
À première vue, on dirait une blague née d’internet. Des adultes se réunissent au bord de l’eau ou dans un parc, respirent ensemble, puis se mettent à hurler face au ciel. Pourtant, les scream clubs racontés par AP News et la vidéo de l’AP Newsroom ne sont pas seulement un gag viral. Ils mettent en scène une forme de relâchement collectif très lisible à l’époque du stress continu. — à lire aussi : Coachella ne montre plus seulement de la musique : quand Euphoria y débarque en p….
Le contraste fait toute la force du sujet. On voit des gens crier ensemble, puis rire, souffler, discuter, regarder l’eau ou la ville autrement. Ce n’est pas une performance artistique très fermée, ni un cours de bien-être très codé. C’est un micro-rituel qui tient dans un geste enfantin, absurde et immédiatement compréhensible : sortir du bruit intérieur en faisant du bruit ensemble.
Ce qui séduit n’est pas seulement le cri, mais le cadre collectif qui l’autorise
Le mouvement commence à prendre une vraie géographie. La carte officielle de Scream Club montre des chapitres dans plusieurs villes, pendant que la page des événements insiste sur des rendez-vous extérieurs, des breathworks et une logique de communauté plus que de simple défouloir ponctuel. Le sujet devient alors moins étrange qu’il n’en a l’air : beaucoup de gens ne cherchent pas une théorie, mais un endroit où relâcher quelque chose sans devoir l’expliquer trop longtemps.

C’est là que le phénomène devient culturel plutôt que seulement émotionnel. Les scream clubs donnent une forme commune à une fatigue très privée. On n’y vient pas forcément pour guérir quoi que ce soit. On y vient parfois parce qu’on a perdu un emploi, parce qu’on se sent saturé, parce qu’on n’arrive plus à évacuer ou parce qu’on a besoin d’une permission un peu ridicule pour décrocher de la retenue ordinaire, comme le raconte encore le Spotlight de l’Associated Press.
Le plus intéressant, c’est peut-être que le sujet ne tient pas seulement au cri. Il tient au avant et au après : respiration guidée, compte à rebours, cri collectif, puis retour au calme et sensation de lien. La scène a la simplicité d’un rituel. C’est probablement pour cela qu’elle circule si bien : on peut la raconter en une phrase, mais elle touche un besoin plus profond que la seule envie de faire n’importe quoi dans un parc.
Pourquoi il faut garder la tête froide malgré l’effet de soulagement
Il y a tout de même une limite importante. Le cri collectif n’est pas une thérapie validée à lui seul. L’AP cite une psychiatre de Harvard expliquant que la recherche n’a pas montré que le primal scream therapy était un traitement efficace des troubles mentaux, et The Guardian rappelait déjà en 2022 le peu de preuves en faveur de bénéfices durables pour la santé mentale.
Cela ne rend pas le phénomène vide pour autant. Cela le replace à son bon endroit. Les scream clubs ressemblent moins à une réponse clinique qu’à une soupape sociale, un moment de décompression partagé, parfois très efficace sur l’instant, mais qui ne remplace ni le soin, ni la parole, ni d’autres outils plus éprouvés quand la souffrance est plus lourde.

Au fond, c’est sans doute cela qui rend la tendance aussi racontable. Elle mêle une scène franchement folle à un besoin très banal : trouver une façon d’évacuer la pression quand on a l’impression que tout le monde serre les dents en silence. Le scream club devient alors une petite cérémonie de désencombrement émotionnel, entre rire, gêne et vrai soulagement passager.
On peut continuer à trouver l’idée un peu absurde. Mais il suffit de voir un groupe crier puis souffler ensemble pour comprendre que l’absurdité n’est peut-être pas le mauvais mot. Le bon mot, c’est peut-être rituel.
Article créé en collaboration avec l’IA.




