Des fraisiers couverts d’un tricot blanc translucide sous un tunnel maraîcher, fruits rouges visibles sous le tissu.

Les fraisiers sous armure textile ont donné 3,56 fois plus de fruits

Un tricot à deux nappes posé sur des fraisiers a multiplié la récolte par 3,56 en essais sous tunnel. Le mécanisme, et ce que ce tissu ne remplace pas.

Sous un tunnel de la Caroline du Nord, un tissu tricoté recouvre des fraisiers de l’automne au printemps. Les plants ainsi protégés ont donné trois fois et demie plus de fruits récoltables que les plants nus, selon le communiqué de NC State du 29 septembre 2026. Le tissu laisse passer la lumière, la pluie et l’air. En laboratoire, il a bloqué tous les pucerons.

Couverts d’un textile tricoté en trois dimensions, des fraisiers sous tunnel ont produit 3,56 fois plus de fruits récoltables que des plants nus (Agriculture, 25 septembre 2026) ; la France récolte environ 19 tonnes de fraises par hectare (Agreste, campagne 2025). L’équipe s’attendait à l’inverse.

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Ce que le tissu change sous le tunnel

Le textile spacer, baptisé Plant Armor, est un tricot à deux nappes séparées par des filaments. C’est cette épaisseur qui gêne les insectes : atteindre la feuille sous la nappe intérieure devient difficile. Les mesures de l’essai, publiées dans la revue Agriculture, montrent une température plus élevée sous la couverture, de façon constante, et une humidité relative identique à celle des parcelles découvertes.

La chaleur accumulée sous le tissu explique le reste. « Les plantes ont besoin d’une certaine quantité de chaleur accumulée, calculée en degrés-jours de croissance, pour franchir leurs stades de développement, dont la fructification », explique Gabriel Olawuyi, assistant de recherche à NC State et premier auteur de l’étude. Aucune réponse d’évitement de l’ombre n’a été détectée. La biomasse végétative des plants couverts ne diffère pas de celle des plants nus. Le tissu a donc ajouté des fruits sans ajouter de feuillage.

Le papier présente la couverture comme une stratégie non chimique possible contre les insectes ravageurs. L’exclusion complète des pucerons a été obtenue en bio-essais de laboratoire. Le brevet prévoit d’ailleurs l’emploi du tissu seul ou en complément d’insecticides et de fongicides. Dans le sol, les bactéries de la rhizosphère ne diffèrent pas entre parcelles couvertes et découvertes, sur des mesures que les auteurs qualifient de préliminaires.

Du gilet pare-balles au fraisier

Le point de départ est militaire. « Le chemin vers Plant Armor a commencé en essayant de fabriquer un tissu à poser sur le torse d’un soldat, pour rendre le gilet pare-balles plus confortable », raconte R. Michael Roe, professeur distingué William Neal Reynolds à la North Carolina State University. Le même laboratoire cherchait aussi des uniformes capables de résister aux piqûres de moustiques.

Déposée en janvier 2019, sur une priorité de janvier 2018, la demande a abouti le 21 février 2023. Le brevet US 11 582 968 B2 protège ces « 3D spacer textiles » au nom de la North Carolina State University. L’université a concédé une licence commerciale sur la version Gen 2 testée ici. Avant la fraise, le laboratoire avait couvert des choux : la croissance végétative y avait progressé de 2,93 fois, sans que la production de fruits soit étudiée. En Bavière, des drones thermiques passent avant la fauche et sauvent vingt fois plus de faons : l’agriculture emprunte volontiers son matériel ailleurs.

Et chez nous ?

Ce que ça vaudrait dans un champ français

La France a produit 70 200 tonnes de fraises sur 3 669 hectares lors de la campagne 2025, d’après le bilan Agreste de la fraise, sur des prévisions arrêtées au 1er septembre 2025. Soit environ 19 tonnes par hectare. Le multiplicateur mesuré en Caroline du Nord ne se transporte pas sur ce rendement : il compare des plants couverts à des plants nus, sous tunnel, sur trois saisons.

Au jardin, rien ne permet encore de conclure : les essais publiés portent sur des parcelles sous tunnel, couvertes de l’automne au printemps. La version Gen 2 testée ici est sous licence commerciale de la North Carolina State University. Les fraisiculteurs posent déjà des voiles simple épaisseur pour protéger fleurs et fruits du gel, rappellent les auteurs ; le tricot à deux nappes fait un autre travail.

Vrai ou faux ?

  1. Ce tissu dispense de tout traitement insecticide au champ.

    Faux. Les auteurs parlent d’une stratégie non chimique possible, et l’exclusion complète des pucerons a été obtenue en laboratoire. Le brevet prévoit aussi l’emploi du tissu avec des insecticides.

  2. Les plants couverts n’ont pas fait plus de feuilles que les autres.

    Vrai. La biomasse végétative ne diffère pas entre plants couverts et plants nus, et aucune réponse d’évitement de l’ombre n’a été détectée.

  3. Le même tissu avait déjà augmenté la récolte de choux.

    Faux. Sur le chou, c’est la croissance végétative qui avait progressé de 2,93 fois. La production de fruits n’avait pas été étudiée.

Les auteurs réclament maintenant des essais chez des producteurs, et sur d’autres cultures que la fraise. Huit ans après la première demande de brevet, le tissu n’a encore donné de chiffre de récolte que sur un fruit.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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