Un écran d’ordinateur affiche un rapport officiel aux rectangles noirs, l’un d’eux surligné à la souris, devant un data center aux tours de refroidissement fumantes

Au Nebraska, un simple copier-coller dévoile l’eau et l’électricité d’un data center de Google

Masqués au nom du secret commercial, les chiffres d’eau et d’électricité du data center de Google à Lincoln ont été révélés par un copier-coller. En France, la loi oblige aussi à les déclarer, mais ils restent cachés.

Sommaire
  1. Le fait
  2. Notre regard
  3. La nuance
  4. À surveiller

Décryptage

À Lincoln, la rédaction de la chaîne locale 10/11 a passé son curseur sur un rectangle noir d’un rapport officiel. Une fois copié dans un autre document, le texte masqué est réapparu (article de 10/11, 30 septembre 2026). Agate LLC, le data center de Google dans la capitale du Nebraska, déclare 52,65 mégawatts d’électricité en pointe. Il déclare aussi 13,299 millions de gallons d’eau sur un an, soit environ 50 300 mètres cubes.

Google avait classé ces deux chiffres secret commercial, en s’appuyant sur des lois du Nebraska qui le permettent. L’entreprise a fait de même pour ses trois sites de l’État, à Lincoln, Omaha et Papillion. Le secret tenait à un copier-coller.

Parmi les six data centers qui ont rendu leur rapport, le plus gourmand en eau est celui de Papillion, selon la chaîne. Le data center de Google à Papillion (Nebraska) a déclaré environ 2,07 millions de mètres cubes d’eau consommés en 2025, soit 3,6 fois les 575 000 m³ prélevés en 2024 par les centres de données des 23 opérateurs suivis par l’Arcep en France. Un gallon américain vaut 3,785 litres.

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Le fait

Le 20 juillet 2026, le gouverneur Jim Pillen a signé un décret qui oblige les data centers du Nebraska à déclarer eux-mêmes leur impact sur l’eau, le réseau électrique et les infrastructures locales (10/11, 20 juillet 2026). Les rapports étaient dus le 30 septembre au ministère de l’Eau, de l’Énergie et de l’Environnement de l’État. Ils sont consultables en ligne.

« Je ne suis pas ici pour parler d’un moratoire sur les data centers. Nous parlons simplement de faire ce qui est le mieux pour tous les Nébraskais, pour notre terre et pour notre eau. »

Jim Pillen, gouverneur du Nebraska

Les six data centers qui avaient rendu leur rapport au 30 septembre totalisent 765 millions de gallons d’eau sur l’année écoulée. Le même procédé a fait apparaître d’autres lignes masquées. Agate LLC attend un remboursement de 55 822 472 dollars sur ses taxes de 2025, au titre des exonérations de taxe sur les ventes du Nebraska Advantage Act. Le bâtiment couvre 288 530 pieds carrés, environ 26 800 m².

Les 13 millions de gallons de Lincoln remplissent une vingtaine de piscines olympiques, calcule 10/11. C’est moins de la moitié de l’eau consommée par la ville de Lincoln en une seule journée, le 29 septembre. Un jour de robinets contre une année de serveurs.

Et chez nous ?

Notre regard

En France, la même ligne de tableau existe, mais le public ne la voit pas. Depuis la directive européenne de 2023 sur l’efficacité énergétique, tout centre de données d’au moins 500 kW de puissance informatique déclare chaque année, avant le 15 mai, sa consommation d’énergie et son apport total en eau. Le code de l’énergie l’a transposé aux articles L.236-1 à L.236-3. Mais « les données individuelles transmises n’ont pas vocation à être communiquées », précise le ministère de la Transition écologique. Seuls des agrégats sortent.

Le chiffre public le plus proche vient de l’enquête annuelle de l’Arcep, le régulateur des télécoms. Les 23 opérateurs de colocation qu’elle suit ont prélevé 575 000 m³ d’eau en 2024, presque toute potable (Localtis, 27 mai 2026). Ils ont consommé 2,7 TWh d’électricité, en hausse de 38 % en trois ans.

Ramenés à la même unité, les volumes déclarés au Nebraska dépassent tout l’échantillon français.

Site ou périmètreEau déclaréeEn mètres cubesPériode
Google, Lincoln (Agate LLC)13,299 millions de gallonsenviron 50 300un an
Google, Papillion (Fireball Group LLC)547,88 millions de gallonsenviron 2 074 0002025
Six data centers du Nebraska765 millions de gallonsenviron 2 896 000année écoulée
France, 23 opérateurs suivis par l’Arcep575 000 m³ prélevés575 0002024

Pour l’électricité, l’écart s’inverse. RTE compte environ 300 data centers en France en 2026, pour près de 10 TWh par an, environ 2 % de la consommation nationale. Près de 18 GW de demandes de raccordement sont signées, pour quelque 80 projets. La majorité demande entre 100 et 200 MW, soit deux à quatre fois la pointe déclarée à Lincoln.

La nuance

Ces chiffres ne se comparent pas terme à terme. L’Arcep compte l’eau prélevée par des opérateurs de colocation, sans les géants du cloud. Ses 2,7 TWh pèsent un peu plus du quart des 10 TWh estimés par RTE pour l’ensemble du parc.

Le rapport de Lincoln additionne l’eau des tours de refroidissement, des systèmes de refroidissement par évaporation et des opérations du site. Les 52,65 MW mesurent une pointe, la puissance appelée au moment le plus chargé, et non une consommation sur l’année.

Google a invoqué un droit prévu par la loi de l’État. Le défaut tenait au fichier PDF : les rectangles noirs couvraient le texte sans l’effacer, un peu comme un post-it collé sur un écran. L’article de 10/11 ne rapporte aucune réaction de Google.

À surveiller

10/11 a déposé le 30 septembre une demande d’accès aux documents publics pour obtenir la version complète du rapport d’Agate LLC. La réponse de l’État dira si ces chiffres peuvent rester confidentiels.

En France, la prochaine enquête de l’Arcep intégrera des données collectées auprès des fournisseurs de services cloud, annonçait le régulateur le 21 mai 2026. Les projets d’IA qui se raccordent devront aussi se déclarer sur la plateforme européenne. Leur construction bute déjà sur le recrutement d’électriciens. Leurs chiffres partiront à Bruxelles avant le 15 mai 2027, sans rectangle noir à surligner.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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Hugo

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