Une main gantée soulève un unique flacon de verre d’un portoir métallique, dans un laboratoire.

9 patients vaccinés contre leur tumeur du rein, aucune récidive, et aucun groupe témoin

Neuf patients opérés d’un cancer du rein ont été vaccinés contre les mutations de leur propre tumeur : aucune récidive après 40,2 mois de suivi médian. L’essai de phase 1 n’avait ni groupe témoin ni tirage au sort, et son critère principal était la tolérance.

Vous avez peut-être croisé ce résultat sans savoir quoi en faire : neuf personnes opérées d’un cancer du rein ont reçu un vaccin fabriqué à partir des mutations de leur propre tumeur. Aucune n’a rechuté après 40,2 mois de suivi médian, soit trois ans et quatre mois. L’essai de phase 1, mené par le Dana-Farber Cancer Institute et Yale, a été publié dans Nature le 5 février 2025. Il n’y avait aucun groupe témoin, ni tirage au sort.

Les neuf malades avaient tous un carcinome à cellules claires retiré par chirurgie : sept au stade III, deux au stade IV. Ce sont des formes à haut risque de récidive, pour lesquelles l’opération seule ne suffit pas toujours.

Et chez nous ?

Ce que ce vaccin viserait en France

La France a diagnostiqué 17 141 cancers du rein en 2023, dont environ 10 800 carcinomes à cellules claires, le sous-type visé par ce vaccin. Ce sous-total combine deux proportions publiées par le comité de cancérologie de l’AFU : 90 % de carcinomes rénaux, puis 70 % de formes à cellules claires parmi eux.

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L’incidence du cancer du rein a progressé de 199 % entre 1990 et 2023, et la maladie touche deux fois plus d’hommes que de femmes. L’âge moyen au diagnostic est de 65 ans (l’Institut national du cancer).

L’essai n’a recruté que des patients opérés d’une forme à haut risque, stade III ou stade IV. Les cancers du rein découverts à un stade localisé représentent plus de la moitié des cas, et leur survie à cinq ans dépasse 90 % (fiche de la Fondation ARC). Les malades diagnostiqués à un stade localisé ne seraient donc pas candidats.

Comment on fabrique un vaccin pour une seule tumeur

La tumeur est séquencée après l’opération, puis son ADN est comparé à celui des cellules saines du patient. Les mutations qui produisent des protéines introuvables ailleurs dans le corps deviennent les cibles : ce sont des néoantigènes. Le produit, baptisé NeoVax, est fabriqué à un seul exemplaire et injecté avec un adjuvant, le poly-ICLC. Le vaccin d’un patient ne servirait à aucun autre.

Les cibles retenues comprenaient des mutations motrices du cancer du rein, dans les gènes VHL, PBRM1, BAP1, KDM5C et PIK3CA. Les neuf patients ont développé une réponse immunitaire contre les antigènes du vaccin. Chez sept d’entre eux, des lymphocytes T activés par le vaccin reconnaissaient leur propre tumeur. Aucune toxicité limitant la dose n’a été observée chez les neuf patients.

Ce qu’un essai de phase 1 mesure vraiment

Un essai de phase 1 cherche d’abord à savoir si un traitement est supportable. Celui-ci avait pour critère principal l’apparition d’effets toxiques limitant la dose dans les 49 jours suivant le début du traitement, selon son enregistrement au registre américain. Prévenir les récidives n’était pas l’objectif déclaré.

Le protocole ne comportait ni tirage au sort ni groupe de comparaison. Un seul bras, ouvert, a été suivi. Personne ne peut donc dire combien de ces neuf personnes auraient rechuté sans vaccin. Cinq des neuf ont aussi reçu de l’ipilimumab. Cet anticorps est déjà utilisé en cancérologie, et quatre patients ont eu le vaccin seul. L’apport propre de l’ipilimumab reste indéterminable sur un effectif de cette taille.

Le 31 août 2026, AAP appliquait la même grille à un essai à six personnes. Trois patients atteints de polyarthrite rhumatoïde sévère y étaient entrés en rémission sans médicament, à l’hôpital de la Charité à Berlin. Dans les deux cas, l’effectif est le facteur limitant.

Les deux responsables de l’essai, David Braun à Yale et Toni Choueiri au Dana-Farber, posent eux-mêmes cette limite, rapportée par ScienceAlert.

« Avec un nombre limité de patients, nous devons rester prudents sur toute interprétation supplémentaire. »

David Braun (Yale) et Toni Choueiri (Dana-Farber), responsables de l’essai

L’essai a commencé à inscrire des patients le 3 mars 2019 au Dana-Farber, et il en prévoit 19 au total. Les neuf dont il est question ici sont ceux dont les données ont été publiées, près de six ans plus tard. Il est toujours actif, sans nouvelle inclusion, et son suivi ne doit pas s’achever avant le 30 mai 2030.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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