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Flash
174 carcasses suivies quinze mois au parc naturel espagnol d’El Hondo : aucun charognard n’y a mangé un animal de sa propre espèce (Ecology Letters, 20 septembre 2026). Les 24 espèces de charognards filmées sur place ont mangé des cadavres plus éloignés d’elles dans l’arbre du vivant que ne le voudrait le hasard.
L’équipe de Tatiana Pessano-Serrat (université Miguel Hernández, à Orihuela) a déposé 185 cadavres entre février 2020 et mai 2021, dont 174 exploitables après des pannes d’appareil. Au menu : 84 carpes communes de 648 grammes en moyenne, le poids d’un gros pain de campagne, puis 60 oiseaux de 29 espèces et 30 mammifères de 5 espèces. Deux pièges photo veillaient sur chaque appât à un mètre cinquante, l’un en photos, l’autre en vidéos. Plus la distance évolutive entre le mangeur et le mangé grandit, plus la carcasse finit consommée.
El Hondo étale 2 387 hectares de roselières et de salines, sans grand prédateur ni vautour. Tous ses charognards sont donc des opportunistes, là où les vautours revenus en France vivent du cadavre à plein temps. La carpe commune y pullule et fournit le gros du buffet. Les charognards terrestres avaient déjà retiré 73 % de la biomasse de 80 carpes mortes suivies au même endroit (Ecology and Evolution, 2022).
À retenir
- Le rat brun arrive en tête avec 38 carcasses consommées, surtout des carpes.
- Douze espèces sur vingt-quatre mangent plus éloigné qu’attendu ; sept font l’inverse et cinq n’affichent aucune préférence.
- La pie-grièche méridionale a visé ses proches parents : six carcasses, toutes des oiseaux.
- Le renard roux (30 carcasses) et la pie bavarde (27) mangent sans regarder la parenté.
Pourquoi ça compte
Manger un proche parent expose à ses parasites : plus deux espèces sont voisines, plus la compatibilité hôte-parasite joue, rappellent les auteurs. Ils parlent de « paysage du dégoût », une carte du risque infectieux où le cadavre d’un cousin forme un sommet. Une carcasse abrite plusieurs jours la gale sarcoptique, la bactérie du charbon, le virus de la rage ou des trichines.
Le même calcul a mis des siècles à s’écrire chez l’humain. Le kuru, décrit dans les années 1950 par Carleton Gajdusek chez une tribu de Papouasie-Nouvelle-Guinée, se transmettait par des rites funéraires anthropophages. L’épidémie de vache folle est partie de farines animales produites à partir de carcasses et mal décontaminées. Environ 230 personnes ont ensuite développé une maladie de Creutzfeldt-Jakob dans le monde, dont 27 en France (dossier de l’Inserm).
| Ce qui est mesuré | Résultat | Source |
|---|---|---|
| Carcasses suivies par pièges photo à El Hondo (février 2020-mai 2021) | 174 exploitables sur 185 déposées | Ecology Letters, 20 septembre 2026 |
| Charognage entre animaux d’une même espèce | aucun cas | Ecology Letters |
| Espèces mangeant plus loin d’elles dans l’arbre du vivant qu’attendu | 12 sur 24 (7 l’inverse, 5 sans préférence) | Ecology Letters |
| Maladies de Creutzfeldt-Jakob après les farines animales | environ 230 dans le monde, dont 27 en France | Dossier de l’Inserm |
Des rats et des pies figuraient parmi les cadavres déposés. Aucun n’a fini dans un estomac de rat.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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