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256 essais par personne, un seul geste demandé : nommer la couleur d’affichage d’un mot. Chez 102 volontaires testés en ligne, les jurons jugés drôles ont moins freiné l’identification d’une couleur que des jurons aussi crus mais peu drôles (Cognition and Emotion, 21 août 2026). Ce frein porte un nom : l’effet Stroop tabou. Lise Abrams (Pomona College), Lori E. James, Maria-Elisabeth Lootus et Meredith A. Shafto l’ont mesuré dans deux expériences en ligne, auprès d’anglophones de 18 à 29 ans recrutés via la plateforme Prolific.
Première expérience : 59 volontaires, 48 gros mots et 48 mots neutres mélangés dans la même série, quatre couleurs possibles. L’interférence apparaît, forte sur la première série d’essais, puis elle s’émousse à mesure que les mots reviennent (détail du protocole). L’humour n’y produit aucun effet propre. La seconde expérience change une seule chose : les mots retenus arrivent groupés par famille. Grossièreté et humour avaient été notés à l’avance sur des échelles en neuf points.
Le contraste entre les deux dispositifs tient en cinq lignes.
| Ce qui est comparé | Expérience 1 | Expérience 2 |
|---|---|---|
| Participants | 59 | 102 |
| Mots testés | 48 tabous, 48 neutres | 32, en quatre familles |
| Essais par personne | 384 | 256 |
| Présentation | mélangée | par blocs |
| Effet de l’humour | aucun effet propre | interférence réduite |
Les mots très grossiers gênent dans les deux dispositifs, drôles ou pas. Dans la version par blocs, l’écart de temps se réduit nettement pour ceux que les normes notent comme drôles. C’est l’attention captée que l’humour allège, à grossièreté égale.
À retenir
- Dans les deux expériences, un gros mot affiché en couleur ralentit la réponse.
- L’effet de l’humour n’apparaît que dans la version par blocs, quand les mots drôles se suivent.
- L’interférence décroît au fil des essais : les mêmes mots surprennent moins la seconde fois.
- Limites posées par les auteurs : mots anglais isolés, participants de 18 à 29 ans vivant aux États-Unis.
L’humour n’agit pas partout de la même façon. Jurer aide à supporter la douleur : la main reste en moyenne 31 secondes de plus dans l’eau glacée. Et 73 % des participants tiennent plus longtemps en jurant (Stephens et Umland, 2011, cités dans une revue de 2024). Mais quand Stephens et Robertson ont cherché ce qui portait ce gain, en 2020, ni l’émotion, ni l’humour, ni la distraction ne prédisaient la tolérance à la douleur. Le juron drôle allège la charge sur l’attention, sans rien promettre à la main plongée dans l’eau glacée.
Un mot cru glissé dans une phrase drôle vole moins d’attention qu’un mot cru livré sec. L’interférence des mots tabous fait partie de ce que le cerveau mesure vraiment. Les 32 mots de la seconde expérience étaient anglais, affichés seuls au milieu d’un écran, loin de toute conversation. Ce qui se passe dans une autre langue, ou dans une phrase entière, attend encore son test.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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