Lit de rivière presque à sec en plein été, galets pâles et vase craquelée, avec un mince filet d’eau résiduel sur le côté.

Le plateau de la sécheresse n’a pas tenu : 74 départements en crise

Le 30 juillet, nous donnions la courbe des départements en crise pour plafonnée à 63. Notre relevé du 15 août en compte 74. Selon nos calculs, la bascule a repris à 4,8 départements par semaine, soit un peu plus vite que pendant le supposé plateau.

Sommaire
  1. En bref
  2. La courbe est repartie, et nous savons à quelle vitesse
  3. Onze départements de plus, et huit qui montent d’un cran
  4. Ce que le palier crise interdit vraiment
  5. Pourquoi un orage d’août ne lève pas une crise
  6. Pourquoi les compteurs ne donnent pas le même chiffre
  7. Ce que vous pouvez vérifier chez vous cette semaine
  8. Questions courantes

Panorama

Le plateau n’a pas tenu trois semaines. Le 30 juillet, nous relevions 63 départements au palier crise et nous écrivions que la pente s’écrasait. Notre relevé du 15 août en compte 74. La courbe que nous donnions pour plafonnée est repartie, et elle est au plus haut de notre série depuis le mois de juin.

Ce panorama ne refait pas la carte département par département : nous l’avons publiée fin juillet. Il répond à la seule question que le chiffre du jour ne pose jamais : à quelle vitesse la France bascule, et si cette vitesse a réellement ralenti.

En bref

  • 74 des 96 départements métropolitains comptent au moins une zone au palier crise au 15 août 2026, contre 63 à notre relevé du 30 juillet.
  • Selon nos calculs, la bascule a repris à 4,8 départements par semaine depuis le 30 juillet, contre 4,4 pendant le palier que nous avions pris pour un plafond et 10,3 au plus fort de juin et de juillet.
  • Le freinage de fin juillet a été réel, mais il n’a jamais tourné en recul : la courbe a ralenti, puis elle est repartie légèrement plus vite qu’à son arrêt supposé.
  • Le tableau des paliers donne le mécanisme : la crise gagne 11 départements quand l’alerte renforcée en perd 8 et la vigilance 3.
  • Sous la surface, 63 % des points d’observation des nappes sont sous les normales mensuelles au 1er août et 94 % des niveaux baissent, selon le BRGM.
Série AAP

Nous suivions déjà ce chiffre : le 30 juillet, nous comptions 55 départements passés en crise en six semaines, pour un total de 63, et nous écrivions que la courbe venait de plafonner. La courbe a repris depuis. Notre relevé du 15 août en compte 74, après 58 le 22 juillet et 42 le 10 juillet.

La courbe est repartie, et nous savons à quelle vitesse

Un compteur de sécheresse se lit toujours au présent. Pour savoir s’il accélère, il faut deux relevés et une division. Nous tenons les nôtres depuis le 18 juin, à la même source et sur la même métrique : le nombre de départements dont au moins une zone atteint le palier crise, lu sur les données publiques de VigiEau.

La méthode tient en une ligne. On soustrait le relevé de départ du relevé d’arrivée, on divise par le nombre de jours écoulés, on multiplie par sept. Sur les trois phases de l’été, cela donne trois régimes bien distincts. Emballement, du 18 juin au 22 juillet : 50 départements de plus en 34 jours, soit 10,3 par semaine. Freinage, du 22 au 30 juillet : 5 de plus en 8 jours, soit 4,4 par semaine. Reprise, du 30 juillet au 15 août : 11 de plus en 16 jours, soit 4,8 par semaine.

Selon nos calculs, la France bascule en crise sécheresse au rythme de 4,8 départements par semaine depuis le 30 juillet 2026, soit un peu plus vite que pendant le palier de fin juillet que nous avions pris pour un plafond. Le ralentissement, lui, a bien eu lieu : la vitesse a été divisée par plus de deux entre le cœur de l’été et la fin juillet. Il ne s’est simplement jamais transformé en recul, et c’est cet écart de lecture qui a rendu notre plateau trompeur.

Les deux vues ci-dessous portent le même jeu de relevés, lu de deux façons. Basculez de l’une à l’autre : le niveau raconte un record d’été, la pente raconte une décélération qui s’est arrêtée en route.

