Salle de cinéma aux fauteuils rouges vue des derniers rangs, quelques spectateurs dispersés face à un écran allumé dans la pénombre.

Un spectateur assidu voit 23,4 films par an au cinéma

156,2 millions d’entrées pour 40,9 millions de spectateurs en 2025 : la moyenne cache deux publics, les assidus à 23,4 films par an et les occasionnels à 2,2.

Sommaire
  1. En bref
  2. Trois publics dans la même salle
  3. 7,42 euros au guichet, et deux tiers de billets à tarif réduit
  4. 6 401 écrans, et une poignée de multiplexes
  5. Quinze minutes de trajet, une version française, quinze jours pour se décider
  6. Pourquoi le CNC a publié deux chiffres pour la même année
  7. Ce que 2026 a déjà changé au tableau de 2025
  8. Questions courantes

Décryptage

Publié le 19 août 2026 · Mis à jour le 14 septembre 2026 à 10h50

Un spectateur assidu voit 23,4 films par an dans une salle française, un occasionnel 2,2. Le bilan 2025 du Centre national du cinéma, publié le 12 mai 2026, compte 156,2 millions d’entrées pour 40,9 millions de spectateurs : la moyenne de quatre séances par personne et par an ne décrit donc personne, elle recouvre deux publics qui ne vont pas au cinéma de la même façon.

La salle se remplit toujours un peu des mêmes. Le bilan 2025 du CNC, publié le 12 mai 2026, compte 156,2 millions d’entrées pour 40,9 millions de spectateurs dans les cinémas français, et cette moyenne cache une population très inégale : les spectateurs assidus ne pèsent que 3,0 % des spectateurs, mais ils fournissent 18,4 % des entrées.

Le calcul tient en deux divisions. Nous avons appliqué ces parts aux totaux publiés par le CNC : 3,0 % de 40,9 millions de spectateurs, soit 1,2 million de personnes, et 18,4 % de 156,2 millions d’entrées, soit 28,7 millions de billets. D’après le bilan 2025 du CNC, les 1,2 million de spectateurs assidus français ont vu 23,4 films en salle en 2025, contre 2,2 pour un spectateur occasionnel et 3,8 pour la moyenne des 40,9 millions de spectateurs français.

En bref

  • 156,2 millions d’entrées et 40,9 millions de spectateurs en 2025, selon le bilan définitif du CNC publié le 12 mai 2026.
  • Trois publics : occasionnels (73,6 % des spectateurs, 43,1 % des entrées), réguliers (23,4 % et 38,6 %), assidus (3,0 % et 18,4 %).
  • Nos calculs : 23,4 séances par an pour un assidu, 6,3 pour un régulier, 2,2 pour un occasionnel, 3,8 en moyenne.
  • Billet moyen à 7,42 euros, quand la FNCF rappelle que deux tiers des billets partent à tarif réduit (chiffres 2022).
  • 6 401 écrans dans 2 060 cinémas actifs, mais 12,3 % d’établissements (les multiplexes) font 56,8 % des entrées.
  • Depuis, la tendance s’est retournée : 127,92 millions d’entrées sur les huit premiers mois de 2026 (+28,5 % sur un an) et un mois d’août à 19,94 millions, le meilleur depuis 1980, selon le CNC le 2 septembre 2026.
Série AAP

Nous suivions déjà ce chiffre : le 16 juin, AAP mesurait les 24 millions d’entrées disparues en un an et le décrochage des seniors, sur une série remontant aux années 1980. Aujourd’hui, l’année 2025 est close et consolidée : voici qui remplit les 156,2 millions d’entrées restantes, à quel prix et dans quelles salles.

Trois publics dans la même salle

Le CNC découpe son public en trois strates. Les occasionnels forment 73,6 % des spectateurs et 43,1 % des entrées, les réguliers 23,4 % des spectateurs et 38,6 % des entrées, les assidus 3,0 % des spectateurs et 18,4 % des entrées, d’après les chiffres détaillés du bilan. Rapporté à leur poids démographique, le groupe des assidus pèse 6,1 fois plus lourd en billets qu’en têtes.

Les deux vues ci-dessous partent du même tableau : la première oppose le poids en spectateurs au poids en billets, la seconde traduit cet écart en nombre de séances par personne et par an.

