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Deux jeunes parents, le même enfant à confier, la même angoisse de la liste d’attente. Mais selon la commune où ils habitent, l’un trouve une solution d’accueil à moins d’un quart d’heure, l’autre fait le tour des nounous d’un canton entier sans rien décrocher. Cette fracture n’est plus une impression : la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques la chiffre, territoire par territoire, dans une étude publiée le 21 mai 2026. Et le message est limpide : pour une place en crèche ou chez une assistante maternelle, ce n’est pas seulement combien il en manque qui compte, c’est où vous vivez.
En bref
- Dans une petite ville, un tout-petit a accès à 61 places pour 100 enfants à moins de 15 minutes ; dans une campagne très isolée, à 31,1 seulement.
- Le taux de couverture national progresse, de 58,9 % en 2017 à 60,3 % en 2022, mais surtout parce qu’il y a moins d’enfants à accueillir.
- La France a perdu 46 500 places sur la période, l’effondrement des assistantes maternelles n’étant compensé qu’à moitié par les crèches.
- La campagne à habitat très dispersé est le seul territoire en recul, avec une place de moins pour 100 enfants.
Pour le mesurer, la DREES a forgé un outil qui colle au quotidien des familles : l’accessibilité potentielle localisée, ou APL. Le principe est concret. On ne compte pas seulement les places existantes dans une commune, on additionne toutes celles qui se trouvent à moins de quinze minutes en voiture, puis on les rapporte à cent enfants de moins de trois ans. Une place voisine, même dans le village d’à côté, compte donc vraiment, parce que c’est ainsi qu’un parent cherche : dans un rayon, pas dans un seul clocher. L’étude s’appuie sur les données de l’enquête nationale sur les modes de garde et couvre toutes les communes, hors Mayotte. Elle ne regarde que l’accueil chez les assistantes maternelles et en établissements collectifs, qui représentent à eux seuls 91 % des solutions d’accueil. À ce périmètre, la moyenne nationale tombe à 54,8 places pour 100 enfants en 2022, un repère utile pour jauger sa propre commune.

L’endroit où vous habitez décide
C’est en croisant cet indicateur avec le type de commune qu’apparaît l’écart le plus parlant. Voici, pour cent enfants, le nombre de places joignables en un quart d’heure selon le territoire en 2022.

Le contraste se lit d’un coup d’oeil : 61 places dans une petite ville, à peine plus de 31 dans une campagne à habitat très dispersé. En clair, à besoin identique, un tout-petit de petite ville dispose de pratiquement deux fois plus de solutions à portée de voiture qu’un enfant né au fond d’une vallée. La même demande, deux réponses, et c’est l’adresse qui tranche.
Cette géographie ne suit pas les clichés. La DREES situe les territoires les mieux pourvus sur la façade ouest, en Pays de la Loire, en Bretagne et en Normandie, ainsi que dans l’est, en Bourgogne-Franche-Comté et en Alsace, portés par un solide réseau d’assistantes maternelles. À l’inverse, l’Occitanie, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Corse passent sous la moyenne nationale. Chacun peut situer sa commune sur cette carte mouvante, et comprendre pourquoi la recherche de place a été un calvaire ici, une formalité ailleurs.
Une moyenne qui monte, un fossé qui s’élargit
Au niveau national, la statistique semble bonne. Le taux de couverture par l’ensemble de l’offre formelle est passé de 58,9 places pour 100 enfants en 2017 à 60,3 en 2022. Sauf que cette embellie est en trompe-l’oeil. Sur la même période, le pays a perdu 46 500 places, soit un recul de 3,4 %. Si le taux grimpe quand même, c’est parce que le nombre d’enfants de moins de trois ans a chuté plus vite encore, de 6,6 %. Autrement dit, la couverture s’améliore moins parce qu’on crée des places que parce qu’il y a moins de bouches à accueillir.
Derrière cette mécanique, deux mouvements opposés. Les assistantes maternelles, longtemps colonne vertébrale de l’accueil individuel, ont vu leur capacité fondre de 86 200 places, sous l’effet des départs en retraite et d’une crise des vocations. Les crèches, elles, ont gagné 58 300 places. Le collectif n’a donc rattrapé qu’une partie du terrain perdu par l’individuel, et pas là où il aurait fallu. Car les campagnes les plus dispersées, celles qui dépendaient le plus des nounous, n’ont quasiment pas profité de l’ouverture de structures collectives.

Le résultat, c’est une fracture qui se creuse au lieu de se résorber. Entre 2017 et 2022, l’accessibilité a progressé en moyenne de 1,6 place pour 100 enfants, mais cette hausse a surtout bénéficié aux petites villes et aux bourgs ruraux, déjà parmi les mieux dotés. La campagne à habitat très dispersé, elle, est la seule catégorie de territoire où l’offre recule, avec une place perdue pour cent enfants. Les familles les plus isolées encaissent ainsi une double peine : moins d’assistantes maternelles, et presque aucune crèche pour prendre le relais. Ce constat tombe au moment où les communes deviennent, depuis janvier 2025, responsables de l’organisation de l’accueil du jeune enfant. Pour beaucoup de territoires ruraux, l’équation ressemble à un défi à mains nues. Dans les villes, des parents avaient déjà appris à monter des plans B solidaires pour faire face aux imprévus de garde ; à la campagne isolée, ces solidarités de proximité deviennent vite la seule maille de filet.
Questions courantes
C’est quoi l’accessibilité potentielle localisée (APL) ?
Un indicateur de la DREES qui mesure, pour 100 enfants d’une commune, le nombre de places d’accueil situées à moins de 15 minutes en voiture. Il colle au quotidien des parents, qui cherchent dans un rayon, pas dans une seule commune.
Quel est l’écart entre ville et campagne ?
En 2022, une petite ville offrait 61 places pour 100 enfants à moins d’un quart d’heure, contre 31,1 dans une campagne à habitat très dispersé : presque deux fois moins.
Le taux de couverture s’améliore-t-il vraiment ?
En apparence oui, de 58,9 % en 2017 à 60,3 % en 2022. Mais cette hausse vient surtout de la baisse du nombre d’enfants, pas d’une création de places : le pays a au contraire perdu 46 500 places sur la période.
Quelles régions sont les mieux dotées ?
La façade ouest (Pays de la Loire, Bretagne, Normandie) et l’est (Bourgogne-Franche-Comté, Alsace), grâce à un fort réseau d’assistantes maternelles. L’Occitanie, PACA et la Corse restent sous la moyenne nationale.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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