Le relevé du 30 juillet nous avait paru être un plafond ; seize jours plus tard, onze départements de plus ont basculé. Limite : relevés pris à une date donnée, les arrêtés préfectoraux évoluent chaque jour.
Le relevé du 30 juillet nous avait paru être un plafond ; seize jours plus tard, onze départements de plus ont basculé. Limite : relevés pris à une date donnée, les arrêtés préfectoraux évoluent chaque jour.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

La décélération de fin juillet ne s’est pas poursuivie : la reprise d’août tourne un peu plus vite que le supposé plateau. Calcul Actu Alt Plus : écart entre deux relevés divisé par le nombre de jours, multiplié par sept.
La décélération de fin juillet ne s’est pas poursuivie : la reprise d’août tourne un peu plus vite que le supposé plateau. Calcul Actu Alt Plus : écart entre deux relevés divisé par le nombre de jours, multiplié par sept.

Une précision de méthode, parce qu’elle change la lecture : un département est compté dès qu’une seule de ses zones passe en crise. Le compteur mesure donc l’extension du phénomène sur le territoire, pas son intensité dans chaque commune.

Onze départements de plus, et huit qui montent d’un cran

Le total ne suffit pas à comprendre d’où viennent ces onze bascules. Elles ne viennent pas de départements jusque-là épargnés : au 15 août, aucun des 96 départements métropolitains n’est indemne de restriction, ne serait-ce qu’en vigilance. Elles viennent des paliers du dessous, qui se vident vers le haut.

Les 101 départements suivis par VigiEau, palier par palier, du 30 juillet au 15 août 2026

Palier de restriction30 juillet15 aoûtÉcart sur seize jours
Crise6374+11
Alerte renforcée2315-8
Alerte770
Vigilance63-3
Aucun niveau publié220
Total suivi1011010

Tableau Actu Alt Plus, d’après nos relevés sur les données publiques VigiEau, 30 juillet et 15 août 2026. Limite : chaque département est classé à son niveau de gravité le plus élevé, et les arrêtés préfectoraux évoluent au jour le jour.

La lecture est mécanique. Onze départements entrent en crise pendant que l’alerte renforcée en perd huit et la vigilance trois : rien ne redescend, tout monte d’un cran. C’est aussi ce qui explique qu’un palier puisse sembler stable quelques jours et repartir ensuite, sans qu’une goutte de pluie ne soit tombée entre-temps.

Bassin de fontaine publique en pierre entièrement à sec sur une place de village, bec en laiton fermé, quelques feuilles au fond.
Au palier crise, seuls les usages prioritaires restent autorisés : l’eau d’agrément est la première coupée.

Ce que le palier crise interdit vraiment

Le mot crise n’est pas une figure de style : c’est le dernier des quatre paliers réglementaires, celui où seuls les usages prioritaires restent autorisés, à savoir l’eau potable, la santé, la sécurité civile et la salubrité. Concrètement, l’arrosage des pelouses est interdit, le lavage des véhicules aussi, y compris en station, comme le remplissage des piscines et le nettoyage des façades. Le détail des usages interdits par palier reste fixé par arrêté préfectoral, et l’infraction expose à une amende pouvant atteindre 1 500 euros pour un particulier.

Sous le même mot, les régimes diffèrent selon qui l’on est. Pour un particulier, la crise supprime des usages de confort. Pour une collectivité, elle impose de sécuriser l’alimentation en eau potable avant tout le reste. Pour un agriculteur, elle touche l’outil de travail : la presse agricole rappelle qu’en zone de crise, les prélèvements pour l’irrigation par aspersion comme par système localisé sont interdits, tandis que l’abreuvement des animaux reste autorisé et que le maraîchage, l’horticulture et les pépinières bénéficient de dérogations souvent limitées à la nuit.

Pourquoi un orage d’août ne lève pas une crise

La question revient à chaque averse : pourquoi le compteur ne redescend-il pas ? Parce que deux horloges tournent à des vitesses différentes. Les sols réagissent en quelques heures à une pluie d’orage, les nappes mettent des mois à se recharger, et ce sont elles que les arrêtés protègent en priorité. Au 1er août, le BRGM relevait 63 % des points d’observation sous les normales mensuelles et 94 % des niveaux en baisse, contre une majorité de situations satisfaisantes à la même date en 2025.

