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Sommaire
Décryptage
Vous ne verrez peut-être jamais ces 2 euros sur votre ticket de caisse. Depuis le 1er septembre 2026, un t-shirt de mode ultra-éphémère mis sur le marché français supporte un malus de 2 euros versé non pas en caisse mais à l’éco-organisme de la filière textile.
L’arrêté qui fixe ce barème a été publié au Journal officiel le 28 août 2026 pour une entrée en vigueur le 1er septembre, annonce le ministère de la Transition écologique. Il met en musique la loi n° 2026-602 du 8 juillet 2026 visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile. La question qui reste ouverte n’est pas le montant : c’est le trajet de cet argent.
En bref
- Le barème 2026 va de 0,50 euro pour une paire de chaussettes à 12 euros pour une veste, avec 6 euros pour une chemise et 9 euros pour un jean.
- La pénalité ne peut jamais dépasser 50 % du prix de vente hors taxe de l’article.
- Elle est due par la marque assujettie à la filière à responsabilité élargie du producteur et versée à l’éco-organisme agréé Refashion.
- Deux critères cumulatifs déclenchent l’assujettissement : un nombre élevé de références neuves et une faible incitation à la réparation.
- La trajectoire monte jusqu’à 19,50 euros par veste en 2030 et la publicité de ces marques sera interdite au 1er janvier 2027.
La marque paie, l’éco-organisme encaisse
Le malus transite par la responsabilité élargie du producteur, pas par le budget de l’État. Toute entreprise qui met des vêtements neufs sur le marché français verse déjà une éco-contribution à un éco-organisme agréé, et la loi de juillet 2026 module cette contribution vers le haut pour les marques de mode ultra-éphémère.
Le versement va à Refashion, l’éco-organisme de la filière textile, précise E-commerce Mag. Les recettes doivent financer les bonus accordés aux enseignes plus vertueuses : le cabinet du ministre délégué chargé de la Transition écologique Mathieu Lefèvre évoque une enveloppe « largement suffisante » pour cela, rapporte le Journal spécial des sociétés, sans en chiffrer le total.
Franceinfo a résumé en deux minutes l’entrée en vigueur de ce malus et le chemin que suit l’écocontribution alourdie.
Le dispositif est donc un bonus-malus interne à la filière. Les sommes prélevées sur une plateforme repartent vers des marques qui allongent la durée de vie de leurs produits, et pas vers une caisse publique.

Deux critères cumulatifs décident qui entre dans le champ
Entrer dans le dispositif suppose de cocher deux cases en même temps. La loi vise les producteurs dont les pratiques réduisent la durée d’usage des produits, par « la mise sur le marché d’un nombre élevé de références de produits neufs » et « la faible incitation à la réparation », résume l’administration.
Le second critère se calcule. Il repose sur un coefficient de réparation qui rapporte le prix du vêtement au coût de sa réparation : un article vendu moins cher que sa retouche tire ce coefficient vers le bas.
Les plateformes visées sont nommées : Shein, Temu et AliExpress. Ces mêmes vendeurs avaient déjà vu leurs envois surtaxés au 1er juillet 2026, que nous avions détaillés colis par colis.
Les services du ministère indiquent avoir passé le calcul sur des acteurs implantés en France comme Decathlon, Kiabi, Jules, Petit Bateau, E.Leclerc et Carrefour, qui restent hors du champ, indique Orange Actu. Zara, H&M, Primark et Uniqlo ne sont pas ciblés par le barème sans bénéficier pour autant d’une exemption écrite, relève CB News.

