Smartphone posé sur un quai de port breton au crépuscule, écran illisible, drapeau à bandes noires et blanches et hermines flottant à côté.

Pourquoi le drapeau breton n’aura probablement jamais son emoji

Le consortium Unicode n’accepte plus aucune proposition de drapeau, et refuse d’office les régions sans code ISO. Nous avons compté les 262 drapeaux du clavier : 259 pays, 3 subdivisions britanniques, zéro région.

Sommaire
  1. Qui décide qu’un emoji existe ?
  2. Pourquoi le drapeau breton n’est-il pas éligible ?
  3. Comment les drapeaux entrent-ils, alors ?
  4. Et l’Angleterre, l’Écosse, le pays de Galles ?
  5. Combien d’emojis sont retenus chaque année ?
  6. Que peut faire une région à qui la norme dit non ?

Questions-réponses

Il y a, dans le clavier de votre téléphone, deux cent cinquante-neuf drapeaux, et pas un seul qui ne soit celui d’un État ou d’un territoire. Le Gwenn-ha-du n’y est pas, et le message d’un artiste posté un soir d’août n’y changera sans doute rien : la porte n’est pas fermée à la Bretagne en particulier, elle est fermée à tous les drapeaux. Nous avons ouvert les règles de dépôt du consortium Unicode et le fichier qui recense les drapeaux encodés pour compter ce qui passe, ce qui est passé une fois, et ce qui ne passera plus.

Qui décide qu’un emoji existe ?

Le consortium Unicode, organisation américaine à but non lucratif qui tient la norme d’encodage des caractères. Ses règles de dépôt, mises à jour le 11 août 2026, décrivent une fenêtre annuelle : les soumissions ont rouvert le 2 avril 2026, se sont closes le 31 juillet 2026, et la page annonce une réouverture en 2027, avec réponse aux déposants au plus tard le 30 novembre 2026. Un dossier doit y démontrer la fréquence d’usage attendue et la lisibilité du signe à très petite taille. La page prévient qu’il ne faut pas justifier un emoji parce qu’il servirait une cause.

Pourquoi le drapeau breton n’est-il pas éligible ?

Parce que la catégorie entière est close. La liste des propositions automatiquement refusées comporte une entrée « Flags » et une phrase sans échappatoire : « The Unicode Consortium will no longer accept proposals for flags », le consortium n’acceptera plus de propositions de drapeaux. Quelques lignes plus haut, le même document range parmi les refus automatiques les « drapeaux de région sans code ISO 3166 ». La Bretagne n’a pas de code ISO 3166-1 : il ne lui reste ni la porte automatique, ni celle du dépôt. La nuance déplace le sujet, car le refus de 2020 opposé à la campagne bretonne, rappelé par la radio publique régionale, n’était pas un arbitrage sur la Bretagne mais l’application d’une règle de nomenclature.

Comment les drapeaux entrent-ils, alors ?

Par un guichet automatique réservé aux États et territoires. « Les drapeaux qui correspondent à des codes de région ISO 3166-1 alpha-2 officiellement assignés sont ajoutés automatiquement, sans proposition nécessaire », écrit le consortium. Aucun comité ne vote le drapeau français : il existe parce que la France possède le code FR, et le clavier le fabrique en accolant deux lettres-indicateurs. Le fichier de référence des séquences, daté du 25 juillet 2025 et livré avec Unicode 17.0, en recense 259.

Et l’Angleterre, l’Écosse, le pays de Galles ?

Ce sont les trois exceptions, et elles ne s’ouvrent à personne d’autre. Ces drapeaux-là ne passent pas par les codes pays mais par un mécanisme distinct, les séquences de tags, qui épelle un code de subdivision ISO 3166-2. Le fichier n’en retient que trois, tous britanniques, tous datés de la version E5.0 publiée en 2017. Neuf ans plus tard, la liste n’a pas bougé d’une ligne.

Mis côte à côte, ces trois régimes d’admission forment l’inventaire réel du clavier.

Sur les 262 drapeaux encodés, 259 tiennent à un code pays ISO 3166-1 et 3 à une exception britannique figée depuis 2017 : la case des autres régions est vide par construction, et la règle de dépôt en vigueur au 11 août 2026 ne permet plus de la remplir. Limite de lecture : le décompte porte sur les séquences recommandées pour l’échange (RGI) et exclut les drapeaux dépréciés ainsi que les macrorégions, hors Nations unies et Union européenne.
Sur les 262 drapeaux encodés, 259 tiennent à un code pays ISO 3166-1 et 3 à une exception britannique figée depuis 2017 : la case des autres régions est vide par construction, et la règle de dépôt en vigueur au 11 août 2026 ne permet plus de la remplir. Limite de lecture : le décompte porte sur les séquences recommandées pour l’échange (RGI) et exclut les drapeaux dépréciés ainsi que les macrorégions, hors Nations unies et Union européenne.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Lecture en une phrase : sur 262 drapeaux encodés, trois désignent une subdivision, et la case où se rangeraient la Bretagne, la Corse ou la Catalogne est vide par construction. Le tableau reprend la compilation avec la règle appliquée à chaque famille.

Drapeaux emoji encodés dans Unicode 17.0, par régime d’admission (emoji-sequences.txt, 25 juillet 2025)
Famille de drapeauxRègle d’admissionNombre encodé
Pays et territoiresAjout automatique dès qu’un code ISO 3166-1 alpha-2 est assigné259
Subdivisions (Angleterre, Écosse, pays de Galles)Séquences de tags sur code ISO 3166-2, figées depuis 20173
Autres régions (Bretagne, Corse, Catalogne…)Refus automatique, et plus aucune proposition de drapeau acceptée0

Reste à savoir à quelle cadence le train passe, et combien de wagons il tire.

Un drapeau à rayures noires et blanches plié sur une table en bois, à côté d’un ordinateur portable fermé et d’un carnet ouvert.
Une année faste du clavier emoji, c’est sept caractères réellement nouveaux : en 2025, les 156 autres ajouts étaient des variantes.

Combien d’emojis sont retenus chaque année ?

Moins qu’on ne l’imagine, et très inégalement. Le décompte officiel par version donne 163 ajouts en 2025, 8 en 2024, 118 en 2023 et 31 en 2022. Ces totaux additionnent les caractères nouveaux et leurs déclinaisons : sur les 163 ajouts de 2025, sept sont des caractères simples, les 156 autres des séquences de teint de peau, de genre ou de composition familiale. Une année faste du clavier emoji, c’est une poignée de dessins neufs.

Que peut faire une région à qui la norme dit non ?

Militer ailleurs que dans la norme, et c’est ce que fait l’association www.bzh, gestionnaire quimpérois de l’extension internet bretonne, qui porte la demande d’un Gwenn-ha-du depuis 2017 et la ressort chaque 17 juillet, journée mondiale des emojis. Hors du consortium, les voies existent : autocollants de messagerie, claviers tiers, polices installées à la main. Aucune ne produit un caractère universel, celui qui traverse un système d’exploitation sans se transformer en carré vide. La reconnaissance numérique d’une langue se joue d’ailleurs sur des terrains plus utiles, correcteurs, synthèse vocale ou traduction embarquée, comme sur ces écouteurs traducteurs dont nous avons mesuré les limites. Elle se joue aussi dans la transmission ordinaire d’un répertoire, chez ces accordéonistes malvoyants de Corrèze et de Bretagne.

Le Gwenn-ha-du flotte sur les stades, les façades et les pare-brise sans avoir jamais eu besoin d’une autorisation californienne. Il continuera de le faire. C’est le clavier qui, sur ce point précis, restera plus pauvre que la rue.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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