
Le progrès en sciences pour les filles se raconte souvent avec des mots trop propres : sensibilisation, inspiration, modèle. Ce que le Vietnam met sur la table avec la nouvelle phase de We Are ABLE, documentée par l’UNESCO, est plus intéressant que ça. Le sujet n’est pas seulement d’inviter plus de filles dans la pièce. Le sujet est de refaire la pièce pour qu’elles puissent vraiment y prendre place. — à lire aussi : Quand des musées rendent enfin des objets pillés, ce n’est pas du symbole vide :….
Le programme vise notamment des élèves issues de minorités ethniques, avec un travail sur les ateliers, les enseignants, les conseillers et la confiance à construire dans la durée. Vietnam News et Bao Chinh Phu rappellent qu’environ 6 000 élèves, dont 3 000 filles, sont visés dans cette nouvelle phase. Dit comme cela, on pourrait n’y voir qu’un chiffre. En réalité, le vrai déplacement est dans la façon d’apprendre, pas dans l’affiche du lancement.
Là où le programme devient crédible, c’est quand il change la forme des apprentissages
L’autre note de l’UNESCO insiste sur une formule plus intéressante que la communication habituelle : gender-transformative STEAM. Cela veut dire qu’on ne se contente pas d’ajouter des filles à un système inchangé. On travaille sur les biais, les conditions de participation, la sécurité des environnements d’apprentissage et la possibilité, pour des élèves souvent tenues à distance, de prendre enfin la main sur des projets concrets.

Le détail important est là : un atelier de sciences n’est pas inclusif parce qu’il est ouvert en théorie. Il le devient quand le cadre, l’écoute, les référents et les attentes cessent de favoriser toujours les mêmes profils. VietnamPlus souligne aussi le rôle prévu pour les enseignants et conseillers, ce qui évite justement l’illusion du simple événement inspirant qui ne change rien ensuite.
Ce n’est pas un point secondaire. Vietnam Pictorial rappelle que la phase précédente a déjà touché plus de 8 000 élèves et leurs familles, renforcé plus de 650 enseignants et mobilisé 300 jeunes leaders. Le signal utile est donc moins une annonce isolée qu’une tentative de continuité, avec apprentissages déjà testés sur le terrain. — à lire aussi : Quand les mariages d’enfants reculent vraiment, le signe le plus fort n’est pas u….
Pourquoi ce sujet parle bien au-delà du Vietnam
Le sujet s’ouvre vite parce qu’il touche à quelque chose de très familier : beaucoup d’initiatives pour les filles en sciences réussissent la photo de lancement, mais butent ensuite sur le sentiment d’illégitimité, la prise de parole, le manque de soutien ou les codes implicites. Ici, l’intérêt tient au fait que l’on parle enfin de design pédagogique, d’accompagnement et de participation réelle plutôt que de vocation magique.

Cette lecture rejoint d’ailleurs des enjeux plus larges sur les écarts d’apprentissage et l’école inclusive. UNSDG montre que le Vietnam travaille aussi, plus largement, sur les inégalités éducatives qui touchent certains territoires et certaines populations. Dans ce cadre, un atelier STEAM bien pensé peut devenir plus qu’une initiation : un lieu où l’on cesse enfin d’être la personne tolérée au fond de la salle.
Le vrai progrès n’est donc pas qu’une fille entre dans un labo scolaire pour la photo. Le vrai progrès, c’est le moment où l’exercice, le groupe, l’enseignant et l’ambiance cessent de lui rappeler qu’elle n’était pas vraiment prévue dans le plan initial.
Article créé en collaboration avec l’IA.





