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Mise en perspective
31 études. C’est tout le corpus sur lequel repose l’entraînement du cerveau par neurofeedback en casque de réalité virtuelle. Trois chercheurs de l’université de Graz, en Autriche, les ont recensées et comparées dans Applied Psychophysiology and Biofeedback en novembre 2024, et leur réponse tient en une ligne : personne ne peut encore affirmer que le casque entraîne mieux qu’un écran plat.
Concrètement : quand une application ou un casque promet de muscler votre attention, l’argument scientifique derrière la promesse repose sur une poignée de protocoles, dont beaucoup ont été testés sur moins de 50 personnes.
Le fait
Sur les 290 références que renvoie une recherche croisant « neurofeedback » et « réalité virtuelle », 31 études seulement, soit 10,7 %, portent réellement sur un entraînement avec retour en réalité virtuelle, selon la revue de l’université de Graz publiée en novembre 2024.
Ce tri, détaillé dans l’état de l’art signé Silvia Erika Kober, Guilherme Wood et Lisa Maria Berger, donne la mesure d’un champ encore étroit.

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Les effectifs vont du cas unique à 100 participants, et trois études sur les 31 ont calculé à l’avance le nombre de volontaires nécessaire pour que le résultat soit interprétable.
| Étape | Nombre |
|---|---|
| Références repérées | 290 |
| Études d’entraînement avec retour en réalité virtuelle | 31 |
| Études ayant dimensionné leur échantillon à l’avance | 3 |
Les auteurs écrivent que des échantillons petits et non justifiés posent un problème de validité statistique et de généralisation. Les populations testées vont de volontaires en bonne santé, majoritaires, à des patients migraineux, épileptiques, victimes d’AVC ou souffrant de douleurs chroniques.
Sur le ressenti, les résultats convergent : le retour en 3D plaît davantage que le retour en 2D, avec plus d’intérêt, de plaisir et de sentiment de compétence. Sur ce que le casque est censé entraîner, en revanche, la revue parle de résultats mitigés. Certaines études trouvent que les participants atteignent leur cible d’ondes cérébrales plus vite en réalité virtuelle, d’autres ne trouvent aucune différence.
Notre regard
Le neurofeedback n’a rien de mystérieux. Des électrodes posées sur le crâne mesurent en continu certains rythmes électriques du cerveau, comme le rythme sensorimoteur, et un programme transforme cette mesure en quelque chose que vous voyez bouger en temps réel. Faire monter le rythme fait avancer l’avatar ou grandir la barre. Le casque ne change pas la mesure : il change l’habillage de la boucle.
D’où l’ambiguïté commerciale. Ce que le corpus démontre le mieux, c’est l’engagement : l’environnement immersif plaît davantage que l’écran plat. Or c’est exactement ce qu’un argumentaire de vente peut convertir en preuve de performance. Aimer un entraînement et progresser grâce à lui sont deux résultats distincts, et un seul des deux est aujourd’hui solide. AAP avait déjà détaillé ce que la machine enregistre derrière un test d’attention informatisé.
La nuance
Rien dans cette revue ne dit que le neurofeedback en réalité virtuelle est inefficace. Elle dit que le dispositif expérimental permettant de trancher manque encore. Le reproche principal porte sur les groupes contrôles : beaucoup d’études ne testent qu’une seule condition, la condition 3D, sans point de comparaison, et les auteurs jugent difficile d’en tirer des conclusions robustes.

Un piège technique moins évident s’y ajoute. La luminosité de l’écran influence à elle seule l’activité alpha : si l’écran du casque et celui de l’ordinateur ne brillent pas pareil, l’écart d’ondes mesuré ne vient plus forcément de l’entraînement. Les protocoles restent par ailleurs hétérogènes en méthode, en design et en mesures de résultat, ce qui limite les comparaisons d’une étude à l’autre.
Deuxième angle mort, absent des argumentaires de vente : le cybermalaise. Les femmes sont plus souvent et plus sévèrement touchées que les hommes par les nausées et la désorientation du casque. Une expérience de la même équipe, publiée en mars 2025 dans le Journal of Neural Engineering sur 39 volontaires dont 20 femmes, a mesuré autre chose : dans la condition la moins nauséeuse, les hommes augmentaient leur rythme sensorimoteur au fil de l’entraînement, pas les femmes.
À surveiller
Le signal électrique que produit votre cerveau est une donnée, et elle circule. La revue s’appuie sur un état des lieux de 30 dispositifs grand public publié en avril 2024 par la Neurorights Foundation : près de 97 % des entreprises examinées ont accès aux données neuronales de leurs clients, et plus de la moitié prévoient dans leurs conditions de les partager avec des tiers.
En France, la question est posée et sans réponse. Le sénateur Jean Sol a déposé le 16 avril 2026 une question écrite au ministère de la Santé sur les neurotechnologies hors champ médical, rappelant que les neurodonnées relèvent des données sensibles au sens du RGPD et que la loi française réserve l’imagerie cérébrale aux finalités médicales, de recherche ou judiciaires. Elle attend toujours la réponse du gouvernement.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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