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Décryptage
Vous ne connaissez sans doute aucun cynodrome. Le sport qui s’y pratique fête pourtant ses 100 ans en Grande-Bretagne en 2026. Deux spécialistes du bien-être animal ont posé sur la table le chiffre qui gâche la fête. En 2025, 161 lévriers sont morts sur les pistes britanniques, plus de trois par semaine.
Le constat est signé Mia Cobb, de l’Animal Welfare Science Centre de l’université de Melbourne, et Donald Broom, professeur émérite de bien-être animal à l’université de Cambridge. Leur analyse du centenaire, publiée le 15 septembre, repose sur 31 028 chiens et 1,27 million de courses disputées entre le 1er janvier 2022 et le 31 mars 2026. D’après les propres chiffres de la fédération, un lévrier avait en 2025 77 % de risques en plus qu’en 2022 de mourir sur la piste. Ce risque couvre la blessure mortelle comme l’euthanasie après blessure.
Le fait
Piste ovale, leurre mécanique, chiens muselés : la formule s’est courue pour la première fois en Grande-Bretagne le 24 juillet 1926 à Manchester. Elle n’a guère bougé depuis. Un siècle plus tard, la filière se juge en bonne santé. Le 18 juin 2026, la fédération britannique des courses de lévriers (GBGB) a publié son bilan 2025 sous un titre qui annonce la couleur. Selon lui, les courses sous licence maintiennent un haut niveau de bien-être. De fait, 98,9 % des départs se sont déroulés sans incident. Sur 5 186 chiens retirés de la compétition, 3 532 sont partis directement en centre de replacement.
Le même jeu de données, pris par l’autre bout, raconte autre chose. En 2025, les 330 836 départs disputés sur les pistes britanniques ont donné 1,1 % de blessures, soit environ 3 640 blessures dans l’année, une dizaine par jour, et 161 chiens morts sur la piste. Le taux d’euthanasie au bord de la piste, lui, est passé de 0,03 % à 0,05 % en douze mois.
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Notre regard
98,9 % de courses sans incident et une dizaine de blessures par jour décrivent exactement la même année. Le pourcentage rapporte les accidents aux départs, ce qui rassure ; le nombre absolu les rapporte aux chiens, ce qui change la conversation. Appliqué aux 330 836 départs de l’année, le taux de 1,1 % revendiqué par la fédération donne 3 639 blessures, soit dix par jour, week-ends et 25 décembre compris.
Il y a plus gênant que le chiffre : le silence qui suit. Les deux chercheurs rappellent que 85 % des lévriers de course britanniques naissent et grandissent en République d’Irlande. La carrière dure le plus souvent à peu près un an. Et plus de 95 % des chiens sortis de la compétition ne sont plus soumis à aucune obligation de déclaration publique. Une filière qui compte ses départs à l’unité près perd la trace de ses retraités.
La nuance
La fédération n’invente pas ses progrès. Elle publie chaque année depuis 2018 ses données de blessures et de retraites. Très peu de disciplines impliquant des animaux acceptent de le faire. Elle revendique 99 % de baisse des euthanasies pour motif économique sur la période. Elle revendique aussi plus de 7 millions de livres versées à plus de 100 centres de replacement depuis 2020. La filière de sortie s’est professionnalisée, et les bénévoles qui la tiennent ne sont pour rien dans le reste.
Reste que la transparence s’arrête au portail du chenil. Tant qu’un chien court, il est pesé, chronométré, déclaré. Le lendemain de sa dernière course, il sort des registres. C’est cet angle mort que Mia Cobb et Donald Broom ont voulu combler en agrégeant cinq sites publics en une seule base. La démarche suit la logique de ces colliers GPS qui ont renversé ce qu’on croyait savoir des hyènes.
À surveiller
Le centenaire tombe l’année des fermetures, notent les deux chercheurs. « La Nouvelle-Zélande, le pays de Galles, l’Écosse et un deuxième État australien ont tous décidé de mettre fin aux courses de lévriers pour des motifs de bien-être animal ». À Wellington, le ministre des Courses Winston Peters avait annoncé l’extinction le 10 décembre 2024. Au programme : vingt mois de transition, et environ 2 900 lévriers à replacer.
En Europe continentale, le lévrier court surtout pour des titres. La commission lévriers de la Fédération cynologique internationale organise depuis 2022 des championnats du monde de course sur piste et de poursuite à vue sur leurre. Ils se courent à Gelsenkirchen, Odry, Kristianstad ou Kalajoki, encadrés par les clubs canins et leurs juges.
Et il arrive qu’un chien de piste finisse dans un salon français. Lévriers en Détresse, association de protection animale basée à La Charité-sur-Loire, place des greyhounds de cynodromes, à côté des galgos de chasse espagnols. Ses chiens arrivent d’Irlande et d’Angleterre. Elle prévient les candidats à l’adoption : le greyhound de course est un chien calme, casanier, qui préfère le confort d’un panier moelleux aux grandes sorties.
Prochain repère daté : le bilan 2026 de la fédération britannique, attendu vers juin 2027, comme chaque année depuis 2018.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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