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Vous avez déjà ravalé un avis dans le groupe de la famille ou celui du bureau ? Deux chercheurs de l’université métropolitaine d’Osaka ont mesuré ce glissement sur 360 Américains, plongés dans des chats de groupe dont les trois « collègues » étaient des agents IA. Selon l’ambiance du groupe, les participants n’ont pas tenu le même discours politique (Cleone Mitsui et Yuta Kawamura, étude publiée en juin 2026).
Sur une échelle allant de -2 (très libéral) à +2 (très conservateur), les participants des chats conservateurs ont affiché en moyenne +0,21. Ceux des chats libéraux sont descendus à -0,56. L’écart atteint 0,77 point, soit près d’un cinquième de l’échelle. Les résultats détaillés ont été relayés par PsyPost le 6 octobre 2026.
En France, 11,8 % des 16-74 ans exprimaient en 2025 des opinions civiques ou politiques en ligne, contre 75,4 % qui utilisaient une messagerie instantanée. Cela fait environ six utilisateurs de messagerie pour une personne qui prend position en ligne (enquête Eurostat).
Trois collègues, cinq sujets qui fâchent
Chaque participant devait s’imaginer tout juste embauché dans une nouvelle entreprise. Trois collègues l’invitent dans une messagerie informelle. L’un d’eux lance un sujet, donne son avis et demande le sien au nouveau venu. Cinq thèmes défilent : le port d’arme, l’immigration, l’avortement, la vaccination obligatoire des enfants et l’éducation au genre à l’école primaire. Chaque conversation dure cinq tours de messages libres.
Les collègues étaient des agents IA, programmés pour défendre avec constance des positions libérales, au sens américain du terme, ou conservatrices. Les participants le savaient dès le départ. Trois collègues, zéro machine à café. Un modèle de langage, GPT-5.2, a ensuite relu chaque échange pour noter la position exprimée par le participant.
Pour les chercheurs, ces figurants ont un avantage : ils répètent la même ligne d’un participant à l’autre, sans fatigue ni humeur. Ils imitent un collègue sans qu’aucune opinion n’existe derrière. C’est la distinction entre comportement et mécanisme que soulève aussi le cas de l’abeille et de ChatGPT.
4 % pour l’ambiance, 22 % pour les convictions
La seconde expérience a ajouté une précaution. Avant d’entrer dans le chat, chaque participant situait sa propre idéologie sur une échelle en cinq points. Une fois ce point de départ pris en compte, l’écart persiste : +0,12 dans les groupes conservateurs, -0,38 dans les groupes libéraux. Les convictions de départ expliquent 22 % des différences entre participants. L’ambiance du chat en explique 4 %.
« Ce que les gens disent dans un chat de groupe peut refléter l’environnement conversationnel immédiat, en plus de leur orientation politique existante », écrivent les auteurs. Cleone Mitsui, doctorante, explique avoir voulu observer les petits groupes, « où les gens peuvent avoir des relations suivies et où rester silencieux peut se remarquer ».
En 2016, Taylor Carlson et Jaime Settle décrivaient déjà des « caméléons politiques ». Ces interlocuteurs ajustent les opinions qu’ils expriment à la personne en face (revue Political Behavior). L’expérience d’Osaka transpose le réflexe dans un fil de messages.
Les auteurs posent eux-mêmes deux limites. L’étude mesure ce que les gens disent, sans savoir s’ils changent réellement d’avis. Parler à des IA déclarées réduit aussi l’enjeu social : aucun de ces collègues ne vous recroisera à la pause.
Et chez nous ?
Moins de prises de position en ligne en France que chez les voisins
Aux Pays-Bas, 28,2 % des 16-74 ans expriment des opinions civiques ou politiques en ligne. L’Italie suit à 21,1 % et l’Allemagne à 16,8 %. La moyenne de l’Union européenne s’établit à 16,4 %. La France reste sous tous ces niveaux, alors que les trois quarts de sa population pratiquent la messagerie instantanée.

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Pour vos propres groupes, l’expérience donne un ordre de grandeur. Les convictions pèsent bien plus lourd que l’ambiance : l’essentiel de ce que vous écrivez vous appartient. Un groupe homogène suffit pourtant à décaler le curseur, même face à des interlocuteurs que l’on sait artificiels. Le rapport entre messagerie et prise de position publique varie aussi d’un pays à l’autre. Il va de 3,5 utilisateurs de messagerie pour une personne qui s’exprime aux Pays-Bas à 6,4 en France.
| Pays | Messagerie instantanée (%) | Opinions civiques ou politiques en ligne (%) | Utilisateurs de messagerie pour 1 personne qui prend position |
|---|---|---|---|
| France | 75,38 | 11,79 | 6,4 |
| Espagne | 94,75 | 15,13 | 6,3 |
| Union européenne (27) | 82,31 | 16,42 | 5,0 |
| Allemagne | 82,79 | 16,76 | 4,9 |
| Italie | 84,31 | 21,07 | 4,0 |
| Pays-Bas | 97,68 | 28,20 | 3,5 |
Reste un terrain que les deux chercheurs n’ont pas testé : le réseau social public, où l’on écrit devant des inconnus.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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