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Décryptage
Vous avez une assurance-vie et un enfant à qui la transmettre ? La Cour des comptes propose de resserrer trois avantages fiscaux de la transmission, dans une note du 21 septembre 2026. Sont visés le pacte Dutreil, les donations en nue-propriété et les capitaux d’assurance-vie versés au décès.
Une note de la Cour des comptes recommande, elle ne crée aucun impôt. Le barème des droits de succession ne bouge que par un article de loi de finances. La question utile est donc ailleurs : à partir de quel montant, et pour quel profil de famille, l’une de ces pistes changerait la facture ?
Piste par piste, voici la règle en vigueur aujourd’hui, le profil que la recommandation atteindrait, et le niveau à partir duquel elle se ferait sentir.
| Piste de la note | La règle aujourd’hui | Qui serait concerné | À partir de combien |
|---|---|---|---|
| Assurance-vie, primes versées avant les 70 ans de l’assuré | Abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu’à 700 000 €, 31,25 % au-delà | Bénéficiaire en ligne directe d’un capital élevé | Au-delà de 704 824 € reçus par bénéficiaire |
| Assurance-vie, primes versées après 70 ans | Abattement global de 30 500 €, puis droits de succession | Non visé par la note | Inchangé |
| Pacte Dutreil | Exonération de 75 % de la valeur des titres transmis | Héritier ou donataire d’une entreprise familiale | Toute transmission placée sous pacte |
| Donation en nue-propriété | Abattement de 100 000 € par parent et par enfant, tous les 15 ans | Parent qui donne la nue-propriété d’un logement ou de titres | Toute donation démembrée |
| Donation en pleine propriété | Abattement de 100 000 €, tous les 15 ans | Non visé par la note | Inchangé |
| Abattement en succession, ligne directe | 100 000 € par parent et par enfant | Non visé par la note | Inchangé |
| Barème des successions et donations en ligne directe | Sept tranches, de 5 % à 45 % | Héritiers déjà imposés | Baisse de 5 points sur chaque tranche |
| Droits payés à l’achat d’un logement | Droits de mutation à titre onéreux | Acheteurs immobiliers | Allègement de 1,1 Md€ au total |
| Taxe foncière | Assise sur des valeurs locatives cadastrales | Propriétaires | Révision de l’assiette, non chiffrée |
| Fortune personnelle hors biens professionnels | Imposition annuelle limitée à l’immobilier (IFI) | Détenteurs des gros patrimoines | Contribution à 0,5 %, 1,4 Md€ |
| Holdings patrimoniales | Taxe de 2025, amendée au Parlement | Détenteurs de holdings | Retour à la version initiale, 1 Md€ |
| Livret A et épargne réglementée | Intérêts exonérés | Détenteurs au plafond de 22 950 € | Environ 80 M€ par an |
Les pistes viennent de la note de la Cour des comptes ; les règles en vigueur, des fiches fiscales officielles citées plus loin.
Le fait
Les seize recommandations de la Cour des comptes alourdiraient la fiscalité du patrimoine des ménages de 1,83 milliard d’euros, selon sa note du 21 septembre 2026.
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Cinq mesures rapportent 5,03 milliards d’euros au total : contribution sur la fortune personnelle (1,4 milliard), extension de la taxe sur les holdings patrimoniales (1 milliard), resserrement du pacte Dutreil (1,3 milliard), réduction de l’avantage successoral de l’assurance-vie (1,25 milliard), taxation des intérêts d’épargne réglementée au-delà du plafond (80 millions). Deux mesures allègent, pour 3,2 milliards.
Le patrimoine des ménages français atteint environ 17 000 milliards d’euros, et 10 % d’entre eux en détiennent la moitié. « Aujourd’hui, 50 % du patrimoine appartient à 10 % des ménages », a résumé Carine Camby, présidente de la première chambre de la Cour, lors de la présentation de la note. Le patrimoine médian s’établit à 250 000 euros.
La même note vise aussi les intérêts des livrets réglementés au-delà de leur plafond : la piste Livret A ne porte pas sur la transmission et sort du cadre de cet article.
Notre regard
L’abattement de 152 500 euros par bénéficiaire ne bouge pas dans la note. C’est le tarif au-delà qui changerait. La part taxable de chaque bénéficiaire subit aujourd’hui 20 % jusqu’à 700 000 euros, puis 31,25 % selon les règles au décès.
La Cour propose d’appliquer à ces capitaux le barème en ligne directe, à partir de sa tranche marginale de 20 %. Or cette tranche court jusqu’à 552 324 euros de part taxable (service-public.gouv.fr, 9 février 2026). Un enfant bénéficiaire paierait donc exactement la même chose qu’aujourd’hui jusqu’à 704 824 euros reçus : l’abattement, puis la totalité de cette tranche taxée à 20 %.
704 824 euros, c’est presque trois patrimoines médians français. Au-dessus, la facture grimpe. Sur un capital d’un million d’euros versé à un enfant, elle passerait d’environ 186 100 à environ 199 000 euros. Sur deux millions, l’écart approche 97 000 euros, parce que le barème successoral monte à 40 puis 45 % là où l’assurance-vie plafonne à 31,25 %.
Le pacte Dutreil ne connaît pas de seuil de ce genre. L’exonération de 75 % s’applique dès qu’une transmission de titres est placée sous pacte, et la ramener à 50 % renchérit toutes celles qui en bénéficient. Même logique pour la nue-propriété : la Cour veut réserver l’abattement de 100 000 euros aux seules donations en pleine propriété, selon l’analyse du cabinet Kohen Avocats. La donation démembrée d’un logement serait alors taxée dès le premier euro.
La nuance
Trois abattements échappent à la note. Les 100 000 euros par parent et par enfant en succession restent intacts. Les donations en pleine propriété gardent le même abattement. Et les primes versées après les 70 ans de l’assuré continuent de relever de l’abattement global de 30 500 euros, puis des droits de succession.
Le diagnostic date de décembre 2025. Le Conseil des prélèvements obligatoires proposait déjà de corriger ces distorsions. Le calcul du seuil suppose aussi que la recommandation soit reprise telle quelle : une loi de finances peut déplacer le point de départ de la tranche.
Au Sénat, la majorité de droite s’y est opposée. Le vice-président de la commission des finances y a vu « la taxe Zucman qui revient par la fenêtre », quand le président du groupe socialiste réclame un « rééquilibrage plus substantiel » : voir les réactions au Sénat.
À surveiller
La Cour demande d’évaluer avant de trancher. Elle réclame une mesure des effets des dérogations au prélèvement forfaitaire unique, en particulier pour l’assurance-vie et le plan d’épargne en actions, et défend par ailleurs la stabilité de ce prélèvement, selon le détail des pistes publié par Boursorama.
Cinq points de barème en moins coûteraient 2,1 milliards d’euros au budget, davantage que chacune des hausses prise séparément. Autrement dit, la mesure la plus visible du paquet va dans le sens des héritiers déjà imposés, et les allègements immobiliers s’adressent aux acheteurs, pas aux détenteurs.
En attendant un article de loi de finances, la donnée qui décide du régime de votre assurance-vie tient en une ligne de votre relevé annuel : la date de chaque prime, avant ou après les 70 ans de l’assuré.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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