe résume en « 0x$1 = USD2.56 ».

Le second pourquoi tient au prestige : le chèque porte la signature de Knuth et la preuve qu’on a pris en défaut un auteur connu pour sa rigueur. « Très peu de ces chèques ont été encaissés, même les plus gros », note l’article de Wikipédia consacré à la tradition. La plupart sont encadrés et gardés en souvenir. En octobre 2001, Knuth avait déjà signé plus de 2 000 chèques, d’une valeur moyenne supérieure à 8 dollars. Concrètement, le cadre coûte souvent plus cher que le chèque.

Une banque imaginaire depuis 2008

En 2008, Knuth a cessé de signer des chèques. Un escroc qui voit les numéros imprimés au bas d’un chèque « peut s’en servir pour retirer tout l’argent de votre compte », explique-t-il. Il crédite désormais des comptes à la Bank of San Serriffe, « une institution offshore » avec des agences « à Blefuscu et en Elbonie, sur la planète Pincus ».

Le relevé public de la banque, arrêté au 21 juin 2026, aligne des centaines de noms. Le plus gros compte, celui d’Udo Wermuth, affiche 0x$c16.e8, environ 7 923 dollars. Le plus petit tient en 0x$0.10 : 16 cents. Ces soldes ne comptent que les erreurs signalées depuis 2006. Les chèques de 1968 à 2005 sont jugés « trop nombreux pour être mentionnés ».

Ce que vaut une erreur trouvée, du chèque au million

Google a versé 17,1 millions de dollars en 2025 à 747 chercheurs, avec un record individuel de 250 000 dollars (bilan publié le 31 mars 2026). Chaque chercheur récompensé a touché en moyenne 22 900 dollars, environ 20 400 euros. Apple promet jusqu’à 2 millions de dollars pour une chaîne d’attaque digne d’un logiciel espion, et plus de 5 millions avec les bonus (annonce d’Apple du 10 octobre 2025). Les montants en euros suivent le cours de la BCE du 9 octobre 2026, à 1,1206 dollar pour un euro.

Du symbole au million : ce que rapporte une erreur signalée
RécompenseEn dollarsEn euros
Suggestion utile chez Knuth (0x$0.20)0,320,29
Erreur chez Knuth (0x$1.00)2,562,28
Chèque moyen de Knuth (octobre 2001)87,14
Plus gros compte à San Serriffe (juin 2026)7 9237 070
Moyenne par chercheur chez Google (2025)22 90020 400
Record individuel chez Google (2025)250 000223 100
Plafond de base chez Apple2 000 0001 784 800
Plafond avec bonus chez Apple5 000 0004 461 900

Google et Apple paient un risque évité : une faille ouvre des comptes ou des téléphones à un attaquant. Une coquille dans un livre de typographie n’ouvre rien. Ce que les lecteurs de Knuth viennent chercher, Hühn l’a écrit dès sa première ligne : « l’une des meilleures lettres » de sa vie. Et quand Knuth tarde à répondre, il ajoute 5 % d’intérêts, composés en continu.

Questions courantes

Comment signaler une erreur à Donald Knuth ?
Chaque livre a sa page sur le site de Knuth à Stanford, avec la marche à suivre et la liste des errata déjà connus. Seule une erreur absente de ces listes ouvre droit à la récompense.

Les fautes de frappe comptent-elles ?
Oui. La récompense vaut pour toute erreur avérée, coquilles typographiques comprises, comme celle de Thomas Hühn dans le volume E.

Peut-on encore recevoir un vrai chèque ?
Non. Depuis 2008, les découvreurs reçoivent des certificats de dépôt d’une banque fictive, et leur nom rejoint le relevé public des comptes.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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