Champ de nodules polymétalliques sombres posés sur un sédiment gris clair, éclairé par le faisceau froid d’un engin sous-marin.

11 742 virus recensés sous la zone minière convoitée du Pacifique, 99 % inconnus de la science

Trois chercheurs chinois ont catalogué 11 742 virus dans les sédiments de la zone Clarion-Clipperton, où dix-sept contrats d’exploration de nodules sont déjà signés. Plus de 99 % de ces virus n’existent dans aucune base de référence.

Le chiffre

Vous ignorez 99 % des virus qui peuplent le plancher du Pacifique central. Trois chercheurs chinois ont publié le 29 septembre 2026, dans Nature Communications, un catalogue des génomes viraux de la zone Clarion-Clipperton, cœur des projets miniers de nodules polymétalliques. Ils y ont trouvé 11 742 virus distincts.

11 742virus distincts recensés dans les sédiments de la zone Clarion-Clipperton

Unité : virus distincts identifiés par métagénomique dans des carottes de sédiment. Source : Nature Communications, 29 septembre 2026. Limite : la part de nouveauté porte sur les regroupements de virus comparés aux bases publiques, pas sur des espèces formellement décrites.

Bowen Hou, Lilan Zhang et Dong Sun signent l’étude, à l’université de Chongqing et au Second Institute of Oceanography de Hangzhou. Les carottes de sédiment ont été remontées en 2023 et 2024 (le compte rendu de ScienceAlert), depuis le navire Dayang Yihao. 11 742 virus ont été recensés dans la zone Clarion-Clipperton, où la France détient 1 des 17 contrats d’exploration de nodules : plus de 99 % étaient inconnus des bases de référence (Nature Communications, 29 septembre 2026). Le constat vaut aussi pour la faune visible : une campagne de l’Atlantique sud avait rapporté 31 espèces inconnues en deux semaines.

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Ces virus infectent des bactéries et des archées engagées dans les cycles du carbone, de l’azote, du phosphore, du soufre et des métaux. Ils transportent des gènes métaboliques auxiliaires capables de modifier le métabolisme de leurs hôtes pendant l’infection. Les analyses d’échange de gènes indiquent qu’ils peuvent aider ces hôtes à s’adapter au stress métallique.

Dix-sept contrats sur le même plancher

Le registre de l’AIFM compte dix-sept contrats d’exploration de nodules dans la zone Clarion-Clipperton, sur dix-neuf contrats de nodules au total (registre des contrats). La Chine en détient deux, le Royaume-Uni deux. Un troisième contrat chinois porte sur le Pacifique occidental, hors de la zone. Le plus ancien contrat de la zone a été signé le 29 mars 2001 : l’inventaire du vivant arrive vingt-cinq ans après les permis de regarder. Regroupés par État parrain, ils dessinent la file d’attente au-dessus du gisement.

Les dix-sept contrats d’exploration de nodules de la zone Clarion-Clipperton, par État ou organisation parrain (registre de l’AIFM)
État ou organisation parrainContrats dans la zonePremier contrat signé
Chine222 mai 2001
Royaume-Uni28 février 2013
Interoceanmetal (Bulgarie, Cuba, Tchéquie, Pologne, Russie, Slovaquie)129 mars 2001
Russie129 mars 2001
Corée du Sud127 avril 2001
France (Ifremer)120 juin 2001
Japon120 juin 2001
Allemagne119 juillet 2006
Nauru122 juillet 2011
Tonga111 janvier 2012
Belgique114 janvier 2013
Kiribati119 janvier 2015
Singapour122 janvier 2015
Îles Cook115 juillet 2016
Jamaïque14 avril 2021

Les auteurs présentent ce catalogue comme une ligne de base établie avant toute exploitation, pour les futures études d’impact. L’étude est explicite sur ce qui attend ces sédiments. L’extraction provoquera une perturbation physique du plancher, une remise en suspension et un redépôt des sédiments de surface. Les essais de perturbation de longue durée montrent que ces effets peuvent persister pendant des décennies.

Et chez nous ?

La France explore et demande une pause

L’Ifremer détient l’un des dix-sept contrats de la zone depuis le 20 juin 2001. Le même institut a annoncé en juin 2026 avoir cartographié un édifice de sulfures de 100 mètres de haut, à 2 300 mètres de fond dans l’Atlantique. Paris défend par ailleurs une pause de précaution avant toute exploitation des ressources minières des fonds marins. La coalition qui la demande est « désormais forte de 46 États » (ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, 1er août 2026). Un contrat d’exploration ne donne pas le droit d’extraire.

La 31e session de l’AIFM s’est achevée le 31 juillet 2026 à Kingston, sans code minier. Le catalogue viral est paru deux mois plus tard.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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Élise

« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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