Une monoplace rouge des années 1950 garée sur le virage relevé d’un vieil autodrome italien, dans la brume du matin

Italie, 73 ans sans champion de F1 : pourquoi il a fallu attendre Antonelli

Des morts, un serment d’Enzo Ferrari, un titre perdu face à Prost : le récit de la longue disette italienne en F1, close par un pilote Mercedes.

Récit

Il a suffi d’une troisième place à Mexico, derrière Max Verstappen et Lewis Hamilton. Le 1er novembre 2026, Kimi Antonelli est devenu le premier pilote italien champion du monde de F1 depuis Alberto Ascari en 1953, au terme de 73 ans d’attente. Pourquoi si longtemps ? Parce que la course a tué ses héros, que ses constructeurs ont quitté la F1 et qu’Enzo Ferrari a juré, selon Mario Andretti, de ne plus engager d’Italien.

À 20 ans, Antonelli est aussi le plus jeune champion de l’histoire, et il l’a fait sur une Mercedes.

Pourquoi l’Italie a-t-elle attendu 73 ans ?

D’abord parce que la course a tué ses champions. Alberto Ascari, sacré sur Ferrari en 1952 et 1953, se tue à Monza le 26 mai 1955 lors d’un essai. Quatre jours plus tôt, il avait plongé avec sa Lancia dans le port de Monaco et s’en était sorti avec le nez cassé. Il avait 36 ans et 10 mois, l’âge exact de son père Antonio, tué en 1925 en tête du Grand Prix de France à Montlhéry. Superstitieux, Alberto refusait de courir le 26 du mois. Il est mort un 26.

Avec Giuseppe Farina, premier champion en 1950 sur Alfa Romeo, il formait toute la liste des champions italiens. Luigi Musso meurt à son tour sur Ferrari au Grand Prix de France 1958, à Reims. Le journal du Vatican, L’Osservatore Romano, compare alors la course automobile au dieu Saturne qui « continue de dévorer ses propres enfants », rapporte l’agence AP.

Ensuite parce que l’industrie s’est vidée. Faute d’argent, Alfa Romeo, Lancia et Maserati quittent la F1 : en 1960, Ferrari est le seul constructeur italien. Enzo Ferrari raille les petites écuries britanniques, ces « garagistes » installés au fond d’un atelier. Leurs voitures légères, moteur derrière le pilote, dominent dès la fin des années 1950.

Le tournant date du 7 mai 1967. À Monaco, Lorenzo Bandini brûle dans sa Ferrari et meurt trois jours plus tard. « Enzo Ferrari a juré après la mort de Bandini qu’il n’engagerait plus jamais de pilote italien », a raconté Mario Andretti en 2025, cité par l’AP. Depuis, un seul Italien a couru une saison complète en rouge : Michele Alboreto.

Chronologie

  1. Alberto Ascari se tue à Monza lors d’un essai.

  2. Luigi Musso meurt sur Ferrari au Grand Prix de France, à Reims.

  3. Lorenzo Bandini succombe trois jours après son accident de Monaco.

  4. Giancarlo Fisichella court à Monza sur Ferrari, dernier Italien à le faire.

  5. Parti 19e, Kimi Antonelli gagne à Monza.

  6. Troisième à Mexico, Antonelli est sacré champion du monde sur Mercedes.

Alboreto, Patrese, Fisichella : les occasions manquées

Michele Alboreto rejoint Ferrari en 1984 et gagne dès Zolder. En 1985, il mène le championnat jusqu’à Zandvoort. Puis il n’achève aucune des cinq dernières courses, trahi par la mécanique. Il finit deuxième, à 20 points d’Alain Prost.

L’AP range Riccardo Patrese, six victoires, parmi les occasions manquées de Ferrari. Giancarlo Fisichella, lui, est appelé en 2009 pour remplacer Felipe Massa blessé : cinq courses, zéro point. Il reste le dernier Italien à avoir piloté une Ferrari en Grand Prix.

De 1968 à 2025, les pilotes italiens ont gagné 19 Grands Prix, dont 3 seulement au volant d’une Ferrari, tous signés Alboreto. Les années 1950 en comptaient 21 à elles seules, les années 2010 aucune.

La courbe chute après les années 1950, remonte dans les années 1980 puis tombe à zéro dans les années 2010 ; les 9 victoires de 2020-2026 sont toutes d’Antonelli.
La courbe chute après les années 1950, remonte dans les années 1980 puis tombe à zéro dans les années 2010 ; les 9 victoires de 2020-2026 sont toutes d’Antonelli.
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Pourquoi le sacre vient-il de Mercedes ?

Parce que Ferrari aurait écarté Antonelli enfant, avant qu’il ne rejoigne Mercedes, selon l’AP. Formé hors de la filière rouge, il a gagné neuf courses en 2026, un record italien sur une saison qui appartenait à Ascari, selon Reuters.

Le 6 septembre, parti 19e, il a gagné à Monza devant son public. Aucun Italien n’y avait gagné depuis Ludovico Scarfiotti en 1966. Le titre est acquis avant les dernières courses de 2026, à commencer par São Paulo, du 6 au 8 novembre.

Alberto Ascari garde un record italien : 13 victoires en Grand Prix, quatre de plus qu’Antonelli.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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