
Publié le 3 juin 2026 · Mis à jour le 4 juin 2026 à 18h27
Dans une aciérie, l’essentiel de la chaleur s’échappe par la cheminée sans avoir tout donné. À Birmingham, un petit solide minéral vient remettre cette chaleur perdue au centre du jeu : il s’en sert pour fabriquer de l’hydrogène, à des températures bien plus basses qu’on ne le croyait possible.
Des chercheurs de l’université de Birmingham, menés par le professeur Yulong Ding, ont mis au point un catalyseur dit pérovskite, baptisé BNCF100, un mélange de baryum, niobium, calcium et fer. Publié dans l’International Journal of Hydrogen Energy, il sépare l’eau en hydrogène et oxygène dans une plage de 150 à 500 °C, soit jusqu’à 500 °C de moins que les procédés thermochimiques classiques.

Cet écart de température change tout. Casser la molécule d’eau réclame d’ordinaire une énergie considérable, donc une chaleur intense et coûteuse. En descendant à 150-500 °C, on entre dans la gamme de la chaleur dite « fatale », celle que les usines, les fours et les data centers rejettent en pure perte. Récupérer ce gisement pour produire un carburant propre, c’est transformer un déchet en ressource, une logique proche de celle qui pousse les villes à recycler la fraîcheur contre les îlots de chaleur.
Le catalyseur tient aussi la distance : il garde son efficacité sur dix cycles de production et se régénère, à plus haute température cette fois (700 à 1 000 °C). Reste l’étape la plus rude, passer du laboratoire à l’usine. L’université a déposé un brevet et cherche des partenaires industriels au Royaume-Uni et en Europe, pendant que la France mise, elle, sur une stratégie nationale d’hydrogène bas-carbone.
Pour situer l’enjeu : aujourd’hui, l’essentiel de l’hydrogène industriel est « gris », tiré du gaz fossile en rejetant du CO2. Les voies « propres » existent mais coûtent cher en énergie, ce qui freine leur essor. Abaisser autant la barre thermique rend envisageable une production adossée à de la chaleur déjà disponible, donc moins gourmande et moins émettrice, note la presse spécialisée. Les modèles qui simulent ces flux de chaleur et de fluides sont eux-mêmes en pleine remise en question.

L’hydrogène propre bute depuis des années sur son coût énergétique. Si le procédé se confirme à grande échelle, carburer à la chaleur perdue plutôt qu’à l’électricité chère pourrait déplacer une partie de l’équation. Le genre de petite pierre qui, parfois, finit par faire bouger tout l’édifice.
En bref
Qu’a mis au point l’équipe de Birmingham ?
Un catalyseur pérovskite (BNCF100, à base de baryum, niobium, calcium et fer) qui sépare l’eau en hydrogène entre 150 et 500 °C.
Pourquoi est-ce important ?
C’est jusqu’à 500 °C de moins que les procédés actuels, dans la gamme de la chaleur perdue des usines : de quoi produire un carburant propre à moindre coût énergétique.
Est-ce prêt pour l’industrie ?
Pas encore : le catalyseur tient dix cycles en laboratoire, un brevet est déposé, et l’université cherche des partenaires pour passer à l’échelle.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Grève easyJet : un préavis sans aucune date, et une loi qui ne prévient les passagers que 24 heures avant - 2
L’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à Montpellier - 3
Musées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les pièges - 4
Conseillers numériques : le budget passe de 40 à 14 millions d’euros, et les démarches bloquent toujours - 5
600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt
Nos dossiers
- France486
- Santé208
- Science207
- Prévention195
- Culture184
- Consommation178
- Biodiversité171
- IA149
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

