![]()
Sommaire
Décryptage
On croyait la spirale des embryons de serpents écrite dans un gène de latéralité, sauf qu’elle tient à un intestin qui grandit trop lentement. Une équipe menée par le Musée canadien de la nature a rassemblé 913 embryons de 39 espèces de serpents et de lézards sans pattes, puis publié dans Current Biology l’explication mécanique de leur enroulement droitier des premières semaines. Le communiqué du musée est daté du 31 août 2026, sa reprise par ScienceDaily du 1er septembre.
Le moteur tient en un décalage de croissance. Le corps s’allonge vite, l’intestin suit lentement, et le second retient le premier jusqu’à ce qu’il flambe et se torde. Reste à savoir ce que ce « toujours » recouvre.
En bref
- Chez le serpent des maisons africain, 146 embryons précoces sur 146 s’enroulent dans le sens horaire, aucun dans l’autre sens.
- Près de l’éclosion, le partage redevient presque équilibré : 200 embryons à droite contre 160 à gauche.
- 23 des 33 familles de serpents ne figurent pas dans l’échantillon.
- Le travail est observationnel : le flambage lui-même n’a pas été testé expérimentalement.
Une spirale qui se forme avant le premier muscle
Les embryons s’enroulent avant d’avoir de quoi bouger. Les stades concernés couvrent en gros les deux premières semaines après la ponte, quand les muscles du tronc ne sont pas encore assez développés pour produire un mouvement. Aucune ponte nouvelle n’a été nécessaire : les images viennent de bases de données de musées et de travaux déjà publiés.
« À ces stades, les embryons n’ont pas de muscles pour bouger, donc ce sont d’autres forces qui les font s’enrouler vers la droite », résume Alexandra Weber, première autrice de l’étude. Le décompte le plus net vient du serpent des maisons africain : 146 embryons précoces enroulés dans le sens horaire, aucun dans l’autre sens, selon le compte rendu détaillé des données. Chez le serpent des blés, neuf embryons précoces sur plus de deux cents partent malgré tout à gauche, soit 4,6 % du lot.
Ces exceptions ont une explication tenue pour simple par les auteurs : les embryons concernés n’étaient pas orientés de la même façon par rapport au vitellus. Un embryon de python royal a ainsi été retrouvé couché dans un creux, la queue enroulée dans le sens inverse du reste du corps.
L’intestin sert de longe
Le mécanisme tient dans une image de sangle. « C’est comme lorsque l’on ajuste la longueur d’une sangle : le côté le plus long de la boucle flambe et se tord », explique Tetsuto Miyashita, auteur principal et paléontologue au Musée canadien de la nature.
La pièce manquante est venue d’un scanner tomodensitométrique réalisé par Raul Diaz, à la California State University Los Angeles. « Le scanner de Raul a révélé une structure que nous n’avions jamais vue : un pilier d’intestin traversant la spirale », rapporte Tetsuto Miyashita. Ce pilier est détaché du reste du corps et entouré de vaisseaux issus du vitellus. Le tube digestif est en retard permanent : six à sept jours après la ponte, il ne représente pas 20 % de la longueur du corps sur l’un des embryons scannés. Comme le vitellus se tient toujours du côté gauche de l’embryon, la torsion démarre du côté droit.

Près de l’éclosion, la droite n’est plus obligatoire
La contrainte se relâche quand les muscles fonctionnent et que le vitellus a fondu. Sur les embryons tardifs, 200 sont enroulés à droite et 160 à gauche, un partage assez équilibré pour que les auteurs traitent la direction tardive comme aléatoire.