Le barème 2026, article par article
Le texte publié le 28 août fixe un montant par type de vêtement, et le plafond de 50 % du prix hors taxe le rabote sur les articles les moins chers. Selon nos calculs, le malus plein de 2 euros sur un t-shirt ne s’applique qu’au-delà de 4 euros hors taxe (2 divisé par 0,5), soit environ 4,80 euros toutes taxes comprises au taux de 20 %.
Le tableau ci-dessous place côte à côte le barème officiel et ce seuil de bascule, en appliquant le même ratio pour chaque catégorie.
| Article | Malus 2026 | Prix hors taxe au-delà duquel le malus est plein | Équivalent TTC au taux de 20 % |
|---|---|---|---|
| Sous-vêtement ou paire de chaussettes | 0,50 euro | 1,00 euro | 1,20 euro |
| T-shirt | 2 euros | 4,00 euros | 4,80 euros |
| Chemise | 6 euros | 12,00 euros | 14,40 euros |
| Jean | 9 euros | 18,00 euros | 21,60 euros |
| Veste ou manteau | 12 euros | 24,00 euros | 28,80 euros |
La lecture tient en une ligne : sur la veste, il faut un prix d’atelier supérieur à 24 euros hors taxe pour que les 12 euros tombent en entier.
Le plafond de 50 % mord d’abord sur les articles bradés
En dessous de ces seuils, la marque ne verse pas le montant du barème mais la moitié du prix hors taxe. Un t-shirt à 3 euros hors taxe déclenche 1,50 euro de pénalité, un jean à 10 euros hors taxe en déclenche 5 au lieu de 9.
Le plafond a donc un effet contre-intuitif. Plus l’article est vendu bas, plus la pénalité atteint son maximum relatif : elle ne peut jamais dépasser la moitié du prix hors taxe, mais elle y arrive très vite.
C’est aussi ce plafond qui borne la marge de manœuvre commerciale. Sur un article donné, la charge maximale est connue à l’avance, ce qui n’est pas le cas d’un droit de douane indexé sur une valeur déclarée.
Ce que la trajectoire ajoute jusqu’en 2030
Le barème monte chaque année jusqu’en 2030. La loi encadre cette montée par des plafonds annuels par produit : 12 euros en 2026, 14 euros en 2027, 16 euros en 2028, 18 euros en 2029 et 20 euros à partir de 2030, détaille le cabinet Gossement, le plancher passant de 0,25 euro à 2 euros sur la même période.
Dans le barème effectivement appliqué, la veste passe de 12 à 19,50 euros et la paire de chaussettes de 0,50 à 2 euros. Le graphique met les deux extrémités de cette trajectoire côte à côte.

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La veste absorbe l’essentiel de la hausse en valeur, la chaussette la subit en proportion : c’est le bas du panier qui bouge le plus vite.
Sur le prix affiché, aucun texte ne tranche
Aucune des sources publiées ne dit que le malus doit apparaître sur l’étiquette. Le redevable reste la marque, et rien dans le barème n’oblige à faire figurer la pénalité en ligne distincte pour le client.
La répercussion sur le prix de vente demeure une décision commerciale, que ni le ministère ni les textes cités ne documentent à ce stade. AAP avait mesuré le même écart entre un coût amont et le prix payé en caisse sur la tablette de chocolat.
Un repère utile pour la rentrée : un t-shirt importé vendu 9,99 euros supporterait au maximum 2 euros de malus, soit un cinquième de son prix affiché, si la marque choisissait de tout répercuter.
Le rendez-vous suivant est déjà daté. Au 1er janvier 2027, la promotion directe ou indirecte de ces marques devient interdite en France.
Questions courantes
Quels vêtements l’arrêté liste-t-il exactement ?
Boxers, caleçons, slips, chaussettes, chemises, jeans, jupes, robes, maillots de bain, manteaux, vestes, pantalons, pulls, T-shirts et polos figurent dans la liste publiée par le gouvernement.
Un autre pays applique-t-il déjà ce type de malus ?
Pas selon le gouvernement français. Le ministre chargé des PME et du Commerce Serge Papin affirme que la France est le premier pays au monde à mettre en place un tel dispositif.
Que risque une marque qui continue à faire de la publicité ?
L’interdiction s’accompagne d’une amende pouvant atteindre 100 000 euros pour toute promotion directe ou indirecte de la mode ultra-éphémère.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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