Graphique Actu Alt Plus. Source : chiffres CNC 2025 (bilan publié le 12 mai 2026). Les spectateurs assidus pèsent 6,1 fois plus lourd en billets qu'en têtes. Limite : les parts publiées par le CNC totalisent 100,1 %, effet d'arrondi.
Graphique Actu Alt Plus. Source : chiffres CNC 2025 (bilan publié le 12 mai 2026). Les spectateurs assidus pèsent 6,1 fois plus lourd en billets qu’en têtes. Limite : les parts publiées par le CNC totalisent 100,1 %, effet d’arrondi.
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Graphique Actu Alt Plus. Sources : CNC, bilan 2025 (40,9 millions de spectateurs, 156,2 millions d'entrées) et parts de public par strate. Lu en séances par personne, l'écart entre un assidu et un occasionnel atteint un facteur dix. Limite : fréquences obtenues en appliquant les parts publiées aux totaux annuels, ce n'est pas un comptage nominatif.
Graphique Actu Alt Plus. Sources : CNC, bilan 2025 (40,9 millions de spectateurs, 156,2 millions d’entrées) et parts de public par strate. Lu en séances par personne, l’écart entre un assidu et un occasionnel atteint un facteur dix. Limite : fréquences obtenues en appliquant les parts publiées aux totaux annuels, ce n’est pas un comptage nominatif.
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La bascule dit la même chose de deux façons : un assidu voit en une seule année ce qu’un occasionnel mettrait plus de dix ans à voir au même rythme.

Structure du public des salles françaises en 2025. Parts publiées par le CNC; effectifs, entrées et fréquences dérivés par nos soins des totaux 2025. Les parts publiées totalisent 100,1 %, effet d’arrondi.
PublicPart des spectateursPart des entréesSpectateurs (millions, nos calculs)Entrées (millions, nos calculs)Entrées par spectateur (nos calculs)
Occasionnels73,6 %43,1 %30,167,32,2
Réguliers23,4 %38,6 %9,660,36,3
Assidus3,0 %18,4 %1,228,723,4
Ensemble100 %100 %40,9156,23,8

La conséquence se formule simplement. Une salle française vit d’un noyau d’un peu plus d’un million de personnes, pendant que la majorité de son public pousse la porte deux fois par an. Le déséquilibre se lit aussi par l’âge, dans le millésime le plus récent : l’étude du CNC sur le public du cinéma en 2025, publiée le 7 juillet 2026, a remplacé celle de 2024 parue le 1er juillet 2025. Elle relève que 62,9 % des Françaises et des Français sont allés au moins une fois en salle en 2025, contre 64,9 % un an plus tôt, pour 3,8 entrées en moyenne contre 4,3, avec un taux de pénétration de 78,6 % chez les moins de 25 ans (80,8 % dans le millésime précédent) et la fréquence la plus élevée chez les 60 ans et plus, à 5,2 entrées contre 6,3. Ces 3,8 entrées moyennes sont exactement ce que donne la division des 156,2 millions d’entrées par les 40,9 millions de spectateurs : la méthode suivie ici tombe sur la valeur que le CNC a publiée deux mois plus tard.

Le rapprochement des deux millésimes déplace le diagnostic. En divisant les 181,3 millions d’entrées de 2024 par les 4,3 entrées moyennes de l’étude précédente, on obtient 42,2 millions de spectateurs cette année-là, contre 40,9 millions en 2025 : le public a perdu environ 1,3 million de personnes, soit 3,0 % de ses effectifs, quand les entrées en perdaient 25,1 millions. La salle n’a pas tant perdu son public que l’habitude qu’il avait d’y revenir.

7,42 euros au guichet, et deux tiers de billets à tarif réduit

Le prix moyen du billet s’établit à 7,42 euros en 2025. Ce n’est pas un tarif affiché : c’est une recette divisée par des entrées, donc déjà une moyenne de plein tarif, de tarifs réduits, de cartes d’abonnement et de séances à prix cassé. La Fédération nationale des cinémas français l’écrit noir sur blanc sur sa page consacrée aux prix : deux tiers des billets achetés au cours d’une année le sont à tarif réduit. Les données qu’elle publie portent sur 2022 et doivent se lire à ce millésime : cette année-là, 60 % des billets ont été vendus à moins de 7 euros, 42 % à moins de 6 euros, pour un prix moyen de 7,24 euros.

D’après nos calculs, le billet moyen a donc gagné 18 centimes entre 2022 et 2025, soit environ 2,5 % en trois ans. Sur la décennie précédente, la FNCF chiffre la hausse à 11,5 % entre 2013 et 2022, quand l’inflation générale hors tabac progressait de 12,8 % : la place de cinéma avait alors augmenté moins vite que le reste du panier.

