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Le mot “empathie” paraît parfois flou. Mais en Colombie, il est entré dans un texte officiel: la Ley 2563 del 29 de diciembre de 2025 (PDF) promeut une éducation à l’empathie, au bien-être animal et à la biodiversité.

La Chambre des représentants l’a présentée comme une mesure à mettre en œuvre dans les établissements, avec l’idée de transformer ces thèmes en apprentissages concrets, pas seulement en slogans (Cámara de Representantes).
Dans les faits, ce type de loi a surtout deux effets: elle légitime des projets (clubs, ateliers, sorties) et elle donne un cadre pour intégrer ces sujets dans plusieurs matières (sciences, citoyenneté, arts). Quand c’est bien fait, on évite le “cours moralisateur” et on mise sur des situations: observer, débattre, réparer, protéger.

Le lien avec la biodiversité et le vivant s’inscrit aussi dans une tendance internationale: l’éducation au développement durable et au respect du vivant progresse dans de nombreux pays, et UNESCO insiste sur l’importance d’apprentissages ancrés dans la réalité locale.
Une loi ne suffit pas si les enseignants n’ont pas de ressources: séquences, activités, évaluations, exemples adaptés à l’âge. Les approches efficaces s’appuient souvent sur des compétences socio-émotionnelles (écoute, coopération, résolution de conflits) et sur des projets interdisciplinaires. L’OCDE a beaucoup documenté ces compétences dans ses travaux sur les “social and emotional skills” (OCDE).
Sur le volet bien-être animal, un autre risque est la caricature (“aimer les animaux” vs comprendre les pratiques, les responsabilités, les écosystèmes). Des repères internationaux existent sur l’animal welfare et ses principes, utiles pour éviter les simplifications (WOAH).
Les bénéfices attendus sont surtout indirects: meilleur climat scolaire, plus de coopération, et une sensibilité renforcée à la protection du vivant. Mais il faut du temps, et un suivi: ce qui est réellement mis en place, et ce que les élèves en retiennent. La clé, c’est de passer par des gestes et des projets observables (pas uniquement des intentions).
Si la “Ley de Empatía” tient ses promesses, ce ne sera pas parce qu’elle existe sur le papier, mais parce qu’elle aura aidé des enseignants à installer des routines simples et répétées. Et c’est souvent comme ça que les politiques éducatives deviennent… du quotidien.