Une averse qui ruisselle sur un sol durci ne recharge presque rien. La recharge des nappes se joue en automne et en hiver, quand la végétation ne pompe plus et que l’évaporation faiblit. Tant que ce cycle n’a pas eu lieu, un préfet n’a aucune raison technique d’abaisser un palier, même après un épisode orageux spectaculaire.

Rampe d’irrigation à l’arrêt au-dessus d’un champ de maïs rabougri et fendillé, poussière en suspension, lumière rasante de fin de journée.
En zone de crise, l’irrigation par aspersion est interdite quand l’abreuvement des animaux reste autorisé.

Pourquoi les compteurs ne donnent pas le même chiffre

Vous avez peut-être lu 67, 72 ou 93 cette semaine. Les trois sont défendables, et c’est le dénominateur qui change. Un décompte du 9 août donnait 67 départements en crise et 21 en alerte renforcée, un relevé du 14 août en donnait 72, et le chiffre de 93 désigne les départements couverts par un arrêté sécheresse, tous paliers confondus, pas les seuls départements en crise.

Notre relevé du 15 août en compte 74 sur la même métrique que nos épisodes précédents. Trois précautions expliquent le reste des écarts. La base varie : 96 départements métropolitains, ou 101 avec l’outre-mer suivi. La date varie, et un arrêté suffit à déplacer le total. Enfin, l’outil a changé de nom en cours de route, Propluvia ayant cédé la place à VigiEau, qui référence les arrêtés préfectoraux avec leurs zones d’application, leurs niveaux de gravité et leurs dates de validité. Nous ne comparons donc que nos propres relevés entre eux, pris à la même source et sur la même définition, depuis notre point du 22 juillet.

Ce que vous pouvez vérifier chez vous cette semaine

Le palier de votre département ne dit pas le vôtre. Les restrictions s’appliquent par zone, parfois par commune, et deux communes voisines peuvent relever de deux régimes différents. La vérification prend une minute sur VigiEau, en saisissant le nom de la commune plutôt qu’en se fiant à la couleur du département.

Trois gestes suivent utilement cette vérification. Notez la date de fin de validité de l’arrêté qui vous concerne, car elle est publiée et elle est souvent plus courte qu’on ne le croit. Regardez la ligne consacrée aux potagers, presque toujours traitée à part des pelouses, y compris en crise. Et si vous relevez un compteur d’eau, notez-en l’index aujourd’hui : c’est la seule façon de savoir, en septembre, ce que ces restrictions auront changé chez vous.

Questions courantes

Combien de départements sont en crise sécheresse au 15 août 2026 ?
Notre relevé du 15 août sur les données publiques VigiEau compte 74 départements métropolitains dont au moins une zone atteint le palier crise, sur 96 suivis en métropole. Nous en comptions 63 le 30 juillet.

La sécheresse s’aggrave-t-elle encore ou s’est-elle stabilisée ?
Elle s’aggrave, mais moins vite qu’en juin. Selon nos calculs, 4,8 départements basculent en crise chaque semaine depuis le 30 juillet, contre 10,3 par semaine entre le 18 juin et le 22 juillet. Le rythme a été divisé par deux sans jamais s’inverser.

Qu’est-ce qui est interdit au palier crise ?
Seuls les usages prioritaires restent autorisés : eau potable, santé, sécurité civile, salubrité. Arrosage des pelouses, lavage des véhicules, remplissage des piscines et nettoyage des façades sont interdits, sous peine d’une amende pouvant atteindre 1 500 euros pour un particulier.

Pourquoi les médias ne donnent-ils pas tous le même nombre de départements ?
Parce que la date du relevé, le palier retenu et la base de comptage diffèrent. Un chiffre peut désigner les seuls départements en crise, un autre tous ceux couverts par un arrêté sécheresse, sur 96 départements métropolitains ou sur 101 avec l’outre-mer.

Un orage peut-il faire lever les restrictions ?
Rarement à lui seul. Les sols réagissent en quelques heures, les nappes en plusieurs mois, et ce sont les nappes que les arrêtés protègent en priorité. La recharge se joue en automne et en hiver, quand la végétation ne pompe plus.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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