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Vous avez déjà entendu la phrase à un repas de famille : « depuis qu’il a sa fille, il a changé ». Des chercheurs de la Rutgers Business School l’ont mesurée sur près de 1 700 parents américains, et leur réponse paraît dans Personality and Individual Differences. Ce qui change chez ces pères, c’est la relation avec la mère de l’enfant.
Aux États-Unis, 101 pères notent leur attachement à la mère de leur enfant 8,04 sur 9 quand c’est une fille, 7,37 quand c’est un garçon (Personality and Individual Differences, 2026). Les mêmes déclarent davantage d’engagement, de satisfaction et de confiance envers leur conjointe. Chez les mères interrogées, aucun écart comparable selon le sexe de l’enfant.
« Avoir une fille semble protéger la relation entre les deux parents », résume Kristina Durante, professeure au Center for Women in Business, dans le communiqué de Rutgers du 21 septembre 2026. Sa collègue Krystal Duarte, première autrice de l’article de la revue, ajoute une précision : ces pères sont surtout perçus comme plus disponibles pour leur partenaire.
Trois protocoles, trois fois le même écart
184 parents d’un enfant unique de moins de 18 ans forment la première étude, dont les 101 pères à l’origine du 8,04 contre 7,37. La deuxième change complètement de matériau : elle exploite la cohorte américaine Fragile Families, 587 couples suivis de la naissance aux neuf ans de l’enfant. Les mères de filles y déclarent recevoir plus de soutien de la part du père dans les mois qui suivent l’accouchement, affection et sentiment d’équité compris. Sur les comportements de coparentalité, la cohorte ne montre rien.
La troisième étude suit les couples avant la naissance. 168 couples devenant parents pour la première fois ont été recrutés au troisième trimestre de grossesse, puis suivis jusqu’aux deux ans de l’enfant. Avant l’accouchement, rien ne distinguait les futurs pères. Après, les pères de filles rapportent une satisfaction conjugale en hausse, un soutien à leur conjointe en hausse et une anxiété d’attachement en baisse. Chez les pères de garçons, l’évitement progresse et la satisfaction recule.

C’est cet ordre chronologique qui donne son poids à l’ensemble. La différence apparaît après la naissance, et pas au troisième trimestre : les hommes déjà très attachés à leur conjointe n’ont pas simplement eu davantage de filles.
Deux tiers de point sur une échelle de neuf
L’écart entre 8,04 et 7,37 tient en 0,67 point, environ 7 % de l’amplitude de l’échelle. Les auteurs parlent d’effets petits à moyens, de l’ordre d’un demi-écart-type sur l’engagement et la satisfaction, détail rapporté par le relais scientifique PsyPost. Assez pour ressortir de trois méthodes différentes. Beaucoup trop peu pour prédire le comportement d’un père donné.
La nuance vaut d’être tenue, parce que les reprises l’écrasent. Ce que ces trois études mesurent, c’est la relation entre les deux adultes : engagement, confiance, soutien, satisfaction. Le temps passé avec l’enfant, les couches, les devoirs, les rendez-vous chez le pédiatre restent hors du champ de ces résultats.
Le couple se laisse d’ailleurs mettre en équations. Un mathématicien de Lyon 1 a décrit en 2019 un seuil critique sous lequel une relation cesse de se rétablir ; AAP retraçait le 10 septembre 2026 le parcours de ce modèle mathématique du couple, redécouvert en anglais sept ans après sa parution française.
Des couples américains, un mécanisme inconnu
Les échantillons sont américains et les couples hétérosexuels. Les auteurs le précisent : leurs résultats valent pour des cultures occidentales contemporaines, et pas pour des sociétés à forte préférence pour les fils, ni pour des modèles où le père s’implique peu. Les familles de plusieurs enfants n’ont pas été étudiées.
Le mécanisme reste ouvert. Baisse de testostérone qui accompagne l’arrivée d’un enfant, père qui se donne en modèle de conjoint devant sa fille, normes culturelles de protection : trois pistes avancées, aucune testée ici. En France, la question concerne beaucoup de monde, puisque 643 905 bébés y sont nés en 2025 (naissances de l’année 2025, Insee, 6 juillet 2026).
Dans la cohorte des 587 couples, l’avantage des pères de filles s’efface à mesure que l’enfant grandit. Le compliment de repas de famille a donc une date de péremption.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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