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Des chercheurs canadiens trouvent davantage de petites lésions cérébrales chez les gros consommateurs d’aliments ultra-transformés, alors que leur mémoire tient bon aux tests. Publiée dans la revue JAMA Network Open, leur étude ne permet pas encore de dire que ces aliments en sont la cause.
L’équipe de Russell de Souza et Sonia Anand, du Population Health Research Institute de Hamilton (Ontario), a examiné 8 783 adultes sans maladie cardiovasculaire connue. Chacun a décrit son alimentation de l’année écoulée, puis passé une IRM du cerveau.
Selon une étude canadienne publiée le 15 octobre 2026, 11,3 % des adultes de 35 à 69 ans du quart le plus gros consommateur d’ultra-transformés portent des lésions cérébrales silencieuses, contre 8,1 % du quart le moins consommateur. L’écart tient après prise en compte de l’âge, du revenu, du tabac, de l’activité physique, du diabète et de l’hypertension (rapport de cotes de 1,40) ; il se concentre chez les femmes.
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Qu’est-ce qu’une lésion cérébrale silencieuse ?
C’est une trace de souffrance des vaisseaux du cerveau que la personne n’a jamais ressentie. Les chercheurs en comptent deux sortes. L’infarctus silencieux est une petite zone de tissu morte faute de sang, sans AVC perçu. Les hypersignaux étendus de la substance blanche sont des taches claires à l’IRM, signe que les petits vaisseaux peinent.
Russell de Souza relève un décalage, cité par le site Earth.com. « D’ordinaire, ce type de lésions est associé à des maladies dont on entend parler et qu’on soigne à un âge bien plus avancé. »
Aux tests de mémoire et d’attention, gros et petits consommateurs font jeu égal. Tous obtiennent 27 sur 30 en moyenne au test cognitif de Montréal (MoCA), où un score de 26 ou plus est jugé normal.
À partir de quelle quantité d’ultra-transformés ?
Les participants ont été rangés en quatre groupes égaux. Dans le premier, les ultra-transformés (sodas, céréales sucrées, snacks emballés, plats préparés) pèsent 16,5 % des portions, soit 3,1 portions pour 2 000 kilocalories. Dans le dernier, ils en pèsent 45 %, soit 12,8 portions.
Les lésions restent à 8,2 % dans le deuxième groupe et à 9,1 % dans le troisième, avant de bondir dans le dernier.
- Quart le moins consommateur 8,1 %
- Deuxième quart 8,2 %
- Troisième quart 9,1 %
- Quart le plus consommateur 11,3 %
Ces produits prennent la place des autres : les aliments frais ou peu transformés tombent de 68,6 % des portions dans le premier groupe à 41,5 % dans le dernier.
| Indicateur | Quart le moins consommateur | Quart le plus consommateur |
|---|---|---|
| Portions d’ultra-transformés pour 2 000 kilocalories | 3,1 | 12,8 |
| Part ultra-transformée des portions | 16,5 % | 45 % |
| Part des aliments frais ou peu transformés | 68,6 % | 41,5 % |
| Participants d’origine européenne blanche | 69,8 % | 93,6 % |
Source : JAMA Network Open, 15 octobre 2026.
Pourquoi un signal surtout chez les femmes ?
L’étude ne l’explique pas, et l’écart lui-même reste fragile. Chez les femmes, le rapport de cotes atteint 1,78 entre les plus grosses et les plus petites consommatrices ; chez les hommes, les deux groupes se valent. Cette comparaison par sexe était d’ailleurs exploratoire, pas une analyse prévue comme principale.
Une piste s’affaiblit : la graisse profonde du ventre, dite viscérale, augmente avec les ultra-transformés, de 5,7 millilitres entre le quart le moins et le quart le plus consommateur. Tenir compte de cette graisse ne change pourtant presque rien au lien avec les lésions.
Les ultra-transformés causent-ils ces lésions ?
Rien ne le prouve à ce stade. L’étude photographie une seule visite : impossible de savoir si l’assiette a précédé les lésions. Compté en portions pour 2 000 kilocalories, le lien ressort ; compté en part des calories ou des portions, il ne ressort plus nettement. Enfin, les participants d’origine européenne blanche passent de 69,8 % du premier groupe à 93,6 % du dernier. Les ajustements n’effacent peut-être pas ce déséquilibre.
Dans la durée, la cohorte américaine REGARDS va dans le même sens : 30 239 adultes de 45 ans et plus, suivis onze ans en moyenne. Dix points d’ultra-transformés de plus dans l’assiette y allaient de pair avec un risque de troubles cognitifs accru de 16 % (résultats publiés dans Neurology, mai 2024).
En France, l’avis de l’Anses de janvier 2025 associe une consommation élevée d’ultra-transformés à plus de mortalité et de maladies chroniques, dont les maladies cardiovasculaires. L’agence juge ce niveau de preuve faible.
Et chez nous ?
Quelle part d’ultra-transformés dans l’assiette française ?
Les ultra-transformés fournissent 31,1 % des calories d’un adulte français, selon l’étude nationale ENNS exploitée par Santé publique France (données 2006-2007, publiées en 2021). Au Canada, Statistique Canada les situe à 46 % des calories en 2015, tous âges confondus.
Ces parts se mesurent en calories, l’unité avec laquelle le lien de l’étude canadienne s’estompait : impossible d’en tirer un risque pour le cerveau des Français.
Le site Manger Bouger de Santé publique France conseille déjà de limiter les produits ultra-transformés et de cuisiner davantage avec des produits frais, en bocaux ou surgelés non préparés. L’Inserm consacre aussi un épisode de sa série « 30 minutes santé » à ces aliments.
Russell de Souza réclame des IRM répétées sur les mêmes personnes, au fil des années, pour savoir si manger moins d’ultra-transformés épargne vraiment le cerveau. Il dit ce suivi déjà en cours.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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