![]()
Sommaire
Publié le 13 septembre 2026 · Mis à jour le 22 septembre 2026 à 10h23
Un hesperornithiforme est un oiseau plongeur éteint de la fin du Crétacé, dont des plumes viennent d’être identifiées dans un coprolithe de 66 millions d’années ramassé au Montana, selon une étude parue dans Current Biology le 10 septembre 2026. Son plumage mêlait des plumes imperméables de type moderne et un duvet primitif.
Qu’est-ce qu’un hesperornithiforme ?
Un oiseau aquatique disparu avec l’astéroïde, il y a 66 millions d’années. Ses pattes en faisaient un plongeur, son écologie rappelait celle des plongeons actuels, et la plupart de ces espèces avaient perdu l’usage des ailes. Vivre dans l’eau ne les a pas sauvés : seuls les néornithes, ancêtres de tous les oiseaux actuels, ont franchi la limite Crétacé-Paléogène.
David DeMar Jr. rampait sur un affleurement rocheux quand il a ramassé un nodule brun sombre de la taille d’une demi-balle de golf. Le paléontologue du Burke Museum cherchait des poissons fossiles ce jour-là : il tenait un excrément pétrifié. Décrite dans Current Biology le 10 septembre 2026, une plume d’oiseau vieille de 66 millions d’années a été identifiée dans un coprolithe de grand dinosaure prédateur, ramassé en 2016 dans la formation de Hell Creek, au Montana.
Passé au micro-scanner à l’université de Californie du Sud, le nodule n’a pas livré qu’une plume. Il en contenait plusieurs, avec de minuscules écailles de gar et des os de patte d’un hesperornithiforme, oiseau plongeur éteint dont l’écologie rappelait celle des plongeons actuels. Os et plumes dans la même masse digérée : l’équipe rattache les secondes au premier. Quant au propriétaire du coprolithe, les auteurs ne tranchent pas entre Tyrannosaurus rex et Nanotyrannus, deux grands prédateurs du Crétacé terminal. L’analyse est signée par une équipe qui va du Field Museum au Burke Museum, réunie dans Current Biology.
L’hesperornithiforme n’était pas un oiseau de vol. Ses pattes spécialisées en faisaient un plongeur, et ces espèces avaient pour la plupart perdu l’usage des ailes. Elles vivaient au bord de l’eau, ce qui a longtemps servi d’explication commode à la survie de certaines lignées après l’impact.
Un rachis carré et un centre spongieux
Deux des plumes, dont celle qui affleure à la surface du nodule, portent des caractères connus jusqu’ici chez les seuls oiseaux vivants : un rachis de section carrée, au centre spongieux. Le plus ancien exemplaire de cette structure venait de l’Éocène inférieur du Danemark, environ dix millions d’années plus tard, précise David DeMar Jr. Le plumage de l’hesperornithiforme n’est pourtant pas moderne d’un bloc : à côté de ces plumes imperméables, l’oiseau en portait de petites, duveteuses, du type que l’on associe aux dinosaures et aux énantiornithes.

Cet assemblage est le cœur de l’hypothèse. Trois grandes lignées d’oiseaux se partageaient la fin du Crétacé, et une seule a franchi la limite avec le Paléogène.
| Lignée | Plumage décrit | Après l’astéroïde |
|---|---|---|
| Énantiornithes | petites plumes duveteuses, de type primitif | disparus |
| Hesperornithiformes | plumes imperméables modernes mêlées à du duvet primitif | disparus |
| Néornithes | plumage moderne, meilleure isolation thermique | seuls survivants, ancêtres de tous les oiseaux actuels |
La colonne du milieu porte le pari des auteurs : c’est le plumage, plus que le mode de vie, qui aurait fait le tri.
Ce que la mue pourrait avoir décidé
« Nous pensons que les types de plumes que ces oiseaux avaient, ou la façon dont ils les muaient, ont pu être l’une des causes sous-jacentes de la sélectivité de l’extinction de la fin du Crétacé », avance Jingmai O’Connor, du Field Museum de Chicago, dans le communiqué du musée. L’impact a chargé l’atmosphère de débris, masqué le soleil et refroidi brutalement la planète. Dans cet hiver d’impact, un plumage isolant devient un organe de survie, et un duvet primitif un handicap.
L’hypothèse repose sur un seul spécimen et les auteurs la posent comme telle. Elle complique en revanche l’explication du refuge aquatique : vivre dans l’eau n’a pas suffi, puisque les hesperornithiformes plongeaient et ont tout de même disparu.
Ce qu’un excrément garde en mémoire
« Nous trouvons rarement des fossiles d’oiseaux, plus rarement encore leurs plumes », rappelle Gregory Wilson Mantilla, professeur à l’université de Washington et conservateur au Burke Museum. Un coprolithe documente les deux bouts de la scène, l’anatomie de la proie et le menu du prédateur. « Autant que je sache, personne n’avait pensé à chercher des plumes dans les coprolithes », dit Jingmai O’Connor.
AAP décrivait le 17 juillet 2026 un bébé tyrannosaure de 2,5 kg à l’éclosion, et le 24 juin 2026 les quarante ans qu’il fallait à l’animal pour atteindre ses huit tonnes. Le nodule de Hell Creek ajoute une ligne au portrait, du côté de la table.
Reste la méthode. O’Connor appelle d’autres équipes à passer leurs coprolithes au scanner, pour regarder de près ce que la digestion a conservé.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Taratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusion - 2
Mondiaux de cyclisme : le maillot arc-en-ciel rapporte 8 000 euros, moins qu’une étape du Tour - 3
Prix du roman Fnac 2026 : « C’était ça ou mourir » lauréat - 4
Résultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembre - 5
Résultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnés
Nos dossiers
- France395
- Science279
- Culture196
- Consommation174
- Santé publique169
- Patrimoine167
- IA167
- Sport159
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

