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Vérification
Publié le 4 septembre 2026 · Mis à jour le 7 septembre 2026 à 12h57
Le taux « juste une fois sur deux » ne concerne pas le Farmers’ Almanac. Les deux seules vérifications publiées (50,7 % de justesse en température, Walsh et Allen 1981 ; corrélation nulle, Nick Bond 2010) portent sur son concurrent, l’Old Farmer’s Almanac, fondé en 1792 dans le New Hampshire. Le Farmers’ Almanac, publié à Lewiston (Maine) depuis 1818 et arrêté le 7 novembre 2025 après 208 ans, n’a fait l’objet d’aucun taux de réussite publié.
Vous avez sûrement dans votre entourage quelqu’un qui jure que l’almanach annonce l’hiver mieux que la météo. Le Farmers’ Almanac, publié à Lewiston, dans le Maine, depuis 1818 et lu jusqu’au Québec, a cessé de paraître après 208 ans : sa rédactrice en chef Sandi Duncan et son rédacteur en chef émérite Peter Geiger ont annoncé la fin le 7 novembre 2025, l’édition millésime 2026 étant la dernière.
Une phrase voyage avec la nouvelle : ses prévisions ne tombaient juste qu’une fois sur deux. Le chiffre existe et il est solide. Il ne porte simplement pas sur cet almanach-là, mais sur son concurrent, l’Old Farmer’s Almanac, fondé en 1792 dans le New Hampshire.
L’affirmation« Les prévisions du Farmers’ Almanac, celui qui vient de fermer, ne tombaient juste qu’une fois sur deux. »
Notre verdictTrompeur
Les deux vérifications publiées (50,7 % de justesse en température, Walsh et Allen 1981 ; corrélation nulle, Nick Bond 2010) portent sur l’Old Farmer’s Almanac, pas sur le Farmers’ Almanac arrêté le 7 novembre 2025, dont aucun taux de réussite n’a jamais été publié. Autre maison, autre État, autre méthode : ni pire ni mieux que le pile ou face, on n’en sait rien.
Ce qui a été mesuré, et sur quoi
Deux vérifications indépendantes ont été publiées. La première est signée Walsh et Allen, de l’université de l’Illinois, dans la revue Weatherwise d’octobre 1981 : 60 prévisions mensuelles de température et de précipitations, pour 32 stations réparties aux États-Unis. L’Old Farmer’s Almanac y annonce le bon signe de l’anomalie de température 50,7 % du temps, et 51,9 % pour les précipitations. La seconde vient de Nick Bond, du bureau climatique de l’État de Washington : il a confronté les anomalies annoncées pour la région 15 (Washington, Oregon, nord de la Californie) aux relevés des divisions climatiques de la NOAA, de novembre à mars, sur les hivers de 1990 à 2002. Sa conclusion tient en une ligne : « The temperature forecasts were wrong as often as not », les prévisions de précipitations faisant même « un peu pire que le hasard », avec une corrélation d’environ -0,2.
Mis en regard de ce que la maison revendique, l’écart se voit à l’œil nu.

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Ces 50,7 % ne sont pas nuls, ils sont indiscernables d’un pile ou face. Un almanach à ce taux a une chance sur 30 de viser correctement les cinq mois de novembre à mars d’affilée ; le pile ou face en a une sur 32. L’écart entre la croyance et le hasard se joue à deux points de pourcentage.
| Ce qui est avancé | Taux | Qui l’établit |
|---|---|---|
| Justesse revendiquée par l’Old Farmer’s Almanac pour l’hiver | environ 80 % | La publication elle-même, citée par Scientific American (2023) |
| Signe de l’anomalie de précipitations correctement annoncé | 51,9 % | Walsh et Allen, Weatherwise, octobre 1981 |
| Signe de l’anomalie de température correctement annoncé | 50,7 % | Walsh et Allen, Weatherwise, octobre 1981 |
| Référence du pile ou face | 50 % | Par construction |
| Justesse mesurée du Farmers’ Almanac (celui qui ferme) | jamais publiée | Aucune vérification indépendante recensée |
Ce qui n’a jamais été mesuré
L’almanach du Maine, lui, n’a pas de score. Aucune vérification indépendante de ses prévisions n’a été publiée, et la maison n’en publiait pas non plus : Scientific American relevait en novembre 2023 que le Farmers’ Almanac, contrairement à son concurrent, ne diffuse aucune statistique de réussite et se borne à repasser chaque année ses coups d’éclat et ses ratés. Sa méthode, un mélange de taches solaires et de cycles lunaires resté secret depuis 1818, est invérifiable par construction : la notice de fermeture évoque encore une formule dont personne, à l’extérieur, n’a vu le détail.
Faute de mesure, il reste l’argument de physique. Interrogé dès 2007 par Penn State sur ce titre précis, Paul Knight, alors climatologue de l’État de Pennsylvanie, ne chiffrait rien : « The ability to predict events that far in advance is zero. » Il ajoutait de quoi comprendre pourquoi une prévision d’almanach paraît souvent juste : annoncer un refroidissement « du 8 au 15 octobre » donne raison huit années sur dix, sans rien avoir prévu du tout.

Où lire l’hiver qui vient
Un équivalent officiel existe, gratuit, et qui affiche ses limites. Météo-France publie chaque mois des tendances à trois mois : non pas un bulletin, mais le scénario le plus probable parmi trois, proche des normales, au-dessus ou en dessous. L’établissement écrit noir sur blanc que « ce bulletin ne permet pas de prévoir le détail des conditions météorologiques des prochains mois », et que la performance varie selon le lieu, la saison et le paramètre : meilleure sur la température que sur les précipitations, meilleure en hiver qu’en été. Trois mois plutôt que six, des probabilités plutôt que des dates.
Le geste pour cet hiver tient en deux réflexes : ouvrir la tendance du mois en cours plutôt qu’un calendrier annuel, et regarder sa date de mise à jour avant de la citer. Pour le reste, l’application météo de votre téléphone ou de votre PC couvre l’horizon où la prévision a du sens.
Au Canada, où l’almanach comptait des lecteurs francophones, CTV News a consacré un sujet à cette fermeture.
Questions courantes
Comment vérifier soi-même un taux de réussite de prévision ?
Quatre questions suffisent : qui a mesuré, sur quel échantillon, sur quelle période, et selon quelle définition d’une prévision juste. Un taux qui ne répond pas aux quatre est une affirmation, pas une mesure.
Peut-on prévoir la météo six mois à l’avance ?
Pas au sens d’une prévision datée. Les services publics s’arrêtent à un horizon de trois mois et raisonnent en probabilités, pas en dates de neige ou de gel.
Que reste-t-il du Farmers’ Almanac ?
Son édition 2026, la dernière, était encore en vente en librairie et en ligne au moment de l’annonce. Le site de la publication devait rester accessible jusqu’en décembre 2025.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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