
Publié le 3 juin 2026 · Mis à jour le 4 juin 2026 à 18h34
Quand le ciel s’est refermé au-dessus des océans, il y a 66 millions d’années, ce ne sont pas les gros qui ont gagné. Après l’impact de l’astéroïde Chicxulub, au large du Mexique, la lumière a chuté, la photosynthèse s’est effondrée, et les chaînes alimentaires marines ont commencé à casser par le bas. Dans cette longue panne de lumière, une question hante les scientifiques depuis longtemps : qui survit, et pourquoi ?
L’équipe de Rui Ying, à l’université de Bristol, vient d’apporter une réponse dans Nature, en faisant tourner un modèle d’écosystème océanique sur les cent premières années qui ont suivi l’impact. Le verdict tient en deux mots : la taille et la tolérance à l’obscurité ont fait la différence. Les organismes petits et frugaux ont traversé la catastrophe ; les plus gros, plus gourmands en énergie, ont disparu.

La logique est implacable. Quand la nourriture s’effondre, un petit organisme a besoin de très peu pour tenir ; un gros, lui, doit alimenter une grosse machinerie vivante, mission impossible dans le noir. Le modèle a même intégré une règle simple : un type de plancton s’éteint quand sa biomasse passe sous le poids d’un seul individu. Les gros atteignaient ce seuil bien plus vite.
Les planctons polaires, déjà habitués aux longues nuits hivernales et à des eaux pauvres, étaient les mieux armés pour endurer cette obscurité planétaire. Reconstituer ce tri d’il y a 66 millions d’années n’est pas qu’une curiosité de paléontologue : c’est une leçon sur la façon dont la vie encaisse, ou non, un choc brutal infligé à tout un écosystème, un peu comme on lit aujourd’hui d’autres adaptations extrêmes, de la mouche qui sacrifie sa vue aux galaxies que l’on voit se déformer.
Le travail repose sur une autre observation : la taille comptait autant que le mode de vie. En recoupant le registre fossile avec leur simulation, les chercheurs montrent que la règle « petit et sobre » s’applique largement, du plancton minuscule aux organismes plus volumineux, détaille l’université de Bristol.

Reste une image qui donne le vertige : la survie des océans, après la fin des dinosaures, ne s’est pas jouée chez les prédateurs spectaculaires, mais chez des êtres microscopiques, invisibles à l’œil nu, dont la modestie même fut le meilleur atout. La grande extinction a eu ses survivants discrets, et ce sont eux qui ont rebâti la suite.
En bref
Qui a le mieux survécu à l’extinction K-Pg dans les océans ?
Les petits planctons, surtout polaires, frugaux en énergie et tolérants à l’obscurité.
Pourquoi les gros organismes ont-ils plus souffert ?
Ils ont besoin de beaucoup plus d’énergie, intenable quand la photosynthèse s’effondre faute de lumière.
Comment l’a-t-on montré ?
Via un modèle d’écosystème océanique simulant les cent ans après l’impact de Chicxulub, publié dans Nature par l’université de Bristol.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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