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Le 12 octobre 2026, à Stockholm, l’Académie royale des sciences de Suède a décerné le Nobel d’économie 2026 aux Américains Robert E. Hall et Michael Woodford, qui ont rebâti les modèles guidant les banques centrales. Le motif officiel salue leurs « fondements microéconomiques de la stabilisation macroéconomique » (traduction du communiqué de l’Académie). L’idée : partir des choix de millions de ménages et d’entreprises, qui regardent l’avenir, pour prévoir l’effet d’une baisse de taux ou d’impôt. Chacun des deux lauréats du Nobel d’économie 2026 touche 6 millions de couronnes suédoises, soit 537 273 euros au taux de référence de la BCE du 9 octobre 2026.
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Robert E. Hall, né en 1943 à Palo Alto, en Californie, est professeur d’économie à l’université Stanford. Michael Woodford, né en 1955 à Chicopee, dans le Massachusetts, enseigne à l’université Columbia, à New York. Tous deux ont passé leur doctorat au Massachusetts Institute of Technology, en 1967 et en 1983. Leur prix referme le calendrier des Nobel 2026, ouvert le 5 octobre par la médecine.
Alfred Nobel n’avait rien prévu pour l’économie. La Banque de Suède a créé ce prix en 1968, et l’Académie royale des sciences le décerne selon les mêmes principes que la physique ou la chimie. C’est le 58e prix d’économie depuis 1969 : il compte désormais 101 lauréats, dont trois femmes (chiffres de nobelprize.org).
Qu’ont découvert Robert Hall et Michael Woodford ?
Tout part d’un échec : pendant les chocs pétroliers des années 1970, les modèles keynésiens prescrivent des relances qui ne font pas reculer le chômage et emballent l’inflation. L’Occident vit alors de longues années de croissance faible, de chômage montant et d’inflation élevée (dossier de vulgarisation de l’Académie). Ces modèles reposaient sur des liens statistiques entre grandes variables, devenus alors bien plus instables que prévu.
En 1978, Robert Hall retourne le problème. Si un ménage dépense selon ce qu’il attend de l’avenir, il ne change sa consommation qu’à l’arrivée d’une information nouvelle, donc imprévisible. Les données lui donnent raison. En 1982, avec Fredric Mishkin, il montre sur des données de ménages qu’environ 80 % d’entre eux suivent cette logique, les autres vivant au jour le jour.
Michael Woodford assemble l’édifice dans un livre de 2003, Interest and Prices. Son modèle tient en trois équations : la consommation selon Hall, des entreprises qui ne peuvent pas changer leurs prix à tout instant, et une banque centrale qui pilote un taux d’intérêt plutôt que la quantité de monnaie. Il y ajoute l’écart de production, qui mesure la pression de la demande. « Avec [ces modèles], nous sommes mieux armés face aux chocs, comme les crises de l’énergie ou les changements soudains de consommation des ménages », résume John Hassler, président du comité du prix.
La chaîne YouTube officielle Nobel Prize a diffusé l’annonce en direct depuis Stockholm.
Concrètement, que disent leurs travaux de votre quotidien ?
Ils expliquent d’abord pourquoi vos prix bougent lentement : de 2010 à 2019, un prix de détail de la zone euro, hors soldes et hors énergie, ne changeait typiquement qu’une fois tous les douze mois, dix-sept dans les services. Le réseau PRISMA de la BCE l’a mesuré sur 135 millions de relevés de prix dans 11 pays. C’est la friction que le modèle de Woodford place au cœur de l’inflation. Une entreprise qui gardera son prix des mois le fixe en pensant à ses coûts futurs.
| Produits | Part des prix révisés chaque mois | Durée typique d’un prix |
|---|---|---|
| Ensemble (hors énergie) | 8,5 % | 12 mois |
| Services | 6 % | 17 mois |
| Alimentation transformée | 10 % | 10 mois |
Ces prix rarement révisés expliquent aussi qu’une décision de la Banque centrale européenne mette du temps à se voir. Selon un calcul simple du même réseau, une hausse de 1 % des coûts de toutes les entreprises ne donnerait que 0,65 % d’inflation sur les douze mois suivants. Parmi les modèles qui épaulent ses projections, la BCE utilise un modèle « microfondé », où ménages et entreprises anticipent et où prix et salaires sont rigides. Pour l’Académie, chaque fois qu’une banque centrale fixe son taux, un calcul de cette famille entre dans la décision.
Les banquiers centraux parlent beaucoup, et c’est voulu. Puisque ménages et entreprises décident en regardant devant eux, annoncer la trajectoire des taux agit déjà sur l’économie : pour l’Académie, une communication claire et crédible est devenue « vitale » pour une banque centrale. Le travail de Hall touche aussi votre budget. Un coup de pouce fiscal jugé temporaire est plutôt épargné ; perçu comme durable, il est bien davantage dépensé (dossier scientifique du comité).
Combien touchent Robert Hall et Michael Woodford ?
Série AAP
AAP chiffrait à 530 012 euros la moitié d’un prix Nobel 2026, le 29 septembre. La couronne s’est raffermie depuis : 11,1675 couronnes pour un euro au taux de référence de la BCE du 9 octobre, contre 11,3205 le 28 septembre. Chaque moitié y gagne 7 261 euros.
Le prix de 12 millions de couronnes se partage à parts égales, comme pour les 21 prix d’économie attribués à deux lauréats depuis 1969 ; 26 n’en ont eu qu’un seul, 11 en ont eu trois.
Robert E. Hall et Michael Woodford recevront leur médaille le 10 décembre 2026, à Stockholm. La Banque de Suède, qui finance leur prix, prépare elle-même ses décisions de taux avec un modèle de cette famille, baptisé MAJA.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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