Reprendre ce graphique ou citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Ou réutilisez ce graphique librement sur votre site, attribution incluse :
Le graphique met face à face deux moments du développement, et non deux espèces comparables : la première barre porte sur le serpent des blés, la seconde sur l’ensemble des embryons tardifs de l’échantillon. Le détail des effectifs, lui, se lit mieux en colonnes.
| Ce qui est compté | Valeur |
|---|---|
| Embryons photographiés ou scannés | 913 |
| Dont lézards sans pattes (5 espèces) | 48 |
| Espèces de serpents couvertes | 34 |
| Familles de serpents absentes de l’échantillon | 23 sur 33 |
| Serpent des maisons africain, stades précoces | 146 à droite, 0 à gauche |
| Serpent des blés, stades précoces | 4,6 % à gauche |
| Toutes espèces, stades tardifs | 200 à droite, 160 à gauche |
| Embryons tardifs reclassés autrement un an après | 12,8 % |
Ces effectifs disent aussi ce que l’étude ne dit pas : la régularité vaut pour les stades sans muscles, pas pour l’œuf entier.
Ce que l’échantillon couvre vraiment
Le mot « tous » mérite un dénominateur. Sur les 4 249 espèces de serpents recensées par la Reptile Database au 16 juin 2026, l’étude annoncée le 31 août 2026 dans Current Biology en observe 34, soit une espèce sur 125. Selon nos calculs, le mécanisme est donc décrit sur 0,80 % des espèces de serpents connues. Le total de référence est celui de la table Species Numbers de la Reptile Database, à jour du 16 juin 2026.
Le trou dans l’échantillon n’est pas seulement statistique. 23 des 33 familles de serpents en sont absentes, et beaucoup d’espèces présentes n’y sont représentées que par moins de dix embryons. Autrement dit, la régularité observée est solide là où les effectifs sont nourris, et invérifiable ailleurs.
La lecture des images a elle aussi ses marges. Re-notés un an plus tard, 12,8 % des embryons tardifs ont été classés autrement, sans biais dans un sens ou dans l’autre. Le travail reste observationnel, fondé sur des photographies et des scanners : les auteurs n’ont pas testé le flambage lui-même.
Série AAP : AAP mesurait le 25 août 2026 une espèce évaluée sur six classée menacée en France, en détaillant le dénominateur de la liste rouge. Même réflexe ici : un compte d’espèces ne vaut que rapporté au total recensé.
Née d’un confinement, une méthode sans laboratoire
Le projet a démarré pendant le confinement de 2020. Privé de terrain et de paillasse, Tetsuto Miyashita a demandé à des étudiants de cataloguer des images d’embryons déjà publiées dans la littérature et conservées dans les collections de musées. Six établissements signent l’article, du Musée canadien de la nature à l’université d’Helsinki, en passant par l’université de la Colombie-Britannique, l’université Carleton, l’université d’Ottawa et la California State University Los Angeles.
La démonstration ne mobilise aucune analyse génétique. Elle repose sur de l’observation directe, comme le relève Popular Science, là où la latéralité du vivant est le plus souvent abordée comme un problème de programme plutôt que d’encombrement.
L’enjeu de ce mécanisme dépasse largement la curiosité de forme. Selon le communiqué du musée, c’est cette capacité à s’enrouler qui permet aux serpents d’éclore avec le plus long corps de tous les vertébrés.

En France, le serpent se rencontre à l’âge adulte bien plus qu’à l’état d’œuf, et l’imaginaire suit : AAP avait déjà démonté la légende des bébés serpents prétendument plus dangereux que les adultes. L’étude canadienne prend le sujet par l’autre bout, celui de la coquille.
« Il y a une part de mystère dans les spirales », dit Alexandra Weber, qui ajoute que l’on commence seulement à comprendre comment ces formes sont produites.
Questions courantes
Combien de vertèbres un embryon de serpent met-il en place ?
Plus de 300, soit environ cinq fois plus qu’un animal au plan corporel plus conventionnel, selon le compte rendu des données de l’étude.
À partir de quand un embryon de serpent peut-il bouger dans l’œuf ?
Vers 11 à 12 jours après la ponte : c’est le moment où des fibres musculaires apparaissent le long du tronc et où la colonne vertébrale se met en place.
Combien de temps l’intestin met-il à rattraper le corps ?
Il triple de longueur entre six et douze jours environ après la ponte, puis rejoint la taille du corps vers 18 ou 19 jours, quand l’embryon mesure un peu moins de 90 millimètres.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Taratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusion - 2
Mondiaux de cyclisme : le maillot arc-en-ciel rapporte 8 000 euros, moins qu’une étape du Tour - 3
Prix du roman Fnac 2026 : « C’était ça ou mourir » lauréat - 4
Résultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembre - 5
Résultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnés
Nos dossiers
- France395
- Science273
- Culture194
- Consommation173
- Patrimoine165
- Santé publique164
- IA162
- Sport159
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

