Un poste de travail vide avec une table haute et une tablette posée sur un support au-dessus du niveau des yeux.

Une table surélevée fait monter la prise de risque, à l’insu de qui s’y assoit

Une table surélevée et une tablette au-dessus des yeux ont suffi à faire monter la prise de risque de volontaires qui, pour la plupart, n’avaient rien remarqué. Le protocole se distingue du power posing sur un point : personne ne demande rien.

À McGill, la table était réglée trop haut et la tablette posée juste au-dessus des yeux. Les volontaires croyaient tester une application mobile ; le mobilier leur imposait en réalité une posture ouverte. Et cette posture a changé leurs paris au jeu du ballon.

Posture ouverte imposée par le mobilier : 701 dollars virtuels de gains moyens au jeu du ballon, contre 645 en posture recroquevillée, sur 198 participants tirés au sort (British Journal of Psychology, 2 juin 2026). Le jeu porte un nom de laboratoire, le Balloon Analogue Risk Task. On y gonfle un ballon à l’écran, chaque coup de pompe ajoute de l’argent, et le ballon peut éclater à tout moment. Les participants redressés ont pompé plus longtemps avant d’encaisser, sans faire éclater un ballon de plus.

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Les auteurs, Soren Wainio-Theberge et Jorge Armony, écrivent dans le texte de l’étude que les protocoles de posture reposent presque tous sur des manipulations délibérées et actives. Ils y voient un risque d’effet de demande : le participant devine ce qu’on attend de lui.

Un protocole qui ne demande rien

Le dispositif de McGill tient à deux réglages de mobilier. D’un côté, une table haute et une tablette sur un support au-dessus du regard : le dos se redresse et les épaules s’ouvrent. De l’autre, une table descendue presque au niveau des genoux, à la hauteur d’une table basse de salon : le corps se plie vers l’écran. Aucune consigne de posture n’est donnée aux participants, dans un cas comme dans l’autre.

198 volontaires ont été tirés au sort entre ces deux conditions, et 113 autres ont travaillé sur un bureau standard. Un logiciel vidéo a mesuré l’angle de leur nuque pendant la tâche, ce que les travaux précédents sur la posture faisaient rarement, précise l’annonce de McGill. La plupart des participants ont ensuite dit n’avoir pas eu conscience que leur posture était manipulée, selon le compte rendu de l’étude.

Une personne vue de dos, penchée au-dessus d’une tablette posée à plat sur une table descendue près des genoux.
Dans la condition opposée, la table descendue près des genoux plie le corps vers l’écran.

La posture a aussi déplacé l’humeur : les participants redressés ont rapporté davantage de fierté. Cette fierté était en partie expliquée par l’angle de leur nuque. L’effet sur la prise de risque variait selon la posture réellement adoptée et selon l’humeur déclarée.

Ce que le power posing n’avait pas obtenu

Cette idée a d’abord circulé sous le nom de power posing, avec des poses tenues volontairement. Une réplication sur un large échantillon d’hommes et de femmes ne trouve aucun effet sur les hormones ni sur la tolérance au risque (Psychological Science, 2015). Les deux protocoles se séparent sur un point : la façon d’obtenir la posture. En 2015, on la demandait. À Montréal, c’est le meuble qui s’en charge.

Les auteurs insistent moins sur le nombre de pompes que sur son résultat : les joueurs redressés gagnaient davantage sans se ruiner plus souvent. Pour Jorge Armony, ils ne devenaient pas plus impulsifs ; ils prenaient des risques plus efficaces. Mis côte à côte, les deux travaux dessinent un contraste : régler un bureau a produit un écart mesurable, demander à quelqu’un de se redresser n’a rien montré sur la prise de risque. L’écart vaut ici 56 dollars virtuels, soit 8,7 % de gains en plus.

Deux protocoles, un même critère, la tolérance au risque : la posture imposée par le mobilier (2026) face à la pose demandée (2015).
ÉtudeComment la posture est obtenueMesureRésultat sur le risque
McGill, British Journal of Psychology, 2 juin 2026Imposée par le mobilier, sans consigneJeu du ballon, 198 participants tirés au sort701 dollars virtuels contre 645, soit 8,7 % de gains en plus
Réplication du power posing, Psychological Science, 2015Pose demandée et tenue volontairementHormones et tolérance au risqueAucun effet

Faut-il monter son bureau ?

Rien dans ces résultats ne le recommande. Jorge Armony prévient que l’étude ne signifie pas qu’un changement de posture transforme une vie. Il y voit une question ouverte sur les détails ordinaires de l’environnement de travail, l’ergonomie de bureau comprise.

Le réglage décrit dans l’étude ressemble à celui d’un poste de télétravail : une table dont on choisit la hauteur, un écran posé sur un support ou laissé à plat. Les auteurs citent les bureaux assis-debout et les installations ergonomiques comme des facteurs susceptibles d’agir sur le comportement. Soren Wainio-Theberge et Jorge Armony n’en tirent aucune recommandation.

Les limites sont franches. L’échantillon est étroit : de jeunes étudiantes, pour l’essentiel, d’un seul pays occidental. Les gains se comptent en dollars virtuels, et le risque mesuré est un pari de jeu, sans conséquence hors du laboratoire. Prendre un risque et être exposé à un risque sont deux choses différentes. En France, la surmortalité des piétons de 65 ans et plus se joue sur la durée d’un feu vert.

L’étude n’a pas été menée dans une salle de marché ni dans un open space. Elle s’est jouée sur des tablettes, dans un laboratoire de Montréal, autour d’un ballon virtuel. De futures études devront filmer plus que la nuque et suivre la mécanique du corps plus en détail.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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