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Starlink est interdit en Polynésie française parce que la réglementation locale exige des « accords nécessaires » entre SpaceX et l’Office des postes et télécommunications (OPT) avant toute importation d’antenne. Ces accords n’existent pas, et la direction générale de l’économie numérique ne délivre plus aucune autorisation d’importer.
Dans les 118 îles de Polynésie française, importer une antenne Starlink reste illégal depuis que le tribunal administratif a validé, le 29 septembre 2026, l’exigence d’un accord entre l’OPT et SpaceX. Utiliser l’antenne est tout aussi interdit, « hormis quelques rares dérogations, notamment pour les médias », rapporte l’AFP. Dans les archipels éloignés, les antennes sont pourtant tolérées : « presque tout le monde en a aux Gambier », témoigne une gérante de pension de famille.
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Pourquoi la Polynésie française bloque-t-elle Starlink ?
Pour protéger son opérateur public : l’OPT détient le monopole des liaisons internationales du territoire (Les Nouvelles Calédoniennes). Une antenne Starlink se connecte aux satellites de SpaceX sans passer par son réseau. Les îles polynésiennes, dispersées sur une surface aussi grande que l’Europe, ne comptent que 278 786 habitants, et les câbles sous-marins ne desservent que les plus peuplées.
ONATi et le groupe OPT disent avoir investi 134 millions d’euros pour désenclaver les archipels. Face à Starlink, prévient ONATi, filiale de l’OPT, « tout le modèle de péréquation actuel » s’effondrerait : c’est lui qui finance la desserte des îles les plus isolées.
Moetai Brotherson, président de la Polynésie française, résume le grief : « Starlink paie zéro taxe en Polynésie, emploie zéro Polynésien et a fait zéro investissement. » Les opérateurs locaux font travailler 3 000 personnes.
Que dit la justice sur les antennes Starlink ?
Elle a fragilisé l’interdiction en mai, puis l’a confirmée en septembre. Le 13 mai 2026, le tribunal a donné raison à quatre particuliers dont l’importation avait été refusée. L’arrêté du 25 juillet 2025 qui fondait ces refus émanait du conseil des ministres, incompétent en la matière. Le juge a précisé que l’importation ne valait pas autorisation d’utiliser l’antenne.
Le 29 septembre 2026, une habitante d’Arutua, aux Tuamotu, contestait le blocage de son kit au centre de tri de Faa’a. Le tribunal a annulé la disposition qui présentait ces équipements comme un moyen de contourner les opérateurs autorisés. Il a en revanche validé l’exigence d’« accords nécessaires » entre l’OPT et SpaceX (TNTV).
Polynésie la 1ère a suivi l’une de ces antennes saisies jusqu’au tribunal.
Peut-on quand même utiliser Starlink en Polynésie ?
Pas légalement, mais beaucoup le font en itinérance : la plupart des kits en service sont enregistrés aux Fidji, en Nouvelle-Zélande ou en France. Depuis le 10 août 2026, Starlink a changé les conditions de ses forfaits d’itinérance internationaux. Son itinérance de base ne fonctionne plus hors du pays de souscription, et sa formule premium, à 11 300 francs CFP par mois, n’autorise que trente jours consécutifs à l’étranger.
Avant de commander un kit, le risque est connu : il peut rester bloqué au centre de tri de Faa’a. Pour un foyer que ni l’OPT ni un opérateur privé ne dessert, la dérogation reste la seule voie légale. Elle est rare : en mai 2026, Radio1 Tahiti en comptait une dizaine accordées en neuf mois, sur une centaine de demandes.
Où Starlink est-il autorisé en France ?
En métropole, sous licence de l’Arcep, le régulateur des télécoms : l’antenne y concurrence la box fibre dans les zones mal desservies. Le Conseil d’État avait pourtant annulé cette licence le 5 avril 2022, faute de consultation publique (CB News). L’Arcep a délivré une nouvelle autorisation le 2 juin 2022.
En Polynésie, seule l’assemblée du Pays peut fixer les conditions d’importation des équipements télécoms, a rappelé le tribunal en septembre.
Starlink sera-t-il autorisé en Polynésie ?
Pas avant un vote de l’assemblée de la Polynésie française, où Moetai Brotherson n’a plus de majorité depuis la scission des indépendantistes, début avril 2026. En mai, les élus ont rejeté les textes qui ouvraient les zones blanches, ces îles privées de connexion performante, aux opérateurs internationaux.
Fin octobre 2026, le gouvernement a présenté un nouveau projet de loi du pays. L’OPT garderait la main sur les câbles sous-marins, mais les liaisons internationales s’ouvriraient aux opérateurs satellitaires. Chaque importation de terminal exigerait une autorisation préalable du Pays, accordée à l’opérateur qui fournit le service. Dès le 1er août, l’AFP rapportait que le gouvernement penchait pour OneWeb, la constellation d’Eutelsat, qui « a investi des dizaines de millions dans des infrastructures à terre », selon Moetai Brotherson. Le texte doit encore passer devant le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec), puis être voté par l’assemblée.
Vrai ou faux ?
Depuis mai 2026, tout Polynésien peut importer une antenne Starlink.
Faux. Le jugement du 13 mai 2026 ne visait que quatre particuliers ; celui du 29 septembre 2026 a confirmé le blocage des importations faute d’accord entre l’OPT et SpaceX.
En métropole aussi, Starlink a déjà perdu sa licence.
Vrai. Le Conseil d’État l’a annulée le 5 avril 2022 ; l’Arcep en a délivré une nouvelle le 2 juin 2022.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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