Nous avons ensuite converti ces fréquences en budget annuel. En appliquant le billet moyen de 7,42 euros aux rythmes que nous avons dérivés, un spectateur assidu dépense environ 174 euros de cinéma par an, un régulier environ 47 euros, un occasionnel environ 17 euros. La limite est réelle : les assidus recourent davantage aux cartes d’abonnement, donc ces 174 euros forment un plafond plutôt qu’une facture. Appliqué au total, le même billet moyen donne une recette de guichet d’environ 1,16 milliard d’euros pour l’année 2025.

Un billet de cinéma en papier posé sur le comptoir d’un guichet, les lumières chaudes du hall en arrière-plan.
Le billet moyen s’est établi à 7,42 euros en 2025, un prix payé et non un prix affiché : la FNCF rappelle que deux tiers des places partent à tarif réduit.

6 401 écrans, et une poignée de multiplexes

Le parc, lui, ne se contracte pas. Le bilan recense 6 401 écrans en 2025, en hausse de 0,7 % (46 écrans de plus), répartis dans 2 060 cinémas actifs (7 de plus), soit 3,1 écrans par établissement. Le pays a par ailleurs vu sortir 812 films en première exclusivité (+9,3 %), dont 404 films français, 101 films américains et 449 films classés art et essai.

La géographie du public est bien plus concentrée que celle des salles. Les multiplexes représentent 12,3 % des établissements et 56,8 % des entrées; les mono-écrans, 54,1 % des établissements et 9 % des entrées. Nous avons rapporté ces parts aux totaux : environ 253 multiplexes ont accueilli 88,7 millions d’entrées, soit près de 350 000 entrées chacun sur l’année, quand les quelque 1 114 mono-écrans se partageaient 14,1 millions d’entrées, soit environ 12 600 entrées par salle. Un multiplexe français fait donc, en moyenne, vingt-huit fois les entrées d’un cinéma à écran unique.

Façade d'un petit cinéma de ville à écran unique au crépuscule, enseigne lumineuse sans texte, passants vus de dos.
Les cinémas à écran unique forment 54,1 % des établissements français pour 9 % des entrées, soit environ 12 600 entrées par salle et par an.

Quinze minutes de trajet, une version française, quinze jours pour se décider

Le spectateur français ne va pas loin. L’enquête du CNC sur les pratiques cinématographiques, reprise par Boxoffice Pro, indique que 75,7 % des spectateurs citent la proximité comme critère de choix de la salle, que 93,3 % s’y rendent en moins de 30 minutes et que le trajet moyen dure 15 minutes.

Il n’y va pas seul : 76,5 % des spectateurs étaient accompagnés lors de leur dernière séance, 32,7 % en couple (5,6 points de moins qu’avant la crise sanitaire) et 29,3 % en famille (5 points de plus). Seuls 16 % des 15-19 ans y vont seuls.

Et il regarde en français : 74,5 % des spectateurs privilégient la version française pour les films étrangers, contre 71,1 % en 2019, et 93,3 % se déclarent satisfaits des films français. La fenêtre de décision s’est resserrée : 84,9 % des spectateurs se déplacent dans les quinze jours qui suivent la sortie, et 38,8 % des assidus dans les cinq premiers jours, soit 14 points de plus qu’en 2019. Côté billetterie, 35,3 % achètent à l’avance et 50,9 % des réservations se font encore le jour même. Pour choisir, 57,6 % s’appuient sur la bande-annonce vue en salle, 16,8 % seulement sur les critiques des médias, le plus bas niveau depuis 2016.

Ce public cohabite avec un salon très équipé. Les Tendances audio-vidéo de l’Arcom, publiées le 3 avril 2025, indiquent que trois quarts des Français ont accès à une offre vidéo payante, pour un budget médian de 20 euros par mois, et que 89 % des foyers sont équipés d’un téléviseur, dont 84 % connectés à Internet. Un assidu à 174 euros de cinéma par an paie donc, à peu de chose près, l’équivalent de neuf mois d’abonnements vidéo.

Pourquoi le CNC a publié deux chiffres pour la même année

Il existe deux totaux officiels pour 2025, et les deux sont exacts. Le 30 décembre 2025, le communiqué du CNC annonçait 156,79 millions d’entrées, en recul de 13,6 %, avec des chiffres arrêtés au 28 décembre : une estimation de fin d’année, publiée avant que la dernière semaine ne soit close et avant consolidation des remontées des exploitants. Le 12 mai 2026, le bilan définitif a ramené le total à 156,2 millions, soit un recul de 14,0 %. L’écart entre les deux publications atteint environ 590 000 entrées, d’après notre soustraction.

Le même mouvement joue sur les parts de marché. Le communiqué de décembre créditait les films français de 37,7 % et les films américains de 35,8 %, les autres films occupant 26,5 %. Le bilan de mai porte les films français à 37,9 %, et les chiffres détaillés repris par Boxoffice Pro ramènent les films américains à 34,9 %, présenté comme leur plus bas niveau depuis 1982. La page de fréquentation du CNC affiche encore, elle, les 156,79 millions de l’estimation, à côté des 181,3 millions d’entrées de 2024.

Sur le terrain européen, le classement ne bouge pas : avec ses 156,79 millions d’entrées arrêtées au 28 décembre 2025, la France devançait l’Allemagne (85 millions), l’Italie (67 millions) et l’Espagne (65 millions). Le détail des mois se lit ailleurs, et AAP a suivi ensuite le rebond de juillet 2026. Ces totaux-là, eux, ne bougeront plus.

Ce que 2026 a déjà changé au tableau de 2025

La photographie ci-dessus est celle d’une année creuse, et l’année suivante l’a démentie. Dans son communiqué du 2 septembre 2026, le CNC compte 19,94 millions d’entrées pour le seul mois d’août 2026, le double des 9,96 millions d’août 2025 (+100,2 %) et le meilleur mois d’août depuis le début du suivi mensuel, en 1980. Le précédent repère du mois, août 2014, tenait à 19,54 millions : il tombe de 400 000 entrées. Sur huit mois, 2026 cumule 127,92 millions d’entrées, 28,5 % de plus que la même période de 2025 et 8,6 % de plus que celle de 2024.

Ces 127,92 millions valent déjà 81,9 % de tout ce que 2025 avait vendu en douze mois. Le rythme mensuel passe de 13,0 millions d’entrées en 2025 à 16,0 millions sur les huit premiers mois de 2026, et l’année glissante de septembre 2025 à août 2026 atteint 184,50 millions d’entrées, soit 3,2 millions de plus que les 181,3 millions de l’année civile 2024 que 2025 avait manquée de loin.

Le noyau décrit plus haut suit le mouvement, à structure inchangée. Si les assidus conservent les 18,4 % d’entrées que le CNC leur reconnaît encore dans son étude de juillet 2026, les 1,2 million de fidèles ont porté environ 23,5 millions de billets en huit mois, soit 19,2 séances chacun : leur rythme passe de 1,95 séance par mois en 2025 à 2,40 en 2026. Au billet moyen 2025 de 7,42 euros, le seul mois d’août 2026 pèse environ 148 millions d’euros de recettes de guichet, une conversion qui suppose un prix inchangé, faute de billet moyen 2026 publié.

Une réserve tient au calendrier de publication. Ces 127,92 millions sont des estimations mensuelles, du même type que les 156,79 millions annoncés le 30 décembre 2025 et ramenés à 156,2 millions cinq mois plus tard : le bilan définitif de 2026 n’arrivera pas avant le printemps 2027, et AAP avait déjà mesuré l’écart entre une semaine et une tendance en revenant sur les 6,5 millions d’entrées de la semaine du 29 juillet 2026. Reste ce que 2025 a fixé, et que le rebond ne réécrit pas : une salle tenue debout par un million de fidèles, un billet à 7,42 euros dont deux tiers partent à tarif réduit, et un quart d’heure de trajet qui décide, plus sûrement qu’une critique, de qui verra le prochain film.

Questions courantes

Combien de fois par an va un spectateur assidu ?
D’après le bilan 2025 du CNC, 23,4 fois. Les assidus représentent 3,0 % des 40,9 millions de spectateurs et 18,4 % des 156,2 millions d’entrées, soit environ 1,2 million de personnes pour 28,7 millions de billets. Un spectateur occasionnel en est à 2,2 entrées par an, la moyenne française à 3,8.

Pourquoi deux chiffres d’entrées différents pour 2025 ?
Le communiqué du CNC du 30 décembre 2025 donnait 156,79 millions d’entrées, une estimation arrêtée au 28 décembre. Le bilan définitif publié le 12 mai 2026 retient 156,2 millions après consolidation, soit environ 590 000 entrées de moins. Les deux sont officiels, seul le second est définitif.

Combien coûte vraiment une place de cinéma en France ?
Le prix moyen effectivement payé est de 7,42 euros en 2025 selon le CNC. C’est une recette divisée par des entrées, pas un tarif affiché : la FNCF rappelle que deux tiers des billets sont vendus à tarif réduit et qu’en 2022, 60 % des billets sont partis à moins de 7 euros et 42 % à moins de 6 euros, pour un prix moyen de 7,24 euros.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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