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Publié le 7 octobre 2026 · Mis à jour le 8 octobre 2026 à 14h08
Environ 250 tonnes de foie gras français ont pris la route de la Suisse en 2024. Le 15 septembre 2026, le Parlement suisse a bouclé un dispositif qui vise ce flux : une étiquette « gavage » déjà obligatoire, puis des restrictions d’importation si les volumes ne baissent pas en cinq ans.
La Suisse a absorbé 8 % des exportations françaises de foie gras en 2024, soit environ 250 tonnes sur 3 130. Elle compte parmi les trois principaux clients de la filière, derrière l’Espagne (37 %) et devant la Belgique (7 %), d’après la fiche filière de FranceAgriMer (janvier 2026, données des douanes).
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Le texte répond à l’initiative populaire « Oui à l’interdiction d’importer du foie gras », déposée en 2023. Les deux chambres ont refusé l’interdiction pure et simple : 105 voix contre 58 au Conseil national, 28 contre 11 au Conseil des États (dossier 24.089 du Parlement). Elles lui opposent un contre-projet indirect, dont les dernières divergences ont été levées le 15 septembre.
Comment fonctionne la clause des cinq ans ?
Tout part d’une étiquette : depuis le 1er juillet 2025, le foie et la viande de canards et d’oies issus du gavage doivent être déclarés comme tels en Suisse, avec deux ans de transition (ordonnances du Conseil fédéral). Produire du foie gras y est interdit depuis plus de quarante ans, mais l’importer reste permis.
L’administration suivra désormais les importations commerciales de foie gras, de magret et de confit d’oies ou de canards gavés. Elle remettra un rapport au Conseil fédéral tous les cinq ans. Sans baisse constatée, le gouvernement pourra soumettre l’importation à conditions, la limiter ou imposer un étiquetage supplémentaire (objet 25.404). Les achats des particuliers restent hors du champ de la loi.
Les défenseurs des animaux trouvent le compromis timide : la Protection Suisse des Animaux salue « un pas dans la bonne direction », tout en jugant qu’une interdiction serait plus cohérente. Le comité d’initiative qualifiait déjà en mars le texte du National de « largement insuffisant pour inciter à un retrait conditionnel ». Le volet fourrure du même paquet va plus loin : l’importation et le commerce des fourrures obtenues par des méthodes cruelles seront interdits.
Le débat a aussi eu son moment de géographie culinaire. « Il n’est pas possible de produire des crevettes, de la viande halal ou casher en Suisse, mais on peut les importer quand même », a répondu la socialiste genevoise Estelle Revaz aux partisans de l’interdiction.
Et chez nous ?
Une terrine française sur cinquante
La France produit environ 60 % du foie gras mondial, soit 12 200 tonnes de foie cru en 2024, à 99 % issu du canard. La Suisse importe environ 1 % de la production mondiale, a rappelé Estelle Revaz au nom de la commission du National. L’élu bernois Ernst Wandfluh (UDC) en a tiré la phrase la plus sèche du débat : « Les oies françaises n’iront pas mieux. »
Rapportées à la production française, les parts publiées par FranceAgriMer donnent la mesure du débouché suisse. Il pèse environ 2 % du foie gras produit en France, soit une terrine sur cinquante.
| Destination | Part des exportations | Tonnes (environ) | Part de la production française |
|---|---|---|---|
| Espagne | 37 % | 1 158 | 9,5 % |
| Suisse | 8 % | 250 | 2,1 % |
| Belgique | 7 % | 219 | 1,8 % |
| Total des exportations | 100 % | 3 130 | 25,7 % |
La filière exporte donc un quart de sa production et compte d’abord sur son marché intérieur. La consommation française est estimée à 11 900 tonnes en 2024, environ 175 g par habitant. Le risque suisse tient au signal plus qu’au tonnage. Le Sud-Ouest concentrait 80 % des capacités d’élevage en 2022. Ses entreprises voient un voisin en partie francophone inscrire dans sa loi que le foie gras importé doit reculer. Berne a déjà montré, avec son revirement sur le nucléaire, que ses votes résonnent dans le débat français.
Ce que ça change pour vous
- Vous passez la frontière avec un foie gras dans vos bagages : la loi vise les importations commerciales, pas les achats des particuliers.
- Vous faites vos courses en Suisse : la mention du gavage sur le foie, le magret et le confit devient la règle à la fin de la transition de deux ans ouverte le 1er juillet 2025.
- Vous vendez en Suisse : les volumes importés seront mesurés sur cinq ans, et c’est leur évolution qui déclenchera ou non des restrictions.
Le premier rapport quinquennal dira, au plus tôt en 2030, si cinq hivers d’étiquettes ont suffi à faire baisser les commandes.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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