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Entre les colonnes du Lincoln Memorial, au revers du cent américain, une silhouette assise attend qu’on la remarque. C’est Abraham Lincoln, gravé une seconde fois sur une pièce qui porte déjà son portrait de l’autre côté. Il s’y trouve parce que le graveur Frank Gasparro a reproduit le mémorial avec sa statue, sur un revers entré en production le 2 janvier 1959 et abandonné en 2008.
Le détail vaut à Lincoln une singularité de collectionneur : il devient la première personne visible sur les deux faces d’une même pièce américaine en circulation, d’après la fiche PCGS consacrée à la dernière année du revers. Sur l’avers, son profil ; au revers, sa statue, à l’intérieur du mémorial gravé.
Un revers approuvé en décembre, frappé en janvier
Frank Gasparro dessine ce revers pour remplacer les épis de blé en place depuis 1909. Le président Dwight D. Eisenhower approuve le dessin le 20 décembre 1958. La production démarre le 2 janvier 1959, et les pièces sont officiellement remises au public le 12 février, jour du cent cinquantième anniversaire de la naissance de Lincoln. Le monument reproduit au revers avait été inauguré à Washington en 1922.
Le numismate Don Taxay a jugé que le revers « ressemble, au premier coup d’œil, à un tramway ». Le dessin s’est imposé quand même. Gasparro était entré à la Monnaie américaine en 1942 ; il en est devenu le dixième graveur en chef en 1965, avant de partir à la retraite en 1981. On lui doit aussi le revers du demi-dollar Kennedy et les dessins du dollar Eisenhower et du dollar Susan B. Anthony. Il est mort en 2001, sept ans avant le retrait de son cent.
La statue que le burin a réduite
Dans le mémorial de Washington, la statue assise d’Abraham Lincoln mesure dix-neuf pieds, soit 5,79 mètres. Elle est née de vingt-huit blocs de marbre blanc de Géorgie, taillés à partir de 1918 par les frères Piccirilli d’après le modèle du sculpteur Daniel Chester French (Service des parcs nationaux). Le bâtiment qui l’abrite a demandé huit ans de chantier, de 1914 à 1922.
French a étudié des photographies, des témoignages de contemporains et les moulages de mains réalisés par Leonard Volk en 1860. Il a enchaîné les maquettes avant d’arrêter sa version. Gasparro a ramené tout cela à quelques traits de burin, sur une pièce de la taille d’un ongle de pouce.
Le graveur a laissé une seconde marque sur cette face. Ses initiales « FG » se lisent juste à droite de l’édifice, au-dessus des arbustes gravés, selon les initiales FG expliquées par le même organisme de certification. Deux choses à chercher, donc, sur le même côté de la pièce.

Cinquante ans, puis l’écusson de l’Union
Les ateliers de Philadelphie et Denver ont frappé 5,4 milliards de cents en 2008, dernière année du revers Lincoln Memorial, soit 78 pièces par habitant de la France. Dans le détail : 2 558 800 000 pièces à Philadelphie, 2 849 600 000 à Denver, plus 2 169 561 épreuves de collection à San Francisco. La France comptait 69,1 millions d’habitants au 1er janvier 2026 (bilan démographique de l’Insee).
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Un cent de Denver classé MS68RD s’est vendu 2 990 dollars aux enchères. PCGS n’a certifié à ce grade qu’une demi-douzaine environ d’exemplaires de Philadelphie, et ceux de Denver sont aussi rares. Les versions Satin Finish des coffrets non circulés ont été tirées à 745 464 exemplaires par atelier. Un exemplaire ordinaire du même millésime, sorti d’un rouleau de banque, vaut toujours un cent.
Le revers Memorial a tenu cinquante ans. Il a été remplacé pour de bon par l’écusson de l’Union en 2010, et le portrait de Lincoln est resté sur l’avers. Ces pièces-là ont fini dans les poches et les tirelires américaines.
Une pièce retirée de la frappe continue de circuler, puis de dormir : AAP relevait le 5 septembre 2026 que le catalogue public des trésors de monnaie romaine en recense 694, dont 40 trouvés en France.
Les pièces en euros ont aussi leurs marques de fabrique. La Monnaie de Paris appose son poinçon sur toutes les pièces en euros frappées pour le compte de la République française (Monnaie de Paris, questions fréquentes). Ce poinçon a la forme d’une corne d’abondance. La prochaine pièce française qui traînera au fond d’une poche en portera une.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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