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En Suède, les homicides tombent à leur plus bas niveau depuis plus de dix ans : ce n’est pas la fin du problème, mais le signal mérite d’être lu

Après des années de récit noir sur les gangs, le chiffre prend à rebours l'image la plus installée du pays. En 2025, la Suède a compté 84 homicides : une baisse réelle, lourde, qui change la lecture du moment sans autoriser le mot victoire.

En Suède, le chiffre qui coupe cette semaine tient en deux nombres simples : 84 morts en 2025, contre 92 un an plus tôt. Après des mois de récit saturé par les gangs, les fusillades et les explosions, la baisse surprend parce qu’elle oblige enfin à regarder autre chose que le pire. — à lire aussi : Au Kenya, une prévention qui tient six mois change d’abord une logistique de vie,….

Selon Reuters, le pays vient d’enregistrer son niveau d’homicides et d’homicides involontaires le plus bas depuis plus d’une décennie. Le point important n’est pas de repeindre la situation en rose. C’est de reconnaître qu’un recul de cette ampleur existe bel et bien, et qu’il mérite d’être lu pour ce qu’il est.

Le chiffre baisse, mais il ne raconte pas un pays soudain guéri

La première nuance vient de Brå, le Conseil national suédois pour la prévention du crime. Son rappel est utile : la hausse de long terme a surtout été portée par les homicides par arme à feu, et la Suède reste marquée par une violence armée qui l’a distinguée de beaucoup d’autres pays européens.

Autrement dit, 84 morts ne veulent pas dire que le problème a disparu. Dans le même papier de Reuters, on lit aussi que 42 victimes ont été tuées par arme à feu en 2025 et que le total annuel a été fortement influencé par la fusillade d’Örebro, qui n’était pas liée aux gangs. Le signal est donc réel, mais son interprétation demande de la précision.

Un centre de coordination avec équipements radio et cartes floues.
Derrière la baisse, il y a aussi des méthodes, des moyens et des outils plus offensifs.

Ce qui baisse vraiment, ce n’est pas seulement un total annuel

Le changement devient plus solide quand on remonte un peu le film. Fin 2025, Reuters relevait déjà que les fusillades avaient chuté à 147 sur l’année, soit 63 pour cent de moins qu’en 2022 et 49 pour cent de moins qu’en 2024. Ce n’est plus seulement un bon ou un mauvais millésime : c’est une tendance qui commence à peser. — à lire aussi : Fermer les fermes à fourrure : ce que certains pays ont déjà changé, et ce que ce….

Derrière cette inflexion, il y a aussi des outils plus offensifs. Krisinformation détaille par exemple les security zones, qui permettent à la police de fouiller des personnes et des véhicules dans certaines zones à risque, tandis que la stratégie nationale suédoise contre la criminalité organisée assume une ligne de pression plus forte sur les réseaux. Cela ne règle pas tout, et le débat sur ces outils reste vif. Mais cela aide à comprendre pourquoi le chiffre ne tombe pas du ciel.

Une place de quartier en Suède avec des commerces ouverts et des passants en soirée.
Quand la violence recule, le changement reste discret, mais il finit par modifier la perception du quotidien.

Le vrai déplacement tient peut-être à ceci : la baisse dure assez pour compter

Un an plus tôt déjà, Reuters signalait que 2024 avait marqué le plus bas niveau en dix ans. Et Sveriges Radio le disait de façon très simple : la violence létale reculait déjà, avec moins de morts par arme à feu et moins de morts au couteau. Le chiffre de 2025 ne surgit donc pas seul. Il confirme que quelque chose, au moins partiellement, s’est infléchi.

Il reste pourtant beaucoup trop tôt pour vendre une résolution définitive. Les recrutements de mineurs, les bombes artisanales et la peur politique n’ont pas disparu. Mais la lecture du pays change quand un récit uniquement noir commence à être contrarié par une série statistique lourde. Ce qui baisse vraiment ici, ce n’est pas seulement un total : c’est l’idée que la Suède serait condamnée à voir ce compteur monter sans fin.

 

Article créé en collaboration avec l’IA.

Malik Aït-Brahim
Malik Aït-Brahim

Rédacteur international, diplomatie, conflits, transitions géopolitiques.
Je décrypte les rapports de force mondiaux, les crises qui façonnent demain et les dynamiques régionales souvent oubliées.
« Le monde expliqué sans bruit. »

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