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Le chiffre
Le 11 février 2023, au-dessus du Yukon, un chasseur F-22 américain a détruit un objet volant à 40 000 pieds d’altitude avec un missile AIM-9X. Trois jours plus tard, un club de radioamateurs de l’Illinois signalait la disparition de son petit ballon K9YO, dont le dernier signal datait du 11 février au large d’une île d’Alaska, coïncidence relevée dès le 16 février par le Washington Post. Le Pentagone n’a jamais confirmé le lien. Le récit publié le 19 août 2026 par l’équipe de SondeHub, qui suit les ballons météo dans le monde entier, remet l’épisode en circulation sous un titre en forme d’addition.
Nous avons repris les deux montants à la source, puis posé la division.
2 193fois : le rapport entre le prix d’un missile AIM-9X et celui d’un ballon de radioamateurs bien équipé
Côté arme, le chiffre ne sort pas d’une estimation de presse. Le budget d’achat de l’US Air Force pour l’exercice 2023 demandait 255 AIM-9X pour 111,855 millions de dollars. Soit 111 855 000 divisé par 255, égale 438 647 dollars l’unité, que l’on arrondit couramment à 439 000 dollars. Côté cible, les ballons pico lâchés par les clubs de radioamateurs coûtent « entre 12 et 200 dollars », émetteur compris, relève Task & Purpose.
La division, et ce qu’elle ne dit pas
Selon nos calculs, le missile AIM-9X tiré le 11 février 2023 sur un probable ballon de radioamateurs coûtait 438 647 dollars l’unité au budget d’achat 2023 de l’US Air Force, soit 2 193 fois la borne haute du prix d’un tel ballon (200 dollars). Avec la borne basse de 12 dollars, le rapport grimpe à 36 554. Nous avions déjà passé un chiffre américain à la moulinette de la division, sur les salaires réels.
Combien de fois le missile coûte-t-il plus cher que le ballon, en retenant l’hypothèse la plus favorable au ballon (200 dollars) ?
2 193 fois, et 36 554 fois si le ballon n’a coûté que 12 dollars.
438 647 $le prix unitaire du missile, budget d’achat 2023
2 193 ballonsce qu’un seul missile paie, au prix haut de 200 dollars
36 554 ballonsau prix bas de 12 dollars
Nos calculs : 111 855 000 dollars pour 255 AIM-9X, divisés par les deux bornes de prix relevées par Task & Purpose, émetteur compris. Limite : deux prix d’achat mis face à face, hors coût de la mission, que personne ne chiffre.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Mises côte à côte, les deux additions ne tiennent pas dans la même échelle : la barre du ballon se lit dans l’épaisseur du trait.
| Élément | Montant | Origine |
|---|---|---|
| AIM-9X, budget d’achat 2023 (255 missiles) | 111 855 000 $ | US Air Force, justification book FY2023 |
| Prix unitaire du missile | 438 647 $ | Notre division : 111 855 000 / 255 |
| Ballon de radioamateurs, borne haute | 200 $ | Task & Purpose |
| Ballon de radioamateurs, borne basse | 12 $ | Task & Purpose |
| Rapport missile / ballon | 2 193 à 36 554 | Notre calcul |
Ce rapport a des limites, et elles comptent. Un missile ne se compare pas terme à terme à un ballon : il embarque un autodirecteur infrarouge et toute une chaîne industrielle, il s’achète par lots pluriannuels, et le prix retenu est une moyenne de commande, pas la facture du tir du 11 février. La division laisse aussi de côté le coût de la mission elle-même, heures de vol et ravitaillement, que ni le document budgétaire ni le récit ne détaillent. Enfin l’identité de la cible reste une hypothèse : le club a déclaré son ballon disparu, l’armée n’a jamais dit ce qu’elle avait abattu.
Ce que les armées en ont tiré
La conclusion opérationnelle est venue du NORAD. Le commandement consulte désormais les sites de suivi des ballons amateurs quand ses radars accrochent une piste inconnue, et il a identifié un objet de cette façon en avril 2024, rapporte Task & Purpose. Le renseignement le moins cher de cette histoire est une page web ouverte à tous.

En France, le ciel porte lui aussi des ballons parfaitement légaux, et en nombre. Météo-France exploite 14 stations de radiosondage, 5 en métropole et 9 en outre-mer, qui lâchent un ballon une à deux fois par jour à 00 h et 12 h UTC, selon ses données publiques. Pour les lâchers de loisir, le ministère de la Transition écologique rappelle qu’un ballon « sans charge utile, ou avec charge utile négligeable » n’exige « pas d’autorisation formelle des autorités de l’aviation civile », et recommande des ballons de moins de 50 litres, non métalliques et non attachés entre eux, en renvoyant aux préfectures pour les restrictions locales. Rien, dans cette réglementation, ne coûte 438 647 dollars.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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