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Sommaire
Récit
Dans le Hill District de Pittsburgh, la police servait d’ambulance et les transferts de routine partaient en fourgon de pompes funèbres. En avril 1967, une réunion lance dans ce quartier noir le Freedom House Ambulance Service. Vingt habitants recrutés sans emploi y suivent une formation médicale que personne n’avait encore donnée à des secouristes américains. Ils deviendront les premiers paramedics des États-Unis.
En bref
- Freedom House Ambulance Service a roulé à Pittsburgh de 1967 à 1975.
- Vingt hommes noirs du Hill District, recrutés sans emploi, y ont suivi neuf mois de formation médicale avancée.
- Plus de 45 000 appels d’urgence en huit ans, dont 5 868 courses la première année.
- La ville de Pittsburgh a ouvert son propre service en 1975 et n’a pas renouvelé le contrat.
Deux ambulances de police d’occasion pour commencer
La réunion inaugurale se tient en avril 1967. Autour de la table : Phil Hallen, du Maurice Falk Medical Fund, le docteur Peter Safar, James McCoy Jr et Morton Coleman, conseiller du maire (université de Pittsburgh). La maison mère, Freedom House Enterprises, existait depuis 1966, financée par l’État fédéral pour attaquer le chômage du quartier (National EMS Museum).
Safar avait assemblé à la fin des années 1950 les gestes A-B-C de la réanimation : voies aériennes, ventilation, circulation (Safar Center). Il cherchait des équipages capables de les appliquer avant l’hôpital. La première promotion compte vingt hommes noirs, sans diplôme et sans emploi. La formation dure neuf mois, sur le terrain. La ville prête deux ambulances de police d’occasion.
La première année donne 5 868 courses et 4 627 patients transportés. Quinze appels par jour, sept jours sur sept. Le service finira par aligner cinq unités mobiles de soins intensifs et couvrir toute la ville.
La France faisait rouler ses premières équipes mobiles de réanimation dès 1955, douze ans avant la réunion d’avril 1967 qui a fondé Freedom House à Pittsburgh. Les deux pays cherchaient la même chose : des soins avant l’arrivée à l’hôpital.
| Année | France | États-Unis (Pittsburgh) |
|---|---|---|
| 1955 | Premières équipes mobiles de réanimation | |
| 1965 | Décret interministériel créant les SMUR | |
| Avril 1967 | Réunion inaugurale de Freedom House, vingt habitants recrutés sans emploi | |
| 1968 | Création des SAMU et de la régulation médicale | Le service roule avec deux ambulances de police d’occasion |
| 1975 | La ville ouvre son propre service, le contrat n’est pas renouvelé | |
| 1978 | Le 15 devient le numéro national des urgences médicales |
Quarante-cinq mille appels, puis la fin du contrat
En huit ans, Freedom House a traité plus de 45 000 appels d’urgence et employé plus de cinquante paramedics et régulateurs. Nancy Caroline en était la directrice médicale. Le quartier a suivi ; le reste de la ville, moins. Des patients blancs refusaient d’être soignés par des secouristes noirs (National EMS Museum).

En 1975, la ville de Pittsburgh ouvre son propre service d’ambulances. Le contrat de Freedom House n’est pas renouvelé et ses moyens sont absorbés. Le service municipal qui prend la suite est en majorité blanc. Malgré les démarches de Nancy Caroline pour faire embaucher ses équipages, plusieurs se retrouvent affectés à des tâches non médicales, d’autres quittent l’urgence.
Et chez nous ?
La France avait choisi d’envoyer le médecin
Un décret interministériel de 1965 crée les SMUR, les services mobiles d’urgence et de réanimation rattachés aux hôpitaux. Les SAMU naissent en 1968 pour coordonner ces équipes et tenir la régulation médicale (Samu-Urgences de France). Le pays compte aujourd’hui une centaine de SAMU, soit un par département : environ 500 000 habitants chacun, et près de 350 SMUR sur le territoire.
La différence tient à la place du médecin. Le modèle américain confie les gestes avancés à un secouriste non médecin. Le modèle français fait sortir l’hôpital de ses murs et garde un médecin dans la boucle. AAP relevait 12 873 dollars pour dix kilomètres en ambulance aux États-Unis. Dans le Kentucky, 46 000 lettres d’effacement de dette médicale sont parties.
Le film qui a sorti Freedom House de l’oubli
La reconnaissance de Freedom House comme pionnier des soins d’urgence reste rare, écrit l’université de Pittsburgh. Le savoir du service s’est transmis d’homme à homme, et plusieurs de ses membres fondateurs sont morts avant d’être cités. Le réalisateur Gene Starzenski a tourné « Freedom House: Street Saviors », finaliste du HBO Martha’s Vineyard African American Film Festival, sorti en 2009.
La télévision publique de Pittsburgh a repris l’histoire en images, équipages compris.
Le documentaire est sorti trente-quatre ans après la dernière course de Freedom House.
Questions courantes
Quelle est la différence entre un paramedic et un ambulancier français ?
Le paramedic américain pose des gestes de réanimation avancés sans médecin à bord. En France, la décision revient à un médecin régulateur joint par téléphone, et des médecins généralistes participent à cette régulation depuis 1974.
Depuis quand le 15 existe-t-il ?
Depuis 1978, à la suite d’une décision interministérielle qui en a fait le numéro d’appel gratuit national des urgences médicales. Le cadre légal des SAMU est venu ensuite, avec la loi du 6 janvier 1986 et ses décrets d’application de décembre 1987.
Qui a codifié la réanimation cardio-pulmonaire ?
Peter Safar, anesthésiste à l’université de Pittsburgh. Il a fondé en 1979 un centre de recherche sur la réanimation, l’International Resuscitation Research Center, rebaptisé Safar Center for Resuscitation Research en 1994.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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