Rue résidentielle américaine à la tombée du jour, un poteau électrique brisé penché au-dessus de la chaussée, lignes pendantes et branches à terre, maisons sans aucune fenêtre éclairée.

Neuf jours sans courant à Gary valent 209 ans de coupures françaises

Depuis la tempête du 11 août 2026, une partie de Gary attend toujours l’électricité. Nous avons converti cette panne en années de coupure française : 216 heures pèsent 209 fois la moyenne annuelle d’un client d’Enedis.

Gary, Indiana, mardi 11 août 2026 : des vents à 99 mph (159 km/h) couchent les arbres, les poteaux et les feux tricolores de la rive sud du lac Michigan. Neuf jours plus tard, environ 22 000 clients de cette ville de 67 289 habitants attendent encore le retour du courant, et l’électricien NIPSCO n’annonce un rétablissement complet à Gary que pour le 25 août.

La tempête a coupé l’électricité à 370 000 foyers et entreprises du nord-ouest de l’État, soit plus de 60 % des clients de l’opérateur, rapporte la dépêche de l’AP. Sept personnes sont mortes depuis le début des orages, dont un garçon de 4 ans. Au 19 août, le suivi de NIPSCO affichait 297 500 clients rétablis et 72 500 encore coupés.

216 heures, ou 209 années de coupure française

Aucune source ne dit ce que pèse une panne pareille. Nous l’avons converti. Du 11 au 20 août 2026, un foyer de Gary resté dans le noir cumule neuf jours pleins : 216 heures, soit 12 960 minutes. Rapportées à la durée annuelle moyenne de coupure d’un client français raccordé en basse tension (61,9 minutes en 2025, dont 16,8 minutes planifiées et 45,0 non planifiées, selon l’open data d’Enedis), ces 12 960 minutes valent 209 années de coupures ordinaires. Si le courant revient le 25 août comme promis, le compteur passe à 14 jours, 20 160 minutes, 326 années.

Un foyer de Gary encore coupé le 20 août 2026 avait accumulé 209 fois la coupure annuelle moyenne d’un client français. Limite : le critère B d’Enedis exclut les événements exceptionnels, la comparaison est donc favorable au réseau français.
Un foyer de Gary encore coupé le 20 août 2026 avait accumulé 209 fois la coupure annuelle moyenne d’un client français. Limite : le critère B d’Enedis exclut les événements exceptionnels, la comparaison est donc favorable au réseau français.
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Le graphique tient en deux barres parce que l’écart se lit d’un coup d’œil : ce qu’un abonné français encaisse en une année, un abonné de Gary l’a encaissé avant le petit-déjeuner du deuxième jour.

Durée de coupure comparée, en minutes par foyer
SituationDuréeEn minutes
Client français, moyenne annuelle 2025 (Enedis)1 h 0261,9
Foyer de Gary, du 11 au 20 août 20269 jours12 960
Foyer de Gary, si rétablissement le 25 août14 jours20 160

Deux limites à ce calcul. Le critère B d’Enedis exclut les événements exceptionnels : une tempête française du type Ciarán n’y est pas comptée, la comparaison est donc généreuse avec le réseau français. Et un « client » NIPSCO n’est pas exactement un foyer, le décompte mêlant logements et commerces. Une autre conversion, plus grossière, donne l’ordre de grandeur collectif : en moyennant les 370 000 coupés du 11 août et les 72 500 du 19, on obtient environ 1,77 million de foyer-jours sans électricité en huit jours. Comme la courbe de rétablissement est plus rapide au début qu’à la fin, ce total est un plafond, pas une mesure.

Une ville où quatre adresses sur cinq ont basculé

Gary compte 27 227 ménages selon le Bureau du recensement américain. Les 22 000 clients encore privés de courant le 19 août représentent donc environ 81 % de ce total, même si le chiffre de l’opérateur inclut des commerces. C’est une ville pauvre : 33,1 % de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté fédéral et le revenu médian des ménages y atteint 38 731 dollars. Neuf jours sans réfrigérateur, sans climatisation en plein mois d’août et sans recharge pour un appareil médical n’y coûtent pas la même chose qu’ailleurs.

Cuisine modeste éclairée par la seule lumière du jour, porte de réfrigérateur ouverte sur un intérieur éteint, lanterne à piles posée sur le plan de travail.
Neuf jours sans réfrigérateur ni climatisation pèsent plus lourd dans une ville où 33,1 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Les dégâts expliquent la lenteur sans l’excuser. Le Chicago Sun-Times recense 335 poteaux endommagés et 27 postes de transformation à réparer pour la seule ville, et la présidente des activités réseau de NiSource, Melody Birmingham, décrit des vents « aussi forts que ceux d’un ouragan de catégorie 2 ». Le maire Eddie Melton dit avoir plus de 600 monteurs de ligne au travail. Les pertes s’accumulent en attendant : un gérant de station-service raconte à CBS News Chicago avoir jeté entre 5 000 et 7 000 dollars de produits laitiers.

En France, 61,9 minutes par an

C’est là que l’échelle change. Le réseau qui a lâché en Indiana est un réseau aérien : ce sont des arbres tombés sur des lignes et des centaines de poteaux à replanter qui tiennent une ville entière hors tension. En France, la panne moyenne se compte en minutes sur une année entière, pas en jours. Le chiffre d’Enedis remonte d’ailleurs peu : 61,9 minutes en 2025, contre 71,6 minutes en 2024 et 72,9 en 2023. Cet ordre de grandeur est stable depuis dix ans.

Reste ce que la panne révèle. Gary a perdu ses aciéries, sa population recule encore (moins 2,6 % depuis 2020) et elle figure en fin de liste des rétablissements de son fournisseur, derrière Dyer, Hammond ou Munster. Le courant y reviendra. La question posée par ces 216 heures est de savoir combien de temps un réseau peut vieillir avant que la facture soit payée par les foyers qui ont le moins de marge, ici comme dans l’Amérique des salaires réels ou dans les promesses faites aux villes d’accueil.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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