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Mise en perspective
Plus de 90 % de chances qu’El Niño atteigne une intensité « très forte » pendant l’automne et l’hiver 2026-2027 dans l’hémisphère nord. Le Climate Prediction Center de la NOAA l’écrit dans sa discussion ENSO du 10 septembre 2026, avec un indice Niño 3.4 mesuré à +1,8 °C en août. Pour octobre-décembre, il chiffre à 75 % la probabilité d’un épisode qui dépasserait tous ceux enregistrés depuis 1950. Au même moment, un nouveau vortex polaire se forme au-dessus du pôle Nord. De ces deux faits, les réseaux tirent une promesse d’hiver glacial en Europe : la question utile est ailleurs.
Le fait
Le vortex polaire se reforme chaque automne. C’est une ceinture de vents qui tourne d’ouest en est autour du pôle, dans la stratosphère, au niveau de pression 10 hPa, soit environ 30 kilomètres d’altitude. Presque trois fois l’altitude de croisière d’un long-courrier. Le refroidissement qui l’alimente commence en général en août et s’intensifie fortement en septembre et octobre, décrit Severe Weather Europe, qui suit la chute des pressions au pôle depuis le début du mois. Quand cette ceinture faiblit, l’air froid qu’elle contenait peut descendre en lobes vers les latitudes moyennes.
L’indice Niño 3.4, moyenné sur juin-juillet-août, s’établit à +1,8 °C dans la table officielle de la NOAA. Sur le seul mois de juillet, il « dépasse maintenant 2 °C » et devrait « atteindre son maximum en fin d’année », écrivait Météo-France le 11 août 2026. AAP suivait le même indice à +1,39 °C en mai-juin-juillet, le 23 août, quand le record mondial se dessinait.
L’hiver le plus chaud mesuré en France depuis 1900, +2,3 °C au-dessus de la normale 1991-2020 en 2019-2020, est arrivé avec un indice Niño 3.4 à +0,7 °C seulement. Jusque-là, tout est mesuré ; la suite relève des probabilités.
Et chez nous ?
Notre regard
En 2009-2010, un El Niño moyen a coïncidé avec l’hiver le plus neigeux qu’ait connu la France depuis 1986-1987. Quatre hivers suffisent à défaire l’équation entre l’indice océanique et le thermomètre français, à condition de les mettre côte à côte.
| Hiver | Indice Niño 3.4 (DJF) | Ce que la France a connu |
|---|---|---|
| 2009-2010 | +1,5 °C | Hiver le plus neigeux depuis 1986-1987 |
| 2015-2016 | +2,5 °C | +2,1 °C : 2e hiver le plus chaud depuis 1900 |
| 2019-2020 | +0,7 °C | +2,3 °C : hiver le plus chaud depuis 1900 |
| 2023-2024 | +1,8 °C | +2,0 °C : 3e hiver le plus chaud depuis 1900 |
| 2026-2027 | « très fort » à plus de 90 % | Non écrit |
Infoclimat compte 43 jours de neige à Strasbourg entre décembre et février cet hiver-là, 30 à Lille, 29 à Caen. Paris avait compté 21 jours de neige. Le bilan de l’hiver 2023-2024 range celui-ci au 3e rang depuis 1900, derrière 2019-2020 et 2015-2016. Ces deux hivers de tête se rangent sous des indices sans rapport entre eux : +0,7 °C et +2,5 °C. Le Pacifique n’explique ni l’un ni l’autre.
Une prévision saisonnière ne donne pas une météo. Elle donne un décalage de probabilités sur trois mois : plus doux ou plus frais, plus humide ou plus sec que la normale. Ni la date d’une gelée, ni la hauteur d’une chute de neige.

La nuance
Météo-France pose la limite. Les impacts d’El Niño « peuvent se propager » hors du Pacifique équatorial, « notamment en hiver boréal », mais cet effet reste « nettement plus faible que l’impact moyen lié au changement climatique ». L’agence ajoute que l’amplitude de ces prévisions « reste toutefois à confirmer ».
Le Met Office décrit une probabilité accrue de conditions « plus douces, humides et venteuses » en automne et au début de l’hiver. Un basculement vers des conditions « plus froides et plus calmes en fin d’hiver » reste possible (propos rapportés par WE DEMAIN, 19 août 2026). La forme attendue d’un hiver El Niño en Europe de l’Ouest ressemble donc davantage à la pluie qu’au gel. Le National Weather Service rappelle que le vortex polaire est une caractéristique normale de l’hiver, et non une alerte en soi (cité par IBTimes UK).
À surveiller
Le vortex se renforce jusqu’en octobre. C’est autour de la mi-hiver, en janvier et février, que Severe Weather Europe situe le risque de ralentissement et de perturbation, pour les États-Unis, le Canada et une partie de l’Europe. Un vortex ralenti augmente la probabilité d’air froid vers le sud sans la garantir : l’issue européenne dépend aussi de la circulation de l’Atlantique nord.
AAP relevait un indice cyclonique à 4,4 contre 58,2 en moyenne au 16 septembre 2026, sur le versant tropical du même épisode. Un début d’hiver doux et humide ne vide pas une citerne de fioul ; c’est la fin de saison qui porte le risque de bascule.
Météo-France attend le maximum de l’indice Niño 3.4 en fin d’année. La circulation de l’Atlantique nord, elle, ne se prévoit pas à trois mois.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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