Rayon de supermarché équipé d’étiquettes électroniques, une main tient un ticket de caisse au premier plan

7 voix contre 2, Seattle interdit au supermarché les prix fixés selon vos données

Seattle interdira à partir de 2027 les prix de supermarché fixés d’après les données des clients. En France, un prix personnalisé en ligne doit être signalé depuis 2022.

Vous payez peut-être le même panier plus cher que la personne derrière vous en caisse. À Seattle, ce sera interdit à partir du 1er septembre 2027. Le conseil municipal a adopté le 22 septembre 2026, par 7 voix contre 2, une politique qui interdit aux grandes chaînes alimentaires de fixer les prix d’après les données personnelles de chaque client (KOMO News). La maire Katie B. Wilson a signé le texte le 5 octobre, selon la chaîne KPTV. Le 4 septembre 2025, dans un Safeway de la ville, le même panier commandé au même moment sur Instacart affichait de 114,34 à 123,93 dollars selon les clients, soit 8,4 % d’écart.

La mesure s’appelle « Fair and Transparent Pricing ». Concrètement, un supermarché ne pourra plus fixer le prix d’un yaourt d’après votre emploi, votre origine ou votre genre. Il ne pourra pas non plus puiser dans votre historique de navigation, votre activité sur les réseaux sociaux ou vos conversations avec un chatbot (annonce de la mairie, 23 septembre 2026). Les coupons classiques et les remises ouvertes à tout un groupe, comme les seniors ou les anciens combattants, restent permis. Seules les chaînes d’au moins 20 magasins dans le monde sont concernées. Les supérettes et les marchés de producteurs en sont exclus.

La ville se présente comme la première des États-Unis à adopter une telle règle. Le texte est porté par la maire et la conseillère municipale Alexis Mercedes Rinck, avec Dionne Foster et Rob Saka. Pendant les débats, les représentants des épiciers ont prédit moins de coupons et des programmes de fidélité qui pourraient disparaître « juste dans la ville de Seattle ». « Les gens ont été clairs : ils ne veulent pas que leurs données alimentent des algorithmes qui décident de ce qu’ils paient à l’épicerie », a répondu Katie B. Wilson.

Pourquoi le même panier coûtait-il jusqu’à 8,4 % de plus ?

Le 4 septembre 2025, 39 volontaires ont rempli au même moment le même panier sur Instacart, une application de livraison de courses, auprès d’un Safeway de Seattle. Ils ont vu cinq totaux : 114,34, 119,85, 122,15, 122,45 et 123,93 dollars. Seuls 8 % d’entre eux ont obtenu le plus bas (enquête de Consumer Reports, décembre 2025).

Cinq prix pour un seul panier. L’écart vient de tests menés avec Eversight, une société d’intelligence artificielle rachetée par Instacart en 2022. Les enseignes y essayaient plusieurs prix, par paliers de 10 cents, sur des groupes de clients. Instacart affirme que ces groupes étaient formés au hasard « par catégorie de produits et par lieu », sans données personnelles. Sur l’ensemble de l’enquête (437 volontaires), environ trois produits sur quatre s’affichaient à plus d’un prix. Les écarts allaient jusqu’à 23 %.

Le graphique aligne les cinq totaux affichés pour ce panier identique.

Seuls 8 % des 39 volontaires ont obtenu le total le plus bas ; le plus haut coûte 9,59 dollars de plus, soit 8,4 %. Test unique sur Instacart, Safeway de Seattle, 4 septembre 2025.
Seuls 8 % des 39 volontaires ont obtenu le total le plus bas ; le plus haut coûte 9,59 dollars de plus, soit 8,4 %. Test unique sur Instacart, Safeway de Seattle, 4 septembre 2025.
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Instacart a annoncé l’arrêt de ces tests le 22 décembre 2025, en reconnaissant qu’ils avaient « manqué leur cible » pour une partie des clients. La loi de Seattle vise l’usage des données personnelles. L’enquête a surtout montré au public qu’un même rayon en ligne pouvait porter plusieurs prix à la même seconde. Un écart de 8,4 % sur les courses coûterait environ 446 euros par an à un ménage français moyen, qui consacre 5 304 euros à l’alimentation (Insee, 2017).

Et chez nous ?

En France, un supermarché peut-il personnaliser vos prix ?

En ligne, oui, à condition de le dire. Depuis le 28 mai 2022, un vendeur à distance doit signaler qu’un prix a été « personnalisé sur la base d’une prise de décision automatisée » (directive européenne 2019/2161). La tarification dynamique, qui fait varier le prix pour tous les clients selon la demande, n’est pas concernée. L’obligation porte sur les achats à distance : la gondole du magasin reste hors de ce texte.

Le RGPD ajoute un garde-fou. Son article 22 donne le droit de ne pas subir une décision « fondée exclusivement sur un traitement automatisé, y compris le profilage », quand elle vous affecte « de manière significative ». Ce droit tombe si vous avez donné un consentement explicite, ou si la décision est nécessaire à l’exécution d’un contrat.

Combien un tel écart coûterait-il à un ménage français ?

La base vient de l’enquête Budget de famille : 34 000 euros de consommation moyenne par ménage en 2017, dont 15,6 % pour l’alimentation hors alcool et tabac (Insee Première n° 1749). Un mois de courses pèse ainsi 442 euros. L’écart du test de Seattle en coûterait donc un peu plus d’un par an.

Aux États-Unis, Consumer Reports estime que l’écart moyen de 7 % mesuré par panier peut représenter environ 1 200 dollars par an pour une famille de quatre personnes. Le même 7 % pèserait 371 euros par an sur le budget des ménages français. En rayon, le geste reste simple : comparer l’étiquette au ticket de caisse. Un écart entre les deux se signale sur SignalConso, la plateforme de la DGCCRF.

Vrai ou faux ?

  1. En France, un site marchand peut afficher un prix personnalisé par un algorithme.

    Vrai. Il doit le signaler au client depuis le 28 mai 2022, en application de la directive européenne 2019/2161.

  2. La loi de Seattle supprime les coupons de réduction.

    Faux. Les coupons classiques et les remises ouvertes à tout un groupe, comme les seniors, restent permis.

  3. Dans le test du Safeway de Seattle, la plupart des volontaires ont obtenu le total le plus bas.

    Faux. Seuls 8 % des 39 volontaires ont vu le total le plus bas.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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