Deux bisons d’Europe dans une clairière de forêt de feuillus, l’un appuyé contre un jeune arbre penché.

En Cumbria, cinq bisons d’Europe remplacent les tronçonneuses sur 283 hectares clôturés

Cinq bisons d’Europe circulent depuis 2026 sur 283 hectares clôturés en Cumbria. Quatre ans de suivi dans le Kent donnent un bilan plus contrasté que la légende du retour.

Au nord de Carlisle, un taureau de bison pousse un arbre jusqu’à ce qu’il cède. Le domaine de Castletown a lâché cinq bisons d’Europe au premier semestre 2026 dans un enclos de 700 acres, entre les rivières Eden et Esk, en Cumbria. Les bisons du Kent sont les premiers à circuler en liberté en Grande-Bretagne depuis 6 000 ans, écrit la fiche de Rewilding Britain, qui précise que le bison d’Europe n’y est pas natif : il y remplace un proche parent éteint. Les cinq animaux arrivent du Kent, où des bisons travaillent en forêt depuis juillet 2022.

Le troupeau relève du programme Solway Wild Lands, qui confie à de grands herbivores et à des castors le soin de remodeler une partie du domaine. Le gestionnaire du site, Toby Mounsey-Heysham, attend d’eux qu’ils défoncent le sous-bois et ouvrent une forêt à plusieurs étages. Le taureau a déjà renversé des arbres d’une taille respectable, et de nouvelles graminées poussent dans les trouées (la dépêche sur le troupeau). En faisant tomber les arbres eux-mêmes, les animaux dispensent d’engins lourds, relève la synthèse d’Arbtech. Des castors occupent le domaine de Castletown depuis un an.

Ce que quatre ans de suivi ont mesuré dans le Kent

Le projet Wilder Blean a lâché trois femelles en juillet 2022 dans les bois de West Blean et Thornden, près de Canterbury, avec le Wildwood Trust. Le troupeau a grandi depuis, plusieurs veaux étant nés sur place. Le projet couvre 415 hectares selon Rewilding Britain, découpés en trois zones comparées. Dans la première, les bisons accompagnent des poneys Exmoor et des porcs. La deuxième réunit des bovins Longhorn, des poneys et des porcs. La troisième, la zone témoin, ne reçoit aucun animal.

Le suivi mené de 2021 à 2024 ne donne pas le résultat attendu. Les papillons sont les plus nombreux dans la zone pâturée par les bovins, les poneys et les porcs : plus de quatre fois plus d’individus que dans la zone témoin. Sur l’ensemble des invertébrés piégés à Wilder Blean, l’ordre s’inverse. La zone témoin arrive devant, les zones à bétail suivent, et la zone à bisons ferme la marche, un retard que le Trust attribue à son emplacement dans une plantation de conifères (le programme de suivi de Blean). Les reptiles reculent partout sur le site, sauf là où les porcs sont passés.

Le bouleau et la fougère aigle dominent dans les zones pâturées, le châtaignier dans la zone témoin. Les jeunes pousses sont plus fréquentes là où les gros herbivores passent, probablement parce qu’ils éclaircissent la canopée et laissent tomber la lumière au sol. Ailleurs en Angleterre, les comptages vont plus vite : sur la ferme laitière de Heal, dans le Somerset, les espèces d’oiseaux relevées sont passées de 67 à 94 en trois ans. Ces 190 hectares n’ont pas de bison : la production laitière y a cessé en 2023, des castors y ont été réintroduits et des cochons y vivent en liberté.

Tronc de feuillu largement écorcé à hauteur d’animal, avec une cuvette de sable nu dans la litière au premier plan.
L’écorçage et les bains de sable sont les deux gestes par lesquels le bison ouvre le couvert forestier.

Un herbivore qui travaille à l’écorce et au bain de poussière

Selon Rewilding Britain, l’écorçage ouvre des trouées dans le couvert forestier. Les bains de sable que les animaux creusent en se roulant au sol fabriquent des habitats pour les plantes pionnières, et les bisons recherchent les clairières et les plaines herbeuses pour se nourrir. Voilà le contenu concret de l’expression « ingénieur d’écosystème » : l’animal produit sans contrat ce que la gestion forestière obtient à la tronçonneuse.

Le bison d’Europe, Bison bonasus, est le parent vivant le plus proche du bison des steppes qui fréquentait la Grande-Bretagne préhistorique. Il se distingue du bison d’Amérique, celui des montagnes de crânes photographiées au Michigan. L’espèce a frôlé l’extinction en Europe et n’a été sauvée que par un zoo polonais, toujours selon Rewilding Britain. Au Royaume-Uni, la loi le range dans la même catégorie que les grands prédateurs, au titre du Dangerous Wild Animals Act de 1976 (la synthèse des lâchers britanniques). L’animal mange de l’herbe et de l’écorce.

Et chez nous ?

En Lozère, le bison vit derrière une clôture

En France, les bisons d’Europe vivent en semi-liberté sur plus de 200 hectares clos en Margeride, en Lozère ; en Cumbria, cinq animaux disposent depuis 2026 de 700 acres, soit environ 283 hectares. La réserve de Sainte-Eulalie se visite en calèche, ou en traîneau l’hiver : un parc animalier, pas une forêt rendue à elle-même.

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Cinq bisons pour 283 hectares clôturés. L’enclos de Cumbria tient dans un domaine de 5 000 acres, soit 2 023 hectares, dont le reste nourrit des milliers de bovins et d’ovins. Les 283 hectares clôturés représentent près de quatre cents terrains de football.

Trois sites britanniques et un français, quatre régimes différents.

Quatre sites de réensauvagement comparés : le bison britannique dispose d’une forêt, le bison français d’un parc de visite.
SiteSurfaceGrands herbivoresDepuisRégime
West Blean et Thornden Woods (Kent)415 haBisons, poneys Exmoor, porcs, bovins LonghornJuillet 2022Trois zones comparées, expérience de gestion
Castletown Estate (Cumbria)283 ha clos dans 2 023 haCinq bisons, castors2026Troupeau reproducteur en libre parcours
Heal Somerset190 haPas de bison2023Arrêt de la production laitière
Réserve de Sainte-Eulalie (Margeride, Lozère)Plus de 200 haBisons d’Europen.d.Parc animalier, semi-liberté

À partir de 2026, Kent Wildlife Trust renforce le comptage des invertébrés avec l’université du Kent, sur une grille de pièges étendue à tout le site. Les prochains relevés diront si la zone à bisons rattrape la zone témoin.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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