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Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a publié le 8 octobre 2026 son indice Planète Vivante, calculé avec la Société zoologique de Londres (ZSL). Les populations de vertébrés sauvages suivies y ont décliné de 73 % en moyenne entre 1970 et 2022, selon le rapport Planète Vivante 2026. Sauf qu’en circulant, la phrase perd deux mots, « suivies » et « en moyenne ».
L’affirmation« 73 % des animaux ont disparu depuis 1970 »
Notre verdictTrompeur
Trois chercheurs britanniques le rappellent dans une tribune publiée par The Conversation le 8 octobre : Hannah Wauchope (université d’Édimbourg), Gary Powney et Nick Isaac (UK Centre for Ecology & Hydrology). L’indice mesure « le déclin moyen de la taille des populations surveillées », écrivent-ils. Il ne dit rien d’une disparition de trois animaux sur quatre à l’échelle du globe.
Ce que mesure vraiment l’indice
L’édition 2026 agrège 35 803 séries de comptage portant sur 5 790 espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons (Reuters, 8 octobre 2026). Chaque série suit une population, par exemple les phoques d’une baie. L’indice Planète Vivante fait la moyenne de leurs taux d’évolution, sans jamais additionner les individus.
Publié le 8 octobre 2026, l’indice Planète Vivante suit 5 790 espèces de vertébrés, environ 7,5 % des quelque 76 700 vertébrés décrits dans le monde. D’après la Liste rouge de l’UICN compilée par Our World in Data : 64 754 vertébrés évalués en 2025, qui représentent 84,4 % des espèces décrites du groupe.
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« Les populations mondiales suivies continuent de décliner en moyenne, sans aucun signe pour l’instant d’un redressement global. »
Andrew Terry, directeur de la conservation de la ZSL, cité par Reuters
Pourquoi l’indice plonge alors que la moitié des populations tient
Le déclin moyen est massif, et pourtant environ la moitié des populations suivies sont stables ou en hausse, selon le même rapport. Les trois chercheurs rapportent une critique connue : à l’état brut, les données comptent à peu près autant de populations en hausse qu’en baisse.
La cause tient à la moyenne des taux : prenons deux populations suivies, l’une stable, l’autre qui perd 95 % de ses effectifs. La moyenne géométrique de leurs évolutions affiche environ 78 % de déclin. Si la première compte 10 000 animaux et la seconde 100, le total n’a pourtant baissé que de 0,9 %. Un effondrement local pèse autant qu’une grosse population stable.
En 2020, une équipe menée par Brian Leung (université McGill) a testé cette sensibilité dans la revue Nature. Moins de 3 % des populations portaient alors le déclin moyen ; sans elles, la tendance mondiale s’inversait. Les 98,6 % restantes ne montraient aucune tendance globale.
Le WWF met en avant l’autre versant : les tigres, le thon rouge, les éléphants d’Afrique australe et les tortues vertes se redressent là où la protection a été ciblée (Reuters). WWF Belgique présente le rapport 2026 dans une vidéo intitulée « la Science de l’Espoir ».
Qui manque à l’appel ?
Le climat se suit par des milliers de stations météo ; la faune se compte rarement depuis l’espace et exige des observateurs sur le terrain. Le suivi reste donc « extrêmement lacunaire », notent les trois chercheurs.
L’indice ne regarde que les vertébrés. Les insectes, environ un million d’espèces décrites d’après les mêmes tableaux de l’UICN, n’y figurent pas, ni les plantes. Et parmi les vertébrés suivis, l’échantillon n’est pas tiré au sort. Une analyse préliminaire des auteurs y trouve trop de comptages issus d’aires protégées et de milieux peu perturbés, comme les parcs nationaux.
Ce biais peut jouer dans les deux sens : il sous-estime le déclin si les milieux préservés dominent, il le surestime si les espèces menacées ou chassées sont surreprésentées. Pour compenser, l’indice donne plus de poids aux régions sous-échantillonnées comme l’Afrique et l’Amérique du Sud, où les pertes d’habitat pèsent le plus. Les méthodes pour mesurer ces biais en sont « à leurs balbutiements », reconnaissent les chercheurs.
D’une édition à l’autre, le même 73 %
Le chiffre mondial n’a pas bougé depuis 2024. L’édition 2026 intègre 967 populations et 295 espèces de plus, sur une série allongée de deux ans (Reuters). Les valeurs de 2024 viennent de la synthèse du WWF France.
| Indicateur | Édition 2024 (1970-2020) | Édition 2026 (1970-2022) | Écart |
|---|---|---|---|
| Populations suivies | 34 836 | 35 803 | +967 |
| Espèces suivies | 5 495 | 5 790 | +295 |
| Déclin moyen mondial | 73 | 73 | 0 |
| Espèces d’eau douce | 85 | 85 | 0 |
| Espèces terrestres | 69 | 69 | 0 |
| Espèces marines | 56 | 59 | +3 |
| Amérique latine et Caraïbes | 95 | 95 | 0 |
| Afrique | 76 | 80 | +4 |
Chaque édition recalcule toute la série depuis 1970 : ces écarts ne mesurent pas une accélération. L’écart en populations suivies se déduit des ajouts annoncés pour 2026.
Et chez nous ?
Ce que la France compte, et comment
En Europe et en Asie centrale, l’indice 2026 affiche un déclin moyen de 23 % depuis 1970, contre 95 % en Amérique latine (communiqué du WWF). Ce faible recul trompe : une bonne part des pertes européennes précède 1970, le point de départ de l’indice.
En France, le suivi temporel des oiseaux communs (STOC), coordonné par le Muséum national d’histoire naturelle depuis 1989, compte les oiseaux sur des carrés de 2 km de côté, avec le même protocole chaque printemps. Le service statistique du ministère de la Transition écologique en a publié le bilan le 23 mars 2026. Les 59 espèces spécialistes ont perdu environ un tiers de leurs effectifs entre 1989 et 2024. Les 14 espèces généralistes, elles, sont en légère hausse.
Les oiseaux des milieux agricoles reculent de 1,3 point d’indice par an depuis 1989, ceux du bâti de 1,2 point. Les observateurs du STOC retourneront sur leurs carrés au printemps 2027, pour la trente-neuvième saison de comptage.
Questions courantes
Combien d’espèces animales ont disparu depuis 1970 ?
L’indice Planète Vivante ne compte pas les extinctions : il suit la taille de populations encore présentes. Le recensement des espèces éteintes relève de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature.
Combien d’espèces l’indice Planète Vivante suit-il ?
35 803 séries de comptage sur 5 790 espèces de vertébrés, environ 7,5 % des vertébrés décrits.
Pourquoi l’indice recule-t-il de 73 % si la moitié des populations tient ?
Il fait la moyenne des taux d’évolution, sans additionner les individus : un effondrement local pèse autant qu’une grosse population stable.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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