Un berceau en bois vide dans une chambre calme baignée d'une lumière douce

Un enfant sur 250 meurt avant son premier anniversaire : en Europe, la France est 22e

L'Insee le pose noir sur blanc, et le rang européen qui l'accompagne est bien plus dur à entendre pour un pays qui se pense à la pointe de la médecine.

Le chiffre

Une salle d’attente de maternité, un prénom déjà choisi, une échographie glissée dans le sac. Pour l’immense majorité des familles, l’histoire se termine bien. L’Insee vient pourtant de rappeler un chiffre que l’on préfère ne pas regarder en face : en France, un enfant sur 250 meurt avant son premier anniversaire. Et pour un pays qui se croit à la pointe de la médecine, ce constat en cache un autre, plus dérangeant : le 22e rang européen pour la mortalité infantile.

1 sur 250enfant meurt avant son premier anniversaire, en France (2024)
Taux en 20113,5 ‰
Taux en 20244,1 ‰

Unité : décès d’enfants de moins d’un an pour 1 000 naissances vivantes. Période : 2011-2024, France hors Mayotte. Limite : le chiffre 2024 est provisoire, et les comparaisons européennes dépendent des définitions propres à chaque pays.

Un chiffre officiel, pas une formule choc

Le rapprochement n’a rien d’une accroche : c’est le titre même de la dernière étude de l’Insee, parue en avril 2025. En 2024, 2 700 enfants sont morts avant d’avoir soufflé leur première bougie, soit 4,1 pour 1 000 naissances vivantes. Un quart de ces décès surviennent le jour même de la naissance, la moitié dans les vingt-sept jours qui suivent.

Un couloir de maternité désert et calme, la nuit, portes fermées
Les tout premiers jours de vie concentrent la moitié des décès avant un an.

Ce sont donc les tout premiers jours de vie qui pèsent le plus lourd. La bonne nouvelle, s’il en faut une, tient dans la rareté : 249 bébés sur 250 franchissent ce cap sans encombre. Mais la tendance, elle, ne va pas dans le bon sens.

Une courbe qui remonte depuis 2011

Longtemps, la mortalité infantile française n’a fait que baisser. Puis la pente s’est inversée. Depuis 2011, le taux est reparti à la hausse, de 3,5 à 4,1 pour 1 000, un mouvement porté presque entièrement par la mortalité entre le premier et le vingt-septième jour de vie, passée de 1,5 à 2,0 pour 1 000.

Taux de mortalité infantile en France de 2011 à 2024, en hausse de 3,45 à 4,10 pour mille
Graphique Actu Alt Plus. Source : Insee, Insee Première n°2048, avril 2025.
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Le décrochage se lit aussi à l’échelle du continent. Depuis 2015, la France fait moins bien que la moyenne de l’Union européenne, qui continue, elle, de progresser : 4,0 pour 1 000 en France contre 3,3 en moyenne européenne en 2023. C’est ce retard qu’un rapport sénatorial de 2024 a chiffré, en classant le pays 22e pour la mortalité infantile et 21e pour la mortinatalité.

Le pays qui peine même à se compter

Le plus troublant n’est peut-être pas le rang, mais ce qu’il dit de nos angles morts. Pour le dernier bilan du protocole européen Euro-Peristat, coordonné par l’Inserm, la France a figuré parmi les huit pays sur vingt-huit incapables de fournir leurs données de mortalité néonatale selon la méthode commune. Un comble pour l’un des systèmes de santé les mieux dotés du continent.

Une courbe abstraite qui remonte doucement sur un fond clair et sobre
Depuis 2011, la tendance française repart à la hausse.

Que pèse ce retard, concrètement ? Si la France ramenait son taux à la moyenne européenne, l’écart de 0,7 pour 1 000 représenterait, rapporté aux quelque 660 000 naissances d’une année, de l’ordre de 460 enfants de moins d’un an épargnés chaque année. Un ordre de grandeur, pas une prophétie, mais qui donne une mesure humaine à un simple rang de tableau. Nous détaillions déjà ce que révèlent les alertes venues d’ailleurs, avec le rapport britannique sur la sécurité des naissances.

Reste une certitude, celle-là rassurante : pour l’immense majorité des familles, la première bougie s’allume. Mais un pays qui perd de vue ses nourrissons les plus fragiles, au point de ne plus toujours savoir les compter, se prive des moyens de les protéger. Le premier soin, ici, serait déjà de regarder le chiffre